Rama Yade à Toulouse: Dans les pas d’une militante pas ordinaire

La vice-présidente du Parti Radical (PR), Rama Yade, était jeudi dernier à Toulouse, pour son premier déplacement de la rentrée. Objectif : remobiliser les troupes autour de la nouvelle alliance centriste, avec en ligne de mire les prochaines élections en 2014. L’ancienne secrétaire d’Etat avait un programme bien chargé dans la ville rose.

 

Insuffler du courage, de l’enthousiasme et tirer le bilan des défaites aux dernières élections législatives. Telle était la tâche ardue de Rama Yade à Toulouse. Mais avant de rencontrer militants, anciens candidats et chefs des autres partis du centre, la vice-présidente du Parti Radical a commencé sa journée par la visite d’une maison de retraite à Saint Martin du Touch. Accueillie en grande pompe par la directrice de l’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), Rama Yade s’intéresse à tout. La moyenne d’âge des occupants, le nombre de personnels, la qualité des repas servis. Mais les questions qui la taraudent le plus sont «Ont-ils beaucoup de visites ?» ou «Est-ce qu’ils sortent souvent ?». Car selon elle, la solitude est un «défi» à relever, car «la compagnie a une vertu thérapeutique». En parlant avec le personnel soignant, elle ne peut s’empêcher de donner sa vision des choses. «Il faudrait créer des structures de logement intergénérationnelles, comme cela se fait dans les pays du nord. Chacun vit chez soi, mais les jeunes côtoie des personnes âgées, et peuvent leur rendre des petits services». Mais surtout, «arrêter d’avoir une vision négative de la vieillesse car l’allongement de l’espérance de vie est une chance».

Dans les couloirs, la présence de Rama Yade créait l’animation. Interpellée par un membre du personnel, elle est invitée à participer à un petit quiz. Question du jour : «Rama Yade est-elle la plus belle femme du monde ?» Petit rire gênée de l’intéressée, qui ne rechigne pas à prendre la pose pour une photo.

 

La présidence du PR ? «Pas d’actualité»

 

Mais après cette visite «très sympathique», la vice-présidente doit se reconcentrer sur les objectifs de sa venue. A la suite du programme, une conférence de presse où elle affronte les journalistes toulousains, avides de comprendre les tenants et les aboutissants de la nouvelle force centriste. Et surtout de poser THE question : «Serez-vous candidate à la succession de Jean Louis Borloo à la présidence du parti ?» Les élections se tiendront en novembre prochain. Mais pour Rama Yade, «ce n’est pas d’actualité». «Je ne suis pas en campagne. Jean Louis Borloo est notre chef incontestable, et d’ailleurs il n’a pas déclaré qu’il ne se représenterait pas» répond-elle.

Pour l’heure, la vice-présidente se concentre sur l’avenir, car «en 2014 la reconquête commence et on n’a pas le droit à l’erreur». Elle, qui a été secrétaire d’Etat sous la présidence de Nicolas Sarkozy, doit aujourd’hui organiser l’opposition au nouveau pouvoir. Un revirement de situation pas facile à vivre, «quand on est dans l’opposition, les gens attendent beaucoup de nous alors qu’on a peu de moyens» déclare-t-elle. Loin de se décourager Rama Yade compte adresser un message à la population : «Nous serons vigilants. Nous serons force de proposition car nous avons des choses à dire».

De ce point de vue-là, pas d’inquiétudes à avoir, car en toute situation, la vice-présidente du parti garde son franc-parler. Surtout si on lui pose la question : que pensez-vous des six premiers mois de la présidence Hollande ? «Je pense qu’il est grand temps que l’homme normal devienne un homme d’Etat. On n’en peut plus de la normalité, qui est en train de devenir de la banalité». Voilà qui est dit.

 

Coralie Bombail

 

 

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.