[Rencontre] Arnaud Lafon : “PLB, assez de temps perdu!”

Arnaud Lafon @drAnti-langue de bois. Le maire MoDem de Castanet-Tolosan aime bien dire ce qu’il pense, et c’est sans doute la raison de son succès dans sa ville. Il utilise d’ailleurs la même recette au Sicoval et à Tisséo, avec aujourd’hui le dossier du PLB en tête de gondole.

Quelle est la différence fondamentale entre le Castanet de votre premier mandat, et celui d’aujourd’hui ?

C’est une ville qui est passée de l’ombre à la lumière. Nous avons désormais une visibilité certaine dans l’agglomération à travers notre qualité de vie. Avec mon équipe nous avons notamment beaucoup travaillé sur notre politique urbaine et sur la question de la mixité sociale.

Justement comment expliquez-vous ce lien si particulier qui vous avez su tisser avec la population ?

Les habitants de cette ville savent faire la part des choses. Au moment de l’élection municipale ils votent toujours pour de la disponibilité, de la compétence et de l’expérience. Ils mettent alors de côté leurs opinions politiques nationales. Ce n’est d’ailleurs pas  une exception ; cela a été longtemps le cas de Toulouse. Cela l’est même peut-être encore.

Vous avez perdu de 14 voix lors des dernières élections départementales, et vous avez déposé un recours. Quels sont vos arguments ?

Le recours a en effet été déposé le 2 avril dernier. Nous avons invoqué de nombreux griefs avec des irrégularités formelles relevées. Il y a notamment eu un changement du nombre d’électeurs entre les deux tours avec une réédition des listes électorales. Ensuite il y a eu des anomalies repérées au niveau des listes d’émargement avec près de 220 signatures différentes entre les deux tours sans qu’il s’agisse pour autant de procurations. Il y a également eu des moyens mis à disposition de mes adversaires qui n’apparaissent pas dans les comptes de campagne comme par exemple un article dans « La Dépêche du Midi » paru la veille du scrutin.

Comment analysez-vous tout de même le revers général enregistré par la droite et le centre sur ce département ?

Il y a eu incontestablement un vote utile de l’électorat du PS dès le premier tour, par peur de la montée promise du Front National. Quand le vent souffle très très fort partout en France, on sent à peine une légère brise ici. Je pense également que dans notre camp on est allé sans doute trop vite en besogne en anticipant notamment sur la bataille entre les présidentiables annoncés.

« Régionales : Il y a un réel risque d’être derrière le Front National »

Parlons maintenant du dossier épineux du prolongement de la ligne B du métro jusqu’à Labège. Craignez-vous que Jean-Luc Moudenc mette définitivement de côté ce projet à la faveur de celui de la troisième ligne annoncée durant la campagne municipale toulousaine ?

Il est normal que le maire de Toulouse, président de la métropole, se projette dans l’avenir du développement de l’ère urbaine toulousaine … J’entends donc sans problème que le projet de troisième ligne de métro soit sa priorité. Mais je ne vois pas aujourd’hui d’opposition entre les deux projets car celui du PLB est déjà acté, financé et techniquement réalisable. Il faut donc arrêter de prendre un tel retard sur ce dossier, d’autant qu’il répond à une logique d’exploitation en transports Val (technologie utilisée sur les deux premières lignes de métro toulousaines, ndlr) avec le prolongement de Ramonville jusqu’à Labège. Or, dans le même temps je ne sais pas aujourd’hui quel est le tracé de la troisième ligne … Et je ne connais d’ailleurs ni son réel coût, ni son financement, ni la technologie qui sera utilisée. Donc je continue à dire qu’il faut maintenant aller vite sur la question du PLB, tout en travaillant sur une interconnexion avec la future troisième ligne.

Peut-on raisonnablement mener à terme les deux projets ?

Suite à une proposition que j’avais formulée le 25 mars dernier, nous allons mettre en place à Tisséo un comité d’études technique et financier sur les deux projets. Nous allons ainsi démontrer que l’un et l’autre sont bien finançables, mais pas dans la même temporalité. Assez de temps perdu !

Vous étiez la tête de liste du MoDem aux dernières élections régionales, or on entend assez peu votre parti en ce moment …

Nous ne participons pas à cette agitation politicienne permanente. Au demeurant notre procédure est très claire pour les régionales ; nous avons un chef de file qui est notre eurodéputé Robert Rochefort, et c’est à lui que revient la charge de défendre nos intérêts dans les négociations en cours.

Il y aura tout de même union avec l’UMP et l’UDI ?

A priori oui. Je dis bien a priori. Mais pour espérer faire un résultat, il faudra de toute façon l’union la plus large possible dès le premier tour, car ma crainte est que notre camp n’arrive pas à prendre la présidence de la région, et pire qu’il y ait un réel risque d’être derrière le Front National.

Avez-vous envie d’être sur cette liste régionale ?

Aujourd’hui les conditions ne me semblent pas réunies pour participer à cette liste. Ce n’est pas mon objectif du moment. De toute façon je reste persuadé que je vais avoir une élection départementale à mener dans les prochains mois, et je vais donc militer dès maintenant pour que le président départemental du MoDem (Jean-Luc Lagleize, ndlr) soit le plus haut possible sur la liste régionale.

 

CV EXPRESS

Né le 18 octobre 1975.

Fonctions : Maire de Castanet-Tolosan, vice-président du Sicoval  et vice-président de Tisséo.

 

 

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.