PS, Les Verts, Centristes et UMP : Le désordre ! Le piège des Législatives

Les partis toulousains s’agitent ! Les investitures pour les élections législatives aiguisent les appétits, alimentent les rumeurs et réservent des surprises. Faisons le point.
Le résultat des futures élections législatives dépendra à 90% de l’élection présidentielle ! Chacun le sait. Et pourtant… Le jeu politique toulousain est bien «trouble» à l’approche de cette échéance (10 et 17 juin prochains), et ce, tous bords confondus. Dans la troisième circonscription, et suite à des accords nationaux avec Europe Ecologie-Les Verts, François Simon se sentait sans doute trop tranquille pour affronter l’ancien Maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc. C’était sans compter sur le maire socialiste de Balma, Alain Fillola, qui réserve l’annonce d’une possible candidature : «Aujourd’hui je me consacre pleinement à l’élection présidentielle. Il faut tout faire pour que François Hollande gagne ! Ensuite, nous devrons empêcher Jean-Luc Moudenc d’être député. Je suis déterminé pour cela, et le moment venu je saurai prendre mes responsabilités…» Rien n’est officiel, mais Alain Fillola semble décidé «à en découdre», pariant sans doute sur un François Simon possiblement «plombé» par la campagne présidentielle d’Eva Joly.

Dans la 6ème circonscription, c’est l’écologiste Alain Refalo qui a décidé d’affronter avec panache Monique Iborra. La «Madame Formation» du Conseil Régional prend cette annonce tellement sérieusement qu’elle fait le choix de quitter la Région, pour se consacrer pleinement à cette élection. Elle a sans doute raison, le Directeur de campagne du candidat «Europe Ecologie-Les Verts» étant Patrick Jimena, la sensation des dernières élections cantonales à Colomiers. Il y avait battu contre toute attente le socialiste Christophe Bégué. Monique Iborra a donc le droit de s’inquiéter ! Le doute est également palpable sur la 9ème circonscription pour le PS local, avec le parachutage compliqué du conseiller régional Ile-de-France Christophe Borgel contesté par Nadia Pellefigue, elle, conseillère régionale… Midi-Pyrénées. Car après des soupçons de fraude électorale durant les primaires de désignation (sur le bureau de vote de Portet-sur-Garonne), voici désormais que l’élu «parachuté» pourrait avoir touché des «rémunérations de complaisance» de la part de sociétés de conseils aux bailleurs sociaux (en Ile-de-France). L’enquête est en cours. Mais que va alors faire le PS local ? Wait and see.
Simon, Moudenc, Fillola, Massat : La troisième circonscription sous pression
En face, tout semble ne pas être «un long fleuve tranquille» pour autant. Le résultat de Jean-Luc Moudenc sur la troisième circonscription sera surveillé de très près, en vue du prochain combat municipal toulousain. René Bouscatel et Christine de Veyrac feront sans doute partie des observateurs attentifs… Sur la 4ème circonscription, Stéphane Diebold (fils d’une figure de la politique locale) maintient une candidature dissidente face à Bertrand Serp, investi par l’UMP. Les deux hommes se sont «expliqués» dans nos colonnes ces dernières semaines. Mais maintenant, c’est au tour de la 10ème circonscription de «cristalliser» les tensions persistantes entre le parti présidentiel et les centristes hauts-garonnais. L’UMP y a investi Dominique Faure, une candidate venue de la société civile (Véolia). Les partis centristes locaux (Nouveau Centre, Parti Radical et… Modem) semblaient «pousser» l’entrée en campagne de Jean-Pierre Albouy, l’ancien «boss» du «Havana Café». Le 9 février dernier, ce dernier aurait dû recevoir une investiture qui ne semblait plus faire l’ombre d’un doute. Au dernier moment, annonce est faite que le Parti Radical et le Nouveau Centre, au niveau national, soutiendraient la candidate investie par l’UMP. Le sénateur-maire de Revel, Alain Chatillon, serait à l’origine de ce revirement de dernière minute : «Je reste déterminé. L’investiture n’est pas remise en cause. Les choses vont encore bouger» prévient Jean-Pierre Albouy. Les centristes toulousains semblent ne pas apprécier ces décisions parisiennes, qui vont à l’encontre des volontés locales. D’ailleurs au Centre, on compte bien mettre la «pression» sur les candidats investis par l’UMP. L’ARES (Alliance Républicaine Ecologiste et Sociale) formée par le Nouveau Centre, le Parti Radical et la Gauche Moderne a déjà investi des candidats sur toutes les circonscriptions sauf la quatrième (mais un rapprochement avec Stéphane Diebold pourrait être d’actualité). On note parmi ces investitures, André Gallego (sur la seconde) qui avait été candidat indépendant lors des dernières municipales et MoDem aux législatives précédentes ou Laurence Massat, l’un des espoirs de la politique toulousaine, placée sur la troisième face à Jean-Luc Moudenc. Après des rumeurs annonçant le retour au premier plan d’Elizabeth Husson (qui aurait pu apparaître comme «UMP compatible») sur la sixième circonscription, ce serait finalement le jeune «Nouveau Centre» Grigori Michel qui s’y préparerait. Jean-Jacques Bolzan, le patron de la fédération Haute-Garonne du Parti Radical, se tient prêt lui, sur la première circonscription. Là où Catherine Lemorton (PS) et Sacha Briand (UMP) sont déjà investis : «Je n’ai jamais lâché depuis 2008. Je suis sur le terrain tous les jours» lance le leader radical. Mais tout cela ne devrait pas rester en l’état : des discussions avec le MoDem et l’Alliance Centriste (voire dans certains cas avec l’UMP ?) étant à prévoir : «On travaille dans ce sens. Nous rêvons d’une seule candidature centriste par circonscription» explique Jean-Jacques Bolzan. «Bluff» ou pas ? Chacun avance ses pions… Vous l’aurez compris, de gauche à droite, en passant par le Centre, cette campagne des législatives promet encore des épisodes à rebondissements.
Thomas Simonian



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