Pierre Lacaze «Le temps des municipales n’est pas encore venu»

Le secrétaire départemental du PCF, également conseiller municipal toulousain délégué au patrimoine culturel et à l’animation des musées, remet «les pendules à l’heure» face aux attaques portées par ses vrais faux amis du Parti de Gauche. Pour Pierre Lacaze, l’heure du débat des municipales n’a pas encore sonné et l’élu communiste met en garde face aux stratégies personnelles des uns et des autres. Dans son viseur, deux noms : Jean-Christophe Sellin et Rémi Vincent. Par ailleurs, la sortie de crise au niveau national et la régie publique de l’eau en local sont aujourd’hui ses priorités. Rencontre avec un Pierre Lacaze remonté.

Comment réagissez-vous aux actuelles directions prises par le gouvernement Ayrault ?

Nous pouvons sortir notre pays de la crise, mais à la condition de rappeler que notre adversaire, c’est la finance. Donc certaines mesures du gouvernement vont dans le bon sens, même si les patrons contestent par exemple la taxation du capital, mais en revanche poursuivre les politiques d’austérité, d’exonérations de cotisations sociales et de limitation des services publics ne va pas aider à la relance de la croissance. Les pays européens sont aujourd’hui tous frappés par la crise du capitalisme et les mesures choisies sont encore de vieilles recettes. Depuis Raymond Barre, on nous explique qu’il faut libérer l’entreprise, alors que nous pouvons observer un échec cuisant de cette politique.

Le «couac» du Premier Ministre sur les 35 heures vous inquiète-t-il ?

Je ne veux pas que l’on touche aux 35 heures. On va voir si quelqu’un ose le faire… Même Sarkozy n’a pas osé et je vois donc mal Ayrault et Hollande le faire. Ce serait un comble, non ?

D’un point de vue local, quel est le sujet qui vous est cher en ce moment ?

Il y a un débat que nous portons depuis un moment, c’est celui de la régie publique de l’eau. Depuis 2009, nous avons participé à la création d’une autorité organisatrice de l’eau avec à la clé seize embauches à la Communauté urbaine. Nous souhaitons, après 2014, une accélération du passage en régie communautaire. L’eau est pour nous un bien public.

«Nous ne garderons Toulouse qu’avec un rassemblement de la gauche»

Les deux leaders locaux du Parti de Gauche, Jean-Christophe Sellin et Rémi Vincent, ont mis en cause dans nos colonnes votre stratégie pour les prochaines municipales («Il y aura une liste autonome du Front de Gauche aux municipales» R. Vincent, «Je dis à Pierre Lacaze que s’il souhaite prendre la tête de notre liste au premier tour, il n’y a pas de problème ! Mais je ne crois pas que cela soit son orientation» JC. Sellin). Votre réaction ?

Ce sont des avis individuels. Le Front de Gauche est constitué de sept entités sur le département, dont le PCF et le Parti de Gauche, et aucune d’entre elles n’a encore décidé de la stratégie en vue des prochaines municipales. Pour que l’interview soit claire, je dis que pour le PCF, la priorité n’est pas la cuisine électorale des municipales… Et encore moins de savoir si Jean-Christophe Sellin ou Rémi Vincent seront candidats, ou pas, aux municipales. Je leur dis clairement que ce n’est pas la priorité des Toulousains.

Mais ils ne vous ferment pourtant pas la porte, voire ils vous proposent la tête de liste…

Pour l’instant je ne suis candidat à rien et ils n’ont pas à parler en mon nom ! Et encore moins au nom du Front de Gauche… Je pourrais éventuellement en effet participer à une liste, mais ma préoccupation du moment, c’est la crise et le soutien par exemple aux salariés de Sanofi. Les adhérents du Parti Communiste (près de 2000 en Haute-Garonne) demandent avant tout de rassembler contre l’austérité et de mobiliser pour sortir de la crise. Le temps des municipales n’est pas encore venu.

Vous n’y pensez donc pas ?

Je ne vous dis pas ça mais ce n’est pas la priorité au vu de la crise que nous subissons. De plus tout est ouvert pour le PCF… Reconduire une liste dès le premier tour avec Pierre Cohen, conduire une liste PCF, participer à une liste Front de Gauche voire à une liste de rassemblement contre l’austérité avec pourquoi pas les écologistes. Le moment viendra de prendre une décision et ce sont nos adhérents qui détermineront le choix.

Pourrait-on également envisager une liste Front de Gauche sans le PCF ?

Oui si nous ne sommes pas d’accord en terme de contenu, ce qui sera notre cheval de bataille au PCF. Mais ne nous trompons pas d’adversaires ! Nous ne devons pas laisser Toulouse à la droite.

C’est un message adressé à Messieurs Sellin et Vincent ?

Clairement oui. Le but est-il de faire perdre la mairie aux socialistes ou de gagner une mairie plus à gauche ? Je leur pose la question. Une chose est certaine, personne ne gagnera seul et sans alliances. Nous ne garderons Toulouse qu’avec un rassemblement de la gauche, qu’il se fasse au premier ou au second tour.



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