[Politique] Christophe Borgel : « Il va falloir mettre le bleu de chauffe ! »

Christophe Borgel, rapporteur de la loi en commission parlementaire, se montre sans concessions quant au projet

Lucide. Rien ne semble atteindre le député haut-garonnais, et surtout pas la peur des lendemains de défaite. La page de la perte du Sénat est donc déjà tournée, et le socialiste exhorte les siens à reprendre la bataille en vue de la future échéance départementale.

 

Avez-vous la gueule de bois ?

Il n’est jamais drôle de perdre un scrutin, mais honnêtement il n’y a rien de très surprenant dans le résultat de dimanche. C’est une conséquence mécanique de nos mauvais résultats aux dernières élections municipales. En revanche, si nous devons assumer la perte du Sénat, il n’est pas pour autant vrai que nous avons assisté à un raz-de-marée de la droite … Les challengers que nous étions ont mieux résisté que prévu.

Certes mais en Haute-Garonne les résultats sont historiques pour la droite …

Je ne crois pas que l’on puisse parler de séisme comme j’ai pu l’entendre ou le lire ; l’écart est finalement minime entre les deux listes principales. Nous savions que la partie serait difficile car outre notre défaite à Toulouse, nous avions également perdu des villes importantes de l’agglomération telles Balma, Saint-Orens, Cugnaux, Fenouillet … Mais la cruelle vérité, c’est que la gauche était majoritaire et que nos divisions ont été fatales. La multiplicité des listes à gauche a offert un boulevard à la droite.

Mais ces divisions ne sont-elles pas le fruit de la politique gouvernementale ?

Pour partie seulement. Malgré tout ce qui peut être dit, et même s’il y a des divergences ou des nuances entre nous, ce qui nous unit reste plus fort que ce qui nous divise.

Allez-vous donc travailler à renouer le dialogue avec les autres partis de gauche ?

C’est clairement un débat qui est devant la gauche. Notre premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, a ouvert la voie … Il y a aujourd’hui cette volonté de rassembler malgré nos divergences de points de vue sur la politique gouvernementale. Je pense qu’il y a des sujets comme la transition énergétique où nous pouvons par exemple nous retrouver avec nos amis écologistes. A Toulouse, je vais laisser la fédération désormais dirigée par Sébastien Vincini s’exprimer sur le sujet, mais il est évident qu’il faut se mettre à rétablir les contacts. L’avenir, y compris et surtout en Haute-Garonne, passe par un grand rassemblement de la gauche. Y travailler est de la responsabilité des socialistes.

 

« L’union de la gauche : La responsabilité des socialistes »

 

La défaite du PS 31 aux municipales, puis à la législative partielle sur la troisième circonscription, et maintenant ce revers aux sénatoriales … De mauvais augure pour les élections départementales de mars prochain ?

Le PS a parfaitement conscience des difficultés du moment et de la contestation réelle, mais souvent injuste, envers la politique menée par le gouvernement de Manuel Valls. Nous savons qu’il va falloir mettre le bleu de chauffe ! Mais nous avons encore des arguments à faire valoir pour conserver le département. La gauche n’a pas à rougir de son action et il y a un bilan qui parle en Haute-Garonne. Je crois sincèrement que la victoire est possible, et la bataille ne doit pas nous faire peur. Soyons fiers de nos valeurs !

Comment réagissez-vous à la défaite de Jean-Michel Baylet chez nos voisins du Tarn et Garonne ?

Pour être franc avec vous, il y a deux endroits que j’ai surveillés tout particulièrement dimanche. Le premier c’était Marseille avec mon amie Samia Ghali dont je me félicite de la réélection. Le second c’était donc en Tarn et Garonne, car je savais que le combat mené par Jean-Michel Baylet s’annonçait compliqué. J’éprouve une immense tristesse devant cette défaite, car j’apprécie avant tout l’homme avant le politique. J’aime le franc-parler de Jean-Michel Baylet, mais aussi sa connaissance des dossiers territoriaux et de la région Midi-Pyrénées en particulier. La vie politique est ainsi faite de victoires et de défaites, elle est dure. Vraiment cette défaite est à mon sens imméritée.

Cela va-t-il complexifier les rapports entre le PS et le PRG ?

Il ne faut pas réduire le débat politique, et les liens entre partenaires à des victoires ou des défaites ci et là. Nous devons respecter toutes les composantes de notre majorité gouvernementale, et le PRG est clairement un partenaire fiable dont les ministres présents aux côtés de Manuel Valls font le job. Les relations avec le PRG vont donc perdurer dans la sérénité, et Jean-Michel Baylet reste un interlocuteur qui pèse.

 

CV EXPRESS :

Né le 3 septembre 1963 à Poitiers. Il est père de trois enfants. Il a vécu son enfance et son adolescence en Algérie.

Fonctions : Député de la 3ème circonscription de Haute-Garonne, secrétaire national du PS en charge des élections



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