Pour Nicolas Sarkozy Sacha Briand «La France a toujours privilégié les challengers»

Sacha briand

Le conseiller régional UMP, et candidat aux prochaines élections législatives sur la première circonscription, croit à un vote de raison des Français en faveur du président sortant.

Comment avez-vous vécu la campagne de premier tour de Nicolas Sarkozy ?

Dès son entrée officielle en campagne, nous avons observé qu’une dynamique s’était créée. Mais dès le moment où se sont appliquées les règles concernant l’équité du temps de parole des candidats, le débat a été alors totalement «noyé». Il n’y a même pas eu de véritable confrontation des projets des uns et des autres. Donc de mon point de vue, la campagne a été totalement biaisée. Et puis, la particularité de tous les autres candidats de ce premier tour était d’être contre le nôtre. Maintenant, enfin, nous avons un adversaire contre un autre.

Votre analyse sur les résultats de ce premier tour ?

On nous avait promis le grand soir de la gauche, avec un candidat socialiste au firmament des sondages, une révolution «rouge» en marche avec Mélenchon et un président de la République réduit au silence. Il n’en est rien. La réalité est que les électeurs ont pris la parole, se sont mobilisés fortement et ont envoyé un message extrêmement clair aux deux principaux candidats : «Vos discours ne correspondent pas à nos attentes.» Il y a donc un travail d’explication des projets extrêmement important à faire. Les jeux ne sont donc pas faits.

On ne peut laisser sous silence la percée de Marine Le Pen. Quels enseignements en tirez-vous ? Nicolas Sarkozy n’a pas su parler à ces électeurs ?

Non seulement nous ne devons pas passer sous silence cette surprise, mais nous devons prendre en compte cette réalité. Un Français sur cinq a fait ce choix-là. Il y a un moment où nous devons arrêter de décrédibiliser, de vilipender le vote des électeurs. Je n’ai jamais changé de point de vue sur les responsables du Front National, et sur leurs propositions qui n’en sont pas. Mais nous devons avoir à cœur de prendre en compte la vie quotidienne de nos concitoyens et leurs problématiques. Par exemple, la question de la sécurité, ce n’est pas du virtuel. Cette situation est intolérable et inacceptable. Mais ne réduisons pas le vote Front National aux simples thématiques de la sécurité et de l’immigration. En réalité, c’est un vote d’inquiétude par rapport à l’équilibre du pacte social. Ce que je donne à la Nation en contrepartie de ce qu’elle m’apporte. Il faut que chacun y trouve son compte. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Comment Nicolas Sarkozy va-t-il rallier à sa cause des électeurs du Front National sans perdre de son électorat centriste ?

Il ne faut pas rentrer dans ces calculs-là. Certains électeurs ont exprimé un «ras le bol» face à des réalités quotidiennes en votant Le Pen, d’autres ont exprimé leur volonté d’exigence vis-à-vis notamment de la dette et des déficits publics en votant Bayrou. Ces deux visions-là sont-elles compatibles ? Je le crois.

A Toulouse plus qu’ailleurs, l’écart entre François Hollande et Nicolas Sarkozy est important…

On sait que le Sud-Ouest est beaucoup plus à gauche que le reste du pays. Ce n’est pas une surprise de constater cette amplification des résultats nationaux. Nous le savons, c’est un pari pour nous, nous devons repartir à la conquête de l’ensemble du département. L’enjeu n’est pas uniquement sur la ville centre. Le meilleur moyen de permettre à toutes celles et à tous ceux, qui au sein de la droite et du centre, ne manquent pas d’afficher des ambitions, c’est de leur offrir des territoires de reconquête. On ne peut démontrer sa valeur qu’en étant face aux électeurs. En politique, il y a ceux qui parlent et ceux qui vont au combat.

Sarkozy de nouveau président, c’est encore jouable ?

Contrairement à ce que beaucoup annoncent, je crois que la surprise peut venir du président sortant, qui est devenu aujourd’hui le challenger. Et la France a toujours privilégié les challengers !

Propos recueillis par Thomas Simonian



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