[nterview] Eric Mouton : « Qu’il est difficile en politique de dire la vérité ! »

Eric Mouton
Eric Mouton veut s’imposer au centre – Photo : F.Alix/JT

Loyauté. Celui qui était le numéro 2 de Christine de Veyrac lors des dernières élections municipales prend son envol. Il est le tout nouveau président départemental d’Alliance Centriste depuis le 21 novembre dernier, et avoue qu’il y a « quelques échanges encore un peu vifs » à l’UDI 31. Un centriste qui veut dire la vérité.

Dans cette période de crise où le Front National et l’abstention ne cessent de progresser, le centre peut-il encore avoir un avenir ?

Plus que jamais. Le paradoxe aujourd’hui, c’est que le pouvoir se gagne grâce à des idées clivantes mais ne peut s’exercer qu’avec des décisions consensuelles et pragmatiques. Le socialisme et le libéralisme sont des idéologies totalement dépassées. Croyez-vous vraiment qu’Emmanuel Macron et Louis Gallois soient des socialistes ?  Pourtant, dans l’inconscient collectif le duel droite gauche reste encore une référence et le vote Front national, quoi qu’on en dise, reste  l’expression d’un ras le bol général. Notre boulot, c’est précisément d’arriver à transformer cela et à faire évoluer les mentalités. C’est difficile mais les idées que nous portons sont les seules qui permettent aujourd’hui de sortir durablement de la crise.

 

Nicolas Sarkozy veut un grand parti de la droite et du centre. Est-ce une bonne idée ?

Nicolas Sarkozy a choisi une stratégie en deux temps. Reprendre l’UMP en s’appuyant sur des idées assez “droitières” et en rouvrant des débats sociétaux extrêmement clivants. C’était nécessaire pour lui permettre de reprendre son parti. Puis, dans un second temps,  il va tenter de rallier les idées centristes en donnant des gages, comme sur l’Europe ou l’écologie qui sont des marqueurs forts pour notre famille politique. Mais il y a au sein de l’UMP des rivalités qui vont troubler le jeu. Et puis les médias vont braquer le projecteur sur le Front national, ce qui va obliger le leader de l’ UMP à “godiller”. Tout cela me paraît bien compliqué. Ce, d’autant que Jean Christophe Lagarde (nouveau président de l’UDI, ndlr) a pris position en faveur d’un candidat UDI en 2017. Enfin, nous avons en France des élections à deux tours. Pourquoi limiter trop tôt l’offre politique ?

 

Pourquoi ne pas faire de l’UDI un véritable parti, et non une fédération de partis comme c’est le cas aujourd’hui ? L’organisation actuelle ne favorise-t-elle pas une guerre des chapelles ?

À l’Alliance centriste, nous sommes favorables à la disparition des “chapelles” au profit d’un parti politique unique. Nous y travaillons avec notre nouveau Président exécutif national Philippe Folliot. Malheureusement, cette idée fait encore peur à certains. L’UDI est un jeune parti qui n’existe que depuis deux ans. Il nous faut encore un peu de temps mais nous y arriverons.

 

L’UDI 31 vit d’ailleurs de véritables querelles intestines. Comment en sortir ?

Tout comme les autres fédérations, l’UDI 31 sort de l’élection interne de son président national. Et comme chacun a été libre de soutenir le candidat de son choix, quelques échanges sont encore un peu vifs. Mais les choses vont rapidement rentrer dans l’ordre. Notre fédération a un calendrier précis et le moment venu, chacun exprimera sa position. Regardez à l’Alliance centriste 31, avec un peu de temps nous nous sommes mis en ordre de marche.

 

On remarque dans les candidatures pour les prochaines élections départementales que le MoDem a presque autant de candidats que l’UDI, n’est-ce pas une preuve de faiblesse de votre appareil ?

Je crois que l’élection départementale n’est pas une bonne référence. Sur cette élection, il semble que le maire de Toulouse ait notamment souhaité privilégier des membres de son équipe municipale au-delà de leur appartenance politique. Cela étant dit, je ne suis pas certain  de partager votre calcul car nous présentons plus de 20 % de candidats sur la Haute Garonne.

 

 ” Je vis de mon métier et pas grâce à la politique”

 

De votre côté, on avait évoqué votre nom pour des cantons toulousains ou celui d’Escalquens, n’êtes-vous pas déçu de ne pas avoir été investi ?

D’abord, je n’ai pas sollicité l’investiture de l’UDI  pour cette élection. Pour être précis, j’ai renoncé à le faire pour plusieurs raisons : en premier lieu, je préfère me concentrer sur des échéances électorales que je considère plus importantes.  Je veux privilégier une élection où les idées seront prépondérantes.  Ensuite, je  voulais  garder du temps pour le développement de l’Alliance Centriste et de l’UDI. Tout cela demande du temps et comme, accessoirement,  je vis de mon métier et pas grâce à la politique, cela demande de faire des choix.

 

Ne payez-vous pas votre fidélité à Christine de Veyrac lors de la dernière campagne municipale ?

Puisque vous évoquez cette campagne municipale, je veux tout d’abord dire qu’elle a été passionnante car elle m’a donné  l’occasion d’étudier les dossiers municipaux, leur fiabilité et parfois leur non fiabilité !! Nous avons fait campagne avec presque rien et sans appareil politique . Nous avons dénoncé le concours Lépine des promesses. Nous avons martelé que l’état de nos finances publiques était mauvais et qu’on ne pourrait pas tout faire. D’ailleurs notre liste s’appelait  “L’alternative responsable”.  Mais qu’il est difficile en politique de dire la vérité ! Concernant Christine de Veyrac, c’était un choix de loyauté. La loyauté, vous voyez, c’est précisément ce qui manque à beaucoup trop de “politiques”. Donc, si je dois assumer le fait de n’avoir pas été “à la soupe” et d’avoir respecté la parole donnée, je le fais avec fierté.

 

 

Cv Express

Cet avocat toulousain de 45 ans est un pénaliste réputé.

Fonctions : Président départemental de l’Alliance Centriste, membre du bureau de l’UDI 31, délégué UDI de la deuxième circonscription

 

 



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