Pierre Cohen « Ce que nous réalisons sera déterminant pour les vingt, trente prochaines années »

Le Maire de Toulouse a répondu aux questions de Gérald Benarrous, Marc Sztulman (Radio Kol Aviv) et Thomas Simonian (Le Journal Toulousain) pour un nouveau rendez-vous de notre web tv. L’occasion d’un premier bilan, de mises au point et d’une… entrée dans la campagne municipale. Morceaux choisis.

Les Transports

Quelles sont vos lignes directrices en matière de transport ?

Il y a avant tout ce dont nous avons hérité il y a cinq ans. A l’époque, la stratégie était entièrement calée sur des lignes structurantes, et en particulier avec deux lignes de métro qui restent tout de même une offre de qualité. Notre démarche a été de nous demander quel était l’enjeu, le défi, du déplacement et de la mobilité dans notre ville et notre agglomération. Comme beaucoup d’autres villes, il nous a semblé important de dire qu’il fallait un maillage. On ne peut plus se contenter d’une ligne structurante.

Parmi vos projets, il y a le fameux BHNS (bus à haut niveau de service) qui reliera le centre-ville toulousain à Plaisance-du-Touch. Cette ligne fait l’objet d’une polémique avec les habitants et commerçants du quartier de Lardenne. Où en est-on de ce dossier ?

Ce concept de BHNS est déjà apparu dans des villes comme Nantes, et permet de compléter un véritable maillage sur l’agglomération. Cette ligne est nécessaire, car si nous abandonnions ce projet, cela voudrait dire qu’un secteur comme celui de Tournefeuille-Plaisance-du-Touch, qui a le plus progressé en termes d’habitants ces quinze dernières années, serait alors pénalisé en matière de transports en commun. Cette ligne passera en effet dans un quartier où il y a eu des incompréhensions… On y parle même encore de choses qui ne sont plus dans ce que nous suggérons aujourd’hui. On ne peut donc plus entendre ce que disent certains, mais nous continuerons à discuter avec eux pour leur prouver le bien-fondé de notre projet. Je peux par ailleurs comprendre que les commerçants soient légitimement craintifs d’une modification et d’une période de chantiers. Il nous faut donc travailler avec eux et leur apporter des garanties.

L’opposition vous attaque sur le chantier du « Tram Garonne », un projet qu’elle qualifie souvent d’inutile…

Un certain nombre d’interlocuteurs, sans doute éloignés de ce qui fait les préoccupations et le devenir d’une ville, ne comprennent toujours pas les dysfonctionnements qui existaient jusqu’alors. Ils restent dans une logique de continuité. C’est une parfaite erreur et je dirais même, que c’est extrêmement grave. Ce que nous réalisons sera déterminant pour les vingt, trente prochaines années.

La Sécurité

La sécurité apparaît presque comme le cheval de bataille de votre principal opposant Jean-Luc Moudenc. Mais est-ce votre priorité ?

Je ne réagis pas à mon opposant, mais ce que je sais, c’est que lorsque nous sommes arrivés aux affaires, il n’y avait pas d’outils de prévention de la délinquance, de cellules de veille ou d’office de la tranquillité. Nous avons mis en place tout cela et avons énormément travaillé.

Vous avez fait le choix de ne plus rendre opérationnelle la police municipale la nuit. Par ailleurs  vos policiers sont équipés de gilets pare-balles alors qu’ils ne sont pas armés… N’est-ce pas un problème de protéger des policiers qui ne peuvent pas se défendre ?

La police municipale n’a pas les mêmes compétences que la police nationale. Elle ne doit donc pas se trouver dans des situations qui la mettent en danger. C’est un débat national qui a été tranché, et même Sarkozy qui était le plus en allant sur cette thématique, a dû reculer… Les maires de gauche comme de droite ne veulent pas être des shérifs.

Pourquoi ne pas généraliser la vidéosurveillance dans la ville ?

La vidéosurveillance ne règle que très légèrement le problème de prévention. Elle sert surtout à résoudre après les faits et évite rarement les phénomènes…

Les Municipales

Vous considérez-vous entré en campagne ?

Je ne suis pas en campagne, je reste dans l’action. Une campagne électorale est un temps très précis : trois mois avant l’échéance, on fait des propositions et on met en avant nos divergences. De notre côté, nous avons fait bouger la ville, et la seule chose qui m’intéresse, est de savoir si nous sommes dans le vrai. Si les nuisances que nous avons causées, valaient la peine…

Vos divisions avec le Front de Gauche voire avec les Ecologistes vous inquiètent-elles ?

La gauche est plurielle. Elle a légitimité à débattre devant les électeurs de manière dissociée, mais en ce qui me concerne, je considère que l’unité a toujours payé. C’était d’ailleurs l’une des raisons de notre succès il y a cinq ans. Maintenant chacun prend ses responsabilités ! Juste un petit mot sur le Front de Gauche. Je ne peux pas laisser passer que Jean-Christophe Sellin, qui représente seulement le Parti de Gauche, puisse s’approprier le Front de Gauche… Le PC a d’ailleurs plutôt l’envie de travailler et peut-être de faire liste unique avec nous. C’est avec une dynamique d’unité que nous aurons le plus de chance de gagner.

Ne craignez-vous pas une influence du contexte national ?

Aujourd’hui on n’entend pas une adéquation forte entre les critiques dures vis-à-vis du gouvernement et du Président de la République, et ce qui se passe en local. Le débat reste encore très toulousain. En revanche ce qui est important, c’est que d’ici un an les premiers signaux promis par François Hollande arrivent, en particulier en ce qui concerne l’emploi.

Intégralité de l’entretien en format web tv ci-dessous:

 

 



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