Paris, tais-toi !

©Franck Alix/JT
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Les élections régionales semblent réellement passionner… Paris. Alors que chaque candidat démarre sa campagne, alors que les listes sont en train de se constituer, le gouvernement ne rate pas une occasion de s’immiscer dans l’enjeu régional. Manuel Valls, qui était présent au Congrès du PRG le week-end dernier, a demandé au maire de Montpellier Philippe Saurel de se retirer de la course. Ni plus ni moins. Il regrette la division de la gauche aux régionales, alors que lui-même n’a pas su être le garant de l’unité de la gauche au gouvernement. Le Premier ministre s’est mis à dos les Verts, et toute l’aile gauche de son parti avec le mouvement des frondeurs. Il ne reste plus que le PRG fidèle au poste tant que les postes sont à la clé. François Hollande a déclaré en conférence de presse, « la dispersion de la gauche, c’est sa disparition ». Mais la dispersion de la gauche aux régionales reflètent la dispersion de la gauche au niveau national. Cette campagne n’est qu’un miroir grossissant. Bien sûr, on peut toujours espérer d’un miroir qu’il arrange la réalité… Mais celui-là sera sans concession. Et ce n’est pas la manœuvre dérisoire de Jean-Christophe Cambadélis qui y changera quelque chose.

« Cette campagne n’est qu’un miroir grossissant »

Le patron du PS a eu une illumination soudaine : organiser un référendum pour demander au ‘‘peuple de gauche’’ si il est favorable ou non à une union de la gauche aux régionales. Il est déjà difficile de mobiliser l’électorat pour des scrutins qui représentent un réel enjeu, et ce serait un miracle que la participation soit haute lors des élections de décembre (les 6 et 13 rappelons-le)… Alors imaginer que des gens vont prendre la peine de se déplacer pour ce référendum, dont le résultat n’aura aucune conséquence sur la suite des évènements est plus qu’illusoire. C’est méconnaitre le peuple de gauche. Non, c’est méconnaitre le peuple tout court. Tout ça n’est qu’artifice et communication. Ce n’est pas avec ce genre d’idées que la gauche sortira de l’impasse dans laquelle elle se trouve. ‘‘Le peuple de gauche’’ est en perte de repères : entre une extrême gauche désincarnée attirée par les sirènes de Siriza mais sans leader digne de ce nom (Jean-Luc Mélenchon est devenu la caricature de lui-même et le communiste Pierre Laurent est inexistant), un PS de plus en plus libéral et les Verts qui ont le cul entre deux chaises. Les petits dérapages (contrôlés ?) d’Emmanuel Macron au gouvernement sur les 35h, sur les fonctionnaires… ne font qu’ajouter de la confusion à tout cela. Alors Messieurs Hollande, Valls, Cambadélis, et autres responsables parisiens, si vous souhaitez vraiment rendre service aux candidats socialistes en campagne, taisez-vous. Ce sera déjà un bon début. Et regardez-vous dans le miroir des régionales avec une extrême prudence. En cas de maladresse, c’est sept ans de malheur qui vous attend. Ou plutôt 6, en l’espèce.

 

 



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