Patrick Jimena écrit au “cher pays de son enfance”

Patrick-JimenaÀ toi, cher pays de mon enfance…

 

Cher ami,

Je pense que tu dois savoir qu’à la fin de l’année, tu accueilles la conférence internationale sur le climat. L’enjeu est de taille. Les grands de ce petit monde vont se retrouver.  Des décisions importantes devront être prises pour changer de modèle, pour imaginer une autre société. Car à la vérité, c’est tout simplement la vie sur Terre qui est en jeu, la tienne et celle de tes enfants, de tous les êtres qui l’habitent.

Tu subis tous les jours des problèmes énormes qu’engendre le réchauffement climatique : hausse des températures, tempêtes de plus en plus dévastatrices, impact sur la faune et la flore, une eau polluée, une grave baisse de la biodiversité…

Tu penses avec tes pays frères et voisins que, face à une telle urgence et  à une humanité en danger, les politiques changeront  de cap pour nous transporter vers une société plus juste, plus écologique, plus bienveillante à l’égard de ta belle terre nourricière et  donc des hommes.

Mais tu fais fausse route car si le vert s’affiche partout, ce n’est qu’un enduit de façade, un emballage qui cache bien son contenu si tu me permets cette expression. Mais lorsqu’on déballe vraiment, c’est plutôt une tromperie sur la marchandise.

C’est même plus grave car on nous vend des produits périmés d’un autre temps: un développement infini et injuste qui produit des dégâts sociaux et écologiques. Bref, un système qui altère notre maison commune et qui met sur le bas-côté des millions de personnes.

Je ne te parle même pas de l’échelon international où la cupidité de la finance fait son œuvre destructrice et joue avec toi comme un enfant le ferait avec son jouet. Où les pays les plus riches continuent à vouloir sauvegarder leur système même au prix de ta destruction annoncée ! Un système qui fait aussi de la création de la monnaie sa principale arme de soumission de tous les Etats.

Ici, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Tes hôtes du côté de Toulouse, Colomiers, Plaisance, Pibrac…de toute l’agglomération constatent les mêmes travers. On privatise l’aéroport de Toulouse Blagnac via des manigances financières et on se fout totalement des nuisances, de la préservation de la santé, des risques. À Plaisance, le maire et un consortium privé veulent construire un Méga centre commercial, véritable temple de la consommation sur plus de 60 000 mètres carrés de magasins. On va détruire tous les commerces de proximité, augmenter le trafic routier mais tout va très bien pour les promoteurs qui osent en plus parler de projet respectueux de l’environnement et de l’humain.

Je sais, tu n’en crois pas tes yeux. Mais ainsi vont les affaires. Mais l’espoir est aussi là. Des citoyens résistent. Il en existe beaucoup dans le monde. Ils résistent tout en proposant d’autres chemins d’avenir.

Des chemins d’espérance où nos vies ne se résumeront pas à notre simple  capacité de consommer toujours plus. Des chemins pour nous préparer tous aux défis énergétiques, économiques et financiers. Des chemins plus démocratiques, plus solidaires, plus citoyens donc  plus efficaces.

Tu nous invites à faire un pas de côté pour mieux contempler tes richesses. Prendre le temps de rompre avec la frénésie ambiante et soigner une dépression collective où chacun cherche à donner un sens à sa vie sans le trouver.

Cher pays de mon enfance, je reste un des maillons d’une longue chaîne humaine qui souhaite  changer la vie avant qu’elle ne disparaisse. Tu peux compter sur moi.

 

Expéditeur : Patrick Jimena

Militant d’Europe écologie – Les Verts, Patrick Jimena a été le seul conseiller général écologiste de Haute-Garonne, sous l’ancienne mandature. Il s’est fait remarquer avec sa caravane en guise de permanence, lorsqu’il n’avait pas encore de bureau, boulevard de la marquette. Dimanche dernier, il a été battu au second tour des élections départementales, face au binôme socialiste.

 



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