Romuald Pagnucco « La mairie veut contraindre les usagers à ne plus utiliser la voiture »

Ce jeune trentenaire est déjà actuellement en campagne. Pas encore dans celle des Municipales… Quoique. Non, celle interne à l’UMP pour désigner les futurs colistiers de Jean-Luc Moudenc (le scrutin aura lieu le 28 septembre prochain, ndlr). Président de l’association d’ « Architecture et d’urbanisme – Projet Toulouse », Romuald Pagnucco, passionné par les dossiers liés à l’urbanisme, pourrait vite s’imposer dans le paysage politique local… Posé et réfléchi, il ne s’en laisse pas compter. Attaquer Pierre Cohen et Christine de Veyrac ? Même pas peur !

 

Quel bilan faites-vous des années Cohen en matière d’urbanisme ?

Il est important de dire avant toute chose que le peu qui a été fait, a été la suite de ce qui avait été lancé sous la mandature Douste-Blazy/Moudenc. Quant aux projets initiés par l’équipe municipale en place, ils n’ont toujours pas vu le jour comme par exemple l’écoquartier de La Cartoucherie. Que de temps perdu !

Le maire a lancé un vrai plan de réhabilitation du centre-ville avec notamment le plan Busquets. Votre avis ?

Il est indéniable que les Toulousains sont d’accord pour préserver le centre-ville, mais ma crainte est que le maire actuel veuille rendre notre hyper-centre trop piéton. Il ne faut pas casser les flux et  ainsi prendre le risque d’éloigner non seulement les habitants, mais aussi les clients des petits commerces et des restaurants. Le plan Busquets est allé trop loin dans ce concept.

Y a-t-il selon vous la volonté de sortir la voiture du centre-ville ?

Pierre Cohen est clairement dans cette première étape. La deuxième étant de sortir la voiture hors de Toulouse.

Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer cela ?

La piétonisation à outrance dans le centre-ville, et cette idéologie qui vise sur les grands axes de la ville à remplacer la voiture par des bus en site propre. Tous les grands axes sont prévus dans l’avenir avec un maillage intensif en matière de transports en commun. C’est une guerre programmée avec les automobilistes. La mairie veut contraindre les usagers à ne plus utiliser la voiture…

Vous êtes donc opposé notamment au projet du Tram Garonne ?

Dans un centre-ville comme celui de Toulouse où les rues ne sont jamais très larges, il ne faut pas à mon sens, remplacer un type de transport comme la voiture par un transport en commun de surface. D’autre part, là où il n’y aura pas d’arrêts de tramway, il n’y aura plus de flux et cela sera pénalisant pour le commerce de proximité. Et je ne parle même pas de la réduction des places de stationnement due à ce tramway… Je sais que c’est une volonté politique mais ce n’est pas ma vision.

Y a-t-il un lien entre l’urbanisme et le social ?

Il est très important, et il existe par l’intermédiaire de la rénovation urbaine et du GPV (grand projet de ville). Construire la ville, c’est aussi penser ce que vont vivre les habitants… L’urbanisme est le résultat de nombreux facteurs, ce n’est pas exclusivement du béton. C’est aussi des Toulousains qui vivent et qui pensent dans les quartiers.

Et concernant la sécurité ?

L’urbanisme est en mesure d’apporter des solutions, notamment celui qui est dit de « rue » : façades vers la rue et jardins à l’arrière. Il permet de générer des flux  et donc réduit automatiquement l’insécurité. Mais notre équipe proposera également un vrai plan sécurité, avec notamment un maillage efficace en termes de vidéosurveillance.

Vous avez décidé de candidater aux élections internes de l’UMP pour pouvoir figurer sur la future liste municipale de Jean-Luc Moudenc. Quelle est votre motivation ?

Le Toulouse de demain m’intéresse. J’ai commencé mon engagement au sein d’une association qui réfléchit au devenir de notre métropole à l’horizon 2050… Une aire urbaine que l’on imagine à deux millions d’habitants. Il y a de vrais enjeux, on ne peut plus faire n’importe quoi et j’ai donc décidé d’agir. Il y a chez moi cette volonté d’influencer l’avenir.

Sur C. de Veyrac : « C’est à elle d’ouvrir les yeux »

Pour quelles raisons les militants de l’UMP devraient-ils vous désigner ?

J’incarne une nouvelle génération certes, mais qui a aussi de l’expérience. Cela fait plusieurs années que je suis impliqué « associativement » puis politiquement… J’ai une expertise sur certains sujets que je souhaite désormais faire partager au plus grand nombre. Je suis créatif et seul demain m’intéresse.

En quoi Jean-Luc Moudenc serait-il un meilleur maire que Pierre Cohen ?

Je pense qu’il maîtrise mieux les dossiers… Il s’intéresse davantage aux Toulousains qu’à des postures politiques.

Croyez-vous en la victoire ?

Si ce n’était pas le cas, je ne souhaiterais pas figurer sur la liste de Jean-Luc Moudenc. Je vais tout faire pour qu’elle soit possible.

Quelle est votre analyse sur les divisions de votre camp avec Christine de Veyrac ?

L’intérêt commun et objectif de la droite et du centre à Toulouse, est qu’il n’y ait qu’une seule liste. Nous devons nous unir pour faire barrage à Pierre Cohen et son équipe. L’intérêt général prévaut… Christine de Veyrac a provoqué le désordre et la dissidence. C’est donc à elle d’ouvrir les yeux.

Propos recueillis par Thomas Simonian



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