Nadia Pellefigue « Je ne pense pas que l’on ait besoin de personnalités franciliennes »

Voici l’étoile montante du PS haut-garonnais. Celle qui a été barrée par son appareil, dans des conditions plus que discutables lors des dernières élections législatives, a la confiance de Martin Malvy. Vice-présidente de la région en charge de l’enseignement supérieur, des finances et de l’égalité femme-homme, elle grandit de moins en moins dans l’ombre du mentor. C’est donc aujourd’hui en pleine lumière que Nadia Pellefigue brigue l’investiture socialiste pour partir à l’assaut des prochaines élections européennes. Pour elle, rien n’est tabou. Ni l’opposition à la région, ni un parachutage annoncé aux Européennes, ni même le contexte national peu favorable à son parti…

Il y a quelques semaines le groupe d’opposition à la région, « Osons Midi-Pyrénées », a ouvertement critiqué le maintien de sites universitaires tels Millau ou Foix, et réclamé un audit sur la pertinence de certaines filières. Votre avis ?

Il faut savoir qu’il y a neuf contrats de sites signés aujourd’hui, et celui de Rodez-Aveyron qui va être signé d’ici quelques semaines va se rajouter à la liste… Ils sont les outils majeurs du SRESER (Schéma Régional de l’Enseignement Supérieur Et de la Recherche), qui a été réalisé après six mois de concertation avec de multiples acteurs sur tous les territoires de Midi-Pyrénées. L’objectif de ce SRESER était de mettre autour de la table non seulement les acteurs universitaires mais également ceux du secondaire ou des chambres consulaires. Remettre en cause ce travail de concertation, c’est donc avoir une conception de l’université qui n’est certainement pas la nôtre ! Je suis même surprise que l’on puisse pointer du doigt le contenu de certains contrats de sites dès lors que tout a été fait selon une démarche de concertation large et ouverte dont tous les élus avaient été saisis. Les membres d’« Osons Midi-Pyrénées » avaient toute liberté pour participer aux différentes instances, il est donc étrange qu’ils se mettent aujourd’hui à dénoncer cette politique.

A la Région : « Je préférerais avoir une opposition constructive »

Lors de la dernière Commission Permanente de la Région, le groupe « Osons Midi-Pyrénées » a quitté la séance et remis en cause la concession de la marque « Sud-Ouest » pour la Chine…

Là aussi, je suis décontenancée par l’attitude de l’opposition, car le sujet n’est pas tant ce qui se passe avec la Chine que le reste des initiatives qui est fait autour de cette marque par notre Région et l’Aquitaine. Je n’ai pas à porter de jugement sur les sujets choisis par l’opposition pour critiquer notre action, mais je suis quand même étonnée qu’elle ne propose pas autre chose ! De mon côté, je préférerais avoir une opposition constructive.

Martin Malvy vient d’être décoré de la Légion d’Honneur par le Président de la République. Un symbole ?

Que l’on soit dans la majorité ou dans l’opposition, je pense que chacun peut reconnaître à Martin Malvy d’avoir porté au plus haut notre identité régionale. Cette distinction est aussi la reconnaissance d’un parcours… Il y a de toute façon un lien particulier entre les électeurs de la Région et l’homme. C’est sans doute pour cette raison qu’en 2010, il fut le président de région le mieux élu de France.

Parlons de votre avenir politique. Vous avez décidé de vous positionner sur la prochaine échéance européenne. Pourquoi ce choix ?

Nous sommes pour le moment dans le cadre d’un processus interne au PS. Ce sont donc les militants qui décideront le 21 novembre prochain si je serai candidate ou pas à ces élections européennes. Je ne suis donc pas pour l’instant dans l’exercice de communication d’un projet… Cela sera fait en temps voulu par les candidats investis.

Craignez-vous pourtant un parachutage parisien pour être tête de liste Sud-Ouest à ces prochaines élections européennes ? On parle d’Emmanuel Maurel (élu d’Ile-de-France)…

Je confirme que c’est une hypothèse plausible, même s’il faut le soutien et l’investiture de la commission électorale et de la convention nationale, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui. Nous devons avoir selon moi une candidature de territoire, et je considère que l’on a ici, au-delà de ma personne, un personnel politique de talent. Je ne pense pas que l’on ait besoin de personnalités franciliennes de premier plan pour représenter les électeurs du Sud-Ouest.

Vous ne serez donc pas du combat municipal ?

Je serai, à l’instar de tous les militants toulousains, très active sur le terrain. La politique n’est pas qu’une affaire de mandats… Je vais tout faire pour soutenir mes amis du Capitole.

N’est-ce pas difficile actuellement de soutenir l’action gouvernementale quand on se situe plutôt à la gauche du PS ?

Ce qui m’importe surtout, c’est de savoir comment le contexte national est perçu par nos concitoyens. Je suis d’ailleurs choquée de ce qui s’est passé lors des cérémonies du 11 novembre. C’est un incident révélateur de l’état de la Nation. C’est très préoccupant. Force est de constater que la politique que nous menons, n’est pas bien comprise. Les Français ont le sentiment permanent d’être dans l’effort et la restriction, alors qu’ils attendaient avec l’alternance un vrai changement. Il y a donc un décalage temporaire préoccupant entre les attentes des Français et les objectifs que s’est fixé le gouvernement.

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

 

 

 

 



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