[Politic portrait] Lise Maillard : « Nous devons construire autre chose »

Lise Maillard @franck alix

Taille. La passion n’attend pas. Lise Maillard, la vingtaine assumée, est déjà candidate à une élection. Le département ne lui fait apparemment pas peur…

Lise n’a que 22 ans, et pourtant son assurance verbale surprend déjà : « Je suis plutôt pour le parler cru et dru mais j’essaie de me retenir.»  Nous prenons le temps de la découvrir dans les studios d’Actifs Radio… Elle vient de répondre à une interview. Une de plus durant cette campagne départementale pour laquelle elle est candidate « Alternative citoyenne »  sur le canton Toulouse 2. Une expérience qui ne lui fait visiblement pas peur : « Je ne pensais pas prendre autant de plaisir. Partir sous cette bannière citoyenne crée indiscutablement un nouvel élan… Il y a une véritable équipe, un lien entre nous. » Cela fait pourtant à peine plus d’un an que cette nouvelle venue a débarqué sur les bords de Garonne, ayant vécu une enfance heureuse du côté de Strasbourg. Dans la famille, on a toujours parlé politique même s’il n’y avait pas d’engagement dans une quelconque chapelle. D’ailleurs chez les Maillard on a même inversé les rôles. Si en général ce sont les enfants qui marchent sur les traces de leurs aînés, ici Lise entraîne tout son petit monde dans son sillage. Depuis son entrée en politique, son père s’est syndiqué et sa mère l’a suivie au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. Lise est également très proche de sa grande sœur, prof de philo, qui est plutôt fière voire admirative de son parcours, et de son petit frère à l’esprit plutôt rebelle, qui penche plutôt vers la droite de l’échiquier : « Il ne veut sans doute pas faire comme les autres », sourit-elle. Plutôt battante, la néo-candidate est consciente d’arriver dans un contexte plutôt morose : « Il n’y a qu’à constater le taux de l’abstention lors des derniers scrutins. Les électeurs sont désabusés, et nous vivons une insurrection froide. C’est pour cela que nous devons construire autre chose… »

« C’est de la base qu’émergera un nouveau mouvement »

Ses modèles sont donc désormais ailleurs : Syriza en Grèce ou Podemos en Espagne : « Ce sont des mouvements qui essaient d’inventer sur la base d’une démarche citoyenne. » Plutôt pessimiste sur le fait que les partis de gauche français arrivent à s’entendre malgré la crise, Lise préfère croire à l’éveil des consciences au niveau local : « C’est de la base qu’émergera un nouveau mouvement. J’y crois… Et oui ça peut arriver ! » Rêvant à une nouvelle page de notre Histoire politique, elle promeut avec force l’idée d’une 6ème République : « C’est un concept qui touche les gens, car il y a la prise de conscience d’un système politique à bout de souffle. » Aujourd’hui Lise concilie campagne politique et études. Elle mène de front un double cursus entre droit et sociologie : « Malgré mon engagement, je reste ouverte. Je suis à l’écoute. » Car Lise est ainsi, elle aime le débat, parfois chaud. Il y a plusieurs semaines votre hebdo avait organisé un café politique sur le thème du renouvellement de la classe politique, et elle était présente dans le public… On l’a sentie notamment plutôt gênée par l’intervention d’un élu socialiste (le conseiller général socialiste Serge Soula, ndlr). À l’issue de la réunion, elle n’a d’ailleurs pas hésité à « cracher son venin.» Engagée sur le chemin d’une autre gauche, Lise respire l’esprit de révolte, mais reste pourtant toujours sur ses gardes… On la sent attentive et posée. Dans l’entretien qu’elle a accordé à Actifs Radio, un format 100% web, ses réponses sont souvent incisives et le discours déjà rôdé. En campagne, elle tente d’innover et d’apporter une autre manière de faire de la politique : « Au début, nos adversaires nous regardaient en souriant, il y avait même une sorte de moquerie… Ils rigolent de moins en moins maintenant. » « Ne pas faire comme les autres », un leitmotiv dans la bouche de Lise. Une obsession ? Sur le canton Toulouse 2, s’avance donc à grands pas un nouveau visage dans le paysage politique toulousain. À seulement 22 ans, Lise veut s’inscrire sur la durée, ses convictions chevillées au corps. Et elle peut compter sur un avantage certain. Pour s’adresser à elle ses futurs adversaires devront lever la tête… Sa grande taille longiligne est déjà crainte.

 

3 années phares

1992 : naissance à Strasbourg

2012 : campagne de Jean-Luc Mélenchon pour les présidentielles

2015 : candidate aux élections départementales

 

 

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.