Romain Cujives « Cette volonté de construire une grande métropole européenne »

Le benjamin du conseil municipal est arrivé sur la pointe des pieds en 2008… Depuis il s’est fait un nom avec deux délégations médiatisées : la vie étudiante et les relations internationales. Il s’est même imposé aux-côtés de François Briançon comme l’un des porte-flingues les plus efficaces de Pierre Cohen. Rencontre avec un élu qui souhaite également rester militant.

A l’entrée de la campagne municipale, comment vous sentez-vous au sein de la majorité de Pierre Cohen ?

Je ne m’y suis jamais senti aussi bien. Faire confiance à un jeune comme moi est le signe d’un message politique fort envoyé par Pierre Cohen à la jeunesse toulousaine. Le maire m’a donné de vraies responsabilités, et il sait faire confiance. Je ne suis donc pas satisfait à titre personnel, mais plutôt pour le symbole que cela renvoie.

Durant cette mandature, n’avez-vous pas réussi à faire oublier le Romain Cujives affublé de l’étiquette MJS (mouvement des jeunes socialistes) ?

Je ne suis forcément pas le même qu’en 2008. Il y a eu une évolution consécutive au fait que l’on m’ait confié de vraies responsabilités. Néanmoins je reste un militant ! Je le revendique. L’appareil politique reste d’ailleurs quelque chose de noble, c’est là qu’on apprend…

N’est-il pas difficile d’allier Toulouse ville étudiante et festive avec les questions liées à la sécurité ?

Je pense que c’est l’un des points que l’on a le mieux réussi durant cette mandature. Jusqu’à notre élection en 2008, la droite toulousaine avait toujours cherché à diviser les Toulousains, à l’instar de l’UMP sur le plan national. A Toulouse c’était une opposition entre étudiants et séniors … Aujourd’hui avec Pierre Cohen nous avons tenté d’imaginer un nouveau modèle. Il s’agit d’affirmer que Toulouse est dynamique grâce à sa jeunesse, et qu’il n’est plus question d’opposer qui que ce soit dans cette ville. Prévention, répression et affirmation d’une ville qui est fière de sa jeunesse, tel est notre credo.

Comment Toulouse est-elle considérée à l’international ?

Jamais notre ville n’a autant rayonné. Toulouse a d’ailleurs sa place dans tous les classements internationaux. J’entends bien les critiques de l’opposition sur le sujet, mais ne pas voir la place que Toulouse a prise sur la scène internationale, c’est soit faire preuve d’une mauvaise foi coupable, soit d’une méconnaissance absolue des dossiers.

« Jean-Luc Moudenc est devenu un Copéiste convaincu »

Dans le projet municipal de l’UMP, présenté la semaine dernière,  il est question d’«identité toulousaine» …

L’UMP de Jean-Luc Moudenc nous parle d’une identité fantasmée, celle d’une petite bourgade de province. Leur seul objectif avec cette formule est de rappeler celle de « l’identité nationale » chère à Sarkozy. Il s’agit de se marquer encore plus à droite qu’ils ne l’ont fait durant six ans. Pour nous l’« identité toulousaine » ce n’est pas ça ! L’identité de cette ville, c’est sa jeunesse et sa diversité. C’est cette volonté de construire une grande métropole européenne.

Jean-Luc Moudenc a déjà présenté une partie de sa liste. Un avis ?

On voit bien la stratégie. On aura une frange extrême emmenée par Debout la République, le MPF et une partie de l’UMP, que l’on va essayer de compenser par une partie de l’ex-centre-droit et de personnes dites de la société civile, dont on avait d’ailleurs deviné depuis plusieurs mois la proximité avec Jean-Luc Moudenc. Quelle cohérence à ce conglomérat de personnes venues d’horizons divers ? Tout cela pour faire oublier que Jean-Luc Moudenc est devenu un Copéiste convaincu, un membre de cette droite dure qui a défilé dans le cadre de « La Manif’ pour tous »…

En ce début de campagne, n’êtes-vous pas inquiet du contexte national, et de l’impopularité du gouvernement ?

Il est incontestable que je préférerais que François Hollande soit à 60 % de bonnes opinions dans les sondages… Mais notre travail va être de rappeler durant cette campagne tout ce que nous avons entrepris sur le plan local. Les Toulousains ont un choix clair à faire : veulent-ils retourner à la gestion municipale pensée par Jean-Luc Moudenc et son équipe ? Allons-nous revenir en arrière ou allons-nous continuer la grande avancée ? La vision de Toulouse par la droite ne me paraît pas être celle qui permettra à Toulouse de conserver son dynamisme et son envergure.

Et vos militants ? Ne sont-ils pas inquiets ?

Il y a quelque chose d’incontestable aujourd’hui c’est le bilan de Pierre Cohen, et nos militants sont heureux de le défendre sur le terrain. Ils ont sans doute des questionnements sur la politique nationale, mais pas sur celle menée par l’équipe du maire.

Vous voulez donc vous cantonner à une campagne purement municipale ?

Clairement. Je veux que l’on compare notre bilan avec celui de la droite toulousaine. Je veux que l’on compare leurs dix dernières années au Capitole avec les six qui viennent de s’écouler. Je veux que l’on compare nos deux projets pour l’avenir de cette ville. On ne nous amènera pas sur d’autres terrains !

Vous vivez des divisions à gauche, avec les candidatures des écologistes, du Front de Gauche et de Jean-Pierre Plancade…

Je porte un message de responsabilité vis-à-vis de mes amis de gauche. Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que cette élection est gagnée, et tous ceux qui se permettent aujourd’hui le luxe de la division laissent entendre de fait que la gauche aurait déjà remporté l’élection… En 37 ans, nous n’avons remporté qu’une fois l’élection municipale, et ce fut quand la gauche était unie et rassemblée dès le premier tour. Chacun prend donc ses responsabilités, mais l’enjeu est historique : La gauche toulousaine saura-t-elle conserver le Capitole ? C’est une responsabilité que l’on doit aux habitants de cette ville.

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

 



UN COMMENTAIRE SUR Romain Cujives « Cette volonté de construire une grande métropole européenne »

  1. AllisterToulouse dit :

    Ce jeune homme a beaucoup à apprendre. Et à surtout écouter.
    Qu’il se déplace dans le reste de la France et à l’étranger. Il demandera par exemple qui est le Maire actuel et interrogera ceux qui sont passés récemment dans la ville comment ils l’ont trouvé. Les réponses sont connues : on ne connait pas Cohen et son oeuvre ; quant à la saleté et les bouchons, ils deviennent une caractéristique de la ville.
    Sur le point clé que ce jeune homme évoque, à savoir le rôle de métropole européenne, nous en sommes très loin. Notre ultra-dépendance à l’aéronautique (développée par des entreprises à l’époque de maires non socialistes…) devient dangereuse et Pierre Cohen n’attire pas les entreprises. Question de conviction intime, comme de nombreux chefs d’entreprise le savent bien ici à Toulouse.
    Non, M.Cujives, bâtir une grande cité n’est pas qu’un simple rassemblement de la jeunesse et de la diversité, mais avant tout un lieu de vie où cohabitent et se développent entreprises, écoles, administrations, familles..

    Ce que j’admire chez vous et vos collègues de la majorité, c’est qu’il n’y a pas, jamais, de remise en cause de vos actions et de votre bilan. La popularité du Président, les défaites répétées de vos candidats depuis un an ne semblent pas arrêter votre morgue. Vous apprendrez cher Monsieur qu’il y a du bon dans l’humilité.

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