[RENCONTRE] Jennifer Courtois-Périssé « Il y a un désaveu du système politique »

Jennifer Courtois-Périssé

A star is born. Aux dernières municipales, elle a créé la sensation en ravissant à la gauche la mairie de Rieumes. Au Conseil général, elle est depuis des années l’opposante principale au président Izard … Ambitieuse pour sa commune, Jennifer Courtois-Périssé vise toujours plus haut. Certains parlent même d’elle pour prendre le leadership de la droite aux prochaines départementales.

Quel est votre premier bilan en tant que maire de Rieumes ? Vous avez hérité d’une commune dans quel état ?

 

Si la commune de Rieumes pouvait paraître en apparent bon état financier, cela était sans compter sur les nombreuses factures non provisionnées que nous avons trouvées à notre arrivée. Un exemple : nous avons dû provisionner près de 100 000 euros pour les frais d’avocats impayés, dont pour certaines factures, impayées depuis près de 4 ans.De plus, l’état des bâtiments et de la voirie est catastrophique sur la commune. Près de 40% des bâtiments communaux sont fermés et pour la plupart nécessitent d’importants travaux d’entretien et de mise en accessibilité.Travaux auxquels nous nous sommes attelés dès notre arrivée. Nous ne pourrons pas tout réaliser d’un coup, mais avec du temps et une gestion rigoureuse de nos finances nous espérons améliorer significativement la situation de la commune.  Nous avons aussi consacré nos premiers mois à recevoir chaque agent de la commune afin de réorganiser le fonctionnement de la mairie et permettre plus de lisibilité aux agents dans leurs missions. Nous avons également accompagné la création d’un nouveau comité des fêtes afin de remettre de l’animation dans la commune…etc. Il y aurait encore beaucoup à dire, tant ces premiers mois ont été intenses. Toute notre énergie a été consacrée à créer une nouvelle dynamique sur notre commune.

 

Vous êtes également conseillère générale, comment appréhendez-vous la réforme territoriale en cours ? Doit-on supprimer le Conseil général ?

 

La réforme en cours est l’une des raisons de ce sentiment d’abandon de la ruralité. Elle est mise en place aujourd’hui, sans aucune concertation avec les élus de terrain, et va mettre à mal un équilibre déjà très fragile. À un moment où nos institutions ont besoin plus que jamais de relais sur le territoire. À un moment, où il est essentiel de ne pas se couper des Français, l’on fait du conseiller général un élu hors sol. Seul mandat de proximité avec les élus municipaux, on transforme ce mandat en le politisant et l’éloignant du terrain. Pour vous donner un exemple, le canton de Rieumes est fusionné avec 4 autres cantons. L’on passe de 16 communes, 9 300 habitants à plus de 36 000 habitants et 91 communes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, non ?

 

 

Le système Izard est-il aujourd’hui à bout de souffle ?

 

Je crois que ce n’est pas là la question essentielle de savoir si c’est la fin ou non d’un système. Ce qui préoccupe davantage les Hauts-garonnais est de savoir si un juste équilibre de répartition des richesses sur l’ensemble du département sera ou non maintenu. Chose à laquelle avait veillé l’actuel président du Conseil général. Il sera donc essentiel pour les futurs élus du Conseil départemental de veiller à une juste péréquation entre la métropole et la ruralité. Je sais Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de la Métropole, attaché au maintien de cet équilibre.

« L’abandon de nos territoires ruraux »

 

En mars prochain, les élections départementales auront lieu … Pensez-vous à cette échéance ?

 

Les élections départementales ont lieu dans quatre mois. Il est évident que je pense à cette échéance et aux enjeux pour notre territoire.

 

La droite et le centre peuvent-ils rêver à une victoire ?

 

Cela est prématuré, nous ne connaissons pas encore les candidats et je suis persuadée que le choix des électeurs se déterminera plus sur la qualité des candidats que sur leur étiquette politique. Par ailleurs,  je vous rappelle qu’actuellement sur 53 conseillers généraux, nous sommes seulement six de droite et du centre, dont quatre sans étiquette, ce qui est d’ailleurs mon cas …Enfin, je pense qu’avec l’application de la réforme et la modification des territoires, de nombreux conseillers généraux élus depuis de longues années, ne se représenteront pas, ce qui engendrera un renouvellement de la collectivité comme cela n’a jamais été connu auparavant.

 

Au niveau national, le climat politique est plus que délétère avec beaucoup d’affaires et un FN qui monte … Quels retours sur le terrain ? Dans votre canton et dans votre commune ?

 

Il suffit de regarder les résultats aux européennes, où le FN est en tête sur quasiment l’ensemble de mon canton avec près de 30% des suffrages. Cela traduit un mal être, un désaveu du système politique tel que nous le connaissons aujourd’hui. Pas plus tard qu’hier, à l’occasion du 11 novembre, moment de rassemblement et d’unité nationale, je discutais avec un ancien maire de mon canton, qui me disait qu’il faudrait que nos élus nationaux baissent les yeux et regardent un peu plus souvent leurs chaussures. Cette réflexion de pur bon sens paysan traduit bien le sentiment d’incompréhension et d’abandon  de nos territoires ruraux.

 

CV Express

Née en 1985, elle a travaillé au sein du cabinet de Laurent Wauquiez quand celui-ci était ministre de l’Emploi sous Nicolas Sarkozy.

Fonctions : maire de Rieumes, vice-présidente de la communauté de communes du Savès 31, conseillère générale.

 

 

 

 

 



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