Pierre Cohen « Je suis à l’image de la gauche toulousaine »

Le maire sortant semble habité par la fonction qu’il occupe : « C’est un mandat qu’il faut exercer en ayant une vision pour sa ville. » Au moment où le tramway fait son retour en centre-ville, Pierre Cohen accélère le tempo de sa campagne, mais prend le temps de nous accorder un entretien pour dresser un bilan et établir des perspectives. Pierre Cohen n’oublie pas pour autant d’égratigner son opposant principal : « Pour le moment sa campagne n’a pas pris. »

Quelle est votre analyse du dernier sondage qui vous place à 56% au second tour ?

Ce sondage est plus une marque de satisfaction de ce que mon équipe a réalisé que réellement une véritable décision de vote… La campagne est donc nécessaire pour exprimer notre démarche et notre vision, et faire comprendre qu’il n’y a pas d’autre voie possible pour notre ville. Je reste concentré.

Ce bon sondage ne serait-il pas lié à une équation plus personnelle ? En pleine période de défiance vis-à-vis de la classe politique, l’image que vous renvoyez à l’électeur ne vous sert-elle pas ? Votre non communication n’est-elle pas devenue votre communication ?

Ma façon d’être et de faire semblent ne pas gêner, et je ne me force pas. J’ai toujours été comme ça et je n’ai jamais eu de déboires électoraux… Dans la rue, beaucoup de gens me disent : « Continuez à être ce que vous êtes ! » Je suis à l’image de la gauche toulousaine qui n’aime pas les paillettes et le clinquant.

N’êtes-vous pas entré en campagne juste au moment où les Toulousains commencent à s’intéresser à l’échéance municipale ?

Je me suis attaché à suivre le calendrier de mon parti, et il n’était donc pas question d’entrer en campagne avant… Mais par expérience, je sais qu’une telle élection se joue toujours sur les deux, trois derniers mois. Beaucoup de Toulousains vont même décider de leur vote la dernière semaine. Ma campagne a tout de même été facilitée ces dernières semaines du fait que je suis le sortant, et que j’avais des rendez-vous importants et forts de sens tels le lancement du Tram Garonne et les animations de fin d’année dans le centre-ville.

Aviez-vous prévu stratégiquement ce lancement du tramway, ainsi que la piétonisation du centre-ville, pour en faire des événements à quelques semaines de l’élection municipale ?

Quand on sait comment se montent de tels projets, il aurait fallu que je sois un véritable génie du timing et du tempo politique pour que cela soit avéré. Les facteurs qui ont fait que ces événements ont lieu maintenant sont extrêmement indépendants de ma volonté…

La suite des projets tramway, c’est donc Matabiau ?

Bien entendu puisque le PDU (plan de déplacements urbains) nous le permet. Nous souhaitons en effet prolonger la ligne existante du tram ; entre le futur parc des expositions, l’aéroport, le site d’Airbus, le Canal et Matabiau, il y aura une organisation clairement cohérente. Nous souhaitons continuer à proposer aux Toulousains une offre de transports en commun ambitieuse.

Sur Moudenc : « Il est borderline au vu de ses origines centre-droit »

Jean-Luc Moudenc a tenu il y peu une conférence de presse sur la sécurité, où il a explicité ses divergences avec vous en la matière…

Je ne suis absolument pas surpris par la droitisation permanente du discours de mon adversaire. Jean-Luc Moudenc a très peu de réelles convictions politiques et ne cesse d’être dans la posture. Afin d’être incontournable pour les législatives puis les municipales, il a fait le choix de prendre l’appareil UMP… Alors que dans le même temps, il me reprochait d’être trop politisé. Amusant, non ? Depuis des mois, il épouse d’ailleurs  les thèses droitières et sécuritaires de l’UMP version Copé, et prend Nice en exemple à suivre. Contrairement à ce que dit mon opposant, ma majorité n’a absolument pas été laxiste en matière de sécurité durant ce mandat. C’est d’ailleurs bien mal me connaître que d’avancer un tel argument. C’est oublier notamment la création de l’Office de la Tranquillité qui permet à tout instant d’avoir des interlocuteurs et de l’aide. Nos médiateurs sont en permanence en soutien des Toulousains. Je voudrais également m’insurger devant les propos de Jean-Luc Moudenc concernant les SDF. Il voudrait nous faire croire qu’SDF rime forcément avec insécurité. La ligne jaune a été presque franchie, là. Il est borderline au vu de ses origines centre-droit.

Comprenez-vous la présence de Pierre Trautmann (ancien DGS de la ville, ndlr) sur la liste Moudenc ?

Pas vraiment. Entre 2004 et 2008, nous savions Jean-Luc Moudenc sous la coupe et la tutelle de Trautmann, il n’était pas vraiment le maire… Mais pour cette campagne, il a décidé de ne pas prendre son envol, et de prendre le même environnement. Il nous propose donc la même logique, et n’a pas changé.  J’en prends bonne note.

Regrettez-vous l’absence des écologistes d’EELV sur votre liste ?

Clairement. Je crois qu’il y a un problème de responsabilité vis-à-vis des enjeux politiques, mais je vais montrer que sans eux, ma liste sera capable de relever les défis écologistes… dont certains d’ailleurs ont déjà été enclenchés.

Etes-vous favorable à une fusion métropole/département à l’instar de ce qui s’est fait à Lyon ?

Il peut y avoir une logique à cela si on se met à travailler sur le périmètre de la métropole, et c’est tout le débat que nous avons avec notamment le Sicoval ou la CAM (Communauté d’Agglomération du Muretain)… J’ai toujours été prudent sur ce sujet car ces agglomérations ont historiquement le droit à exister autour de Toulouse. Ce serait donc à l’issue d’un potentiel rapprochement entre cette mosaïque d’intercommunalités que la question d’une récupération des compétences du département par la métropole pourrait se poser clairement.

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

 

Pierre Cohen présente sa liste

Le 22 janvier dernier, le maire sortant Pierre Cohen a présenté 67 de ses colistiers. L’occupant de la 69e place « sera l’objet d’une surprise » ultérieure, a précisé avec une pointe d’humour le candidat socialiste. Une liste que Pierre Cohen qualifie de « liste renouvelée, représentative des quartiers et de la diversité toulousaine » avec une moyenne d’âge de 49 ans. Quelques figures notables de l’ancienne équipe en sont absentes, comme Daniel Benyahia et Jean-Pierre Havrin, auxquels le maire sortant rend hommage, mais aussi Jean-Michel Fabre qui a décidé de concentrer son énergie sur la conquête du Conseil Général 31. En contrepartie, de nouvelles têtes font leur apparition : Jean-Jacques Rouch, ancien journaliste aujourd’hui écrivain en 7e place, Lidwine Kemps du Parti Occitan en 14e position, Jean-Louis Ducassé directeur du Samu 31 en 41e place ou encore Michel Rinaldi, secrétaire général de la FCPE 31 en 57e position.

 

EMA



UN COMMENTAIRE SUR Pierre Cohen « Je suis à l’image de la gauche toulousaine »

  1. AllisterToulouse dit :

    Non M. Cohen n’est pas à l’image de la gauche toulousaine. Il ne la représente pas bien et il le sait. M. Cohen n’entretient pas d’excellentes relations avec les autres barons du PS et n’est pas parvenu à regrouper sous sa bannière la Gauche et les Verts. L’article en parle clairement.

    La Gauche toulousaine, telle qu’elle a toujours existé, est ouverte aux autres, souriante et aime le dialogue. Certes direct, la “castagne”, mais ne refuse pas de se confronter aux autres.
    M. Cohen, lui, refuse le débat et préfère l’invective. Ses prestations en conférences sont déplorables et il ne donne pas de Toulouse une image rayonnante.

    Les derniers évènements relatifs à l’insécurité galopante devraient d’ailleurs lui apporter un peu d’humilité. Un échec retentissant.
    Quant à sa critique des propos de M. Moudenc sur les SDF, on reconnait bien là la posture de l’homme politique coupée de la réalité du terrain et engoncé dans sa carapace idéologique.

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