Municipales 2014: Les points chauds de l’agglo

Mars 2014 pointe le bout de son nez. L’échéance des élections municipales arrive à grands pas, et les ambitions des uns et des autres se font jour. Même si les électeurs aiment souvent la stabilité au poste de maire, il n’en demeure pas moins que des surprises sont à prévoir, et que certains duels seront à surveiller de très près. Certaines campagnes vont être mouvementées ! Votre hebdo vous révèle ces villes qui seront les points chauds de ces municipales à venir. Par Coralie Bombail et Thomas Simonian.

 

 

 

Balma 

Les électeurs oseront-ils le renouvellement ?

Les Balmanais vont retrouver en mars prochain le duel de 2008 qui opposait déjà le maire sortant Alain Fillola à son challenger Vincent Terrail-Novès. Mais cette fois-ci le contexte pourrait être différent : le fils du manager du Stade Toulousain s’est depuis implanté dans la commune, et a acquis de l’expérience politique en tant que conseiller régional et leader de l’opposition municipale. Alain Fillola sait que le combat sera plus rude, mais il l’attend…

Il y a quelques mois, Alain Fillola avait déposé une plainte pour diffamation à l’encontre de Vincent Novès : « Les propos avaient été dégueulasses ! » nous avait alors déclaré l’édile balmanais sur notre web tv. La preuve que la relation entre les deux hommes était déjà tendue… L’ambiance ne devrait pas se calmer dans les prochains mois : « La pression est sur Alain Fillola qui doit sentir que les choses vont être très, très serrées. Même des gens proches de lui le disent » avance Vincent Terrail-Novès. Si l’on analyse la sociologie politique de la ville, il s’avère que cela donne plutôt un avantage au challenger. Lors de la dernière présidentielle, Nicolas Sarkozy avait viré en tête dans cette commune… Ceci étant dit, c’est dans cette ville plutôt donc de droite qu’Alain Fillola a su se forger un brillant parcours étant réélu maire par trois fois (1995, 2001 et 2008). Un vrai gage ! Sa personnalité semble bien ancrée dans cette ville de l’agglo. Définitivement ? « Un certain nombre de Balmanais de sensibilité de gauche me disent en porte à porte ou sur le terrain qu’ils me soutiendront… » avertit Vincent Novès. Fillola/Novès, le premier round est déjà passionnant. On attend la suite avec impatience.

 

Colomiers

Impossible de vous dire ce qui va se passer

Le sortant, le socialiste Bernard Sicard, a décidé de ne pas repartir au combat et a choisi sa dauphine, l’adjointe Karine Traval-Michelet. Pourtant c’est bien dans un contexte explosif que va se dérouler cette élection, entre affaires et divisions à gauche.

Voici la ville de tous les dangers. Plantons le décor : le scrutin s’annonce sous un climat « hot » avec en fond l’affaire Bégué (un ancien adjoint pris dans une tourmente financière et attaqué par un membre du personnel de la mairie) et une division dans la majorité avec la candidature déclarée du socialiste dissident François Dumas (soutenu par un collectif de citoyens et le Front de Gauche), qui n’hésite plus à attaquer ses anciens amis : « Certaines affaires ont été rendues publiques ou popularisées par votre journal alors que jusqu’à présent l’appareil s’employait à tout cacher et tout nier » dénonce ce dernier. La surprise pourrait également venir de Patrick Jimena, le conseiller général écologiste, qui a décidé de se lancer dans la course et en mettant en exergue sa virginité au conseil municipal : « Pour bon nombre de citoyens excédés… j’incarne le vrai renouveau pour Colomiers. Ils savent que seule notre liste sera en mesure de battre la liste socialiste.» Devant une telle division à gauche, la droite commence à croire en ses chances malgré une sociologie défavorable : « Sur une triangulaire tout peut se passer ! Sur le terrain nous avons des échos favorables, et avec le PS nous avons aujourd’hui la pré-liste la plus aboutie» avance Laurent Laurier, le bras-droit de Damien Laborde, tête de liste fraîchement investie par l’UMP. Mais Laurent Laurier dénonce aussi les manoeuvres de la majorité actuelle «pour qu’il y ait une liste FN à Colomiers. Tout le monde sait qu’ils y sont favorables…» Traval-Michelet/Jimena/Dumas/Laborde, un match à quatre qui nous promet de multiples rebondissements.

Rieumes

L’avènement d’une jeune pousse ?

Depuis longtemps la vie n’est pas un long fleuve tranquille du côté de Rieumes. La gauche comme la droite se sont souvent divisées sur cette commune qui a même connu en 2011 des élections partielles suite à la démission collective de dix élus de l’opposition.

Le maire sortant, la PRG Christiane Maury, a bien du mal à contrôler ses troupes. Les socialistes se font menaçants et ont des vélléités de partir en autonomie… Ce sont même les appareils toulousains des deux formations politiques qui ont décidé de remettre de l’ordre dans la maison. Selon nos informations, le PS se rangerait finalement une nouvelle fois derrière Christiane Maury. En face, on parle de plus en plus de la conseillère générale Jennifer Courtois-Périssé : « Beaucoup de personnes m’ont demandé de me présenter à la prochaine élection, et forcément impliquée comme je le suis, je ne peux qu’y réfléchir. Si je suis  candidate, ce sera au sein d’une équipe aux multiples compétences, motivée et qui partagera avec moi le souci de faire avancer les choses », nous a répondu l’intéressée. A la lecture de tels propos nous pouvons donc envisager sérieusement une candidature de la jeune élue. « Je ne crois pas en la politisation des élections pour une commune comme Rieumes », aime-t-elle déclarer. Cela sonne comme une annonce de candidature, non ?

 

 

 

Castanet-Tolosan 

Arnaud Lafon (Modem) prêt à rempiler

A Castanet-Tolosan, le maire Modem Arnaud Lafon effectue son deuxième mandat à la tête de la ville, considérée comme un bastion socialiste. Les deux derniers scrutins municipaux, il a affronté une gauche divisée. Mais pour 2014, l’opposition socialiste se prépare à faire front uni… Cela suffira-t-il pour reprendre la ville ?

« J’y pense tous les matins en me rasant… », avoue, un brin ironique, Arnaud Lafon. S’il n’a pas encore fait de déclaration officielle, sa présence en mars 2014 fait peu de doutes. « Je m’apprête à préparer mon équipe et mon programme, mais je ne suis pas encore en campagne », signale-t-il. En juin dernier, il a lancé un appel à Europe Ecologie – Les Verts en vue d’une future coalition. Sans réponse à ce jour. Arnaud Lafon compte mener le rassemblement le plus large possible, et espère avoir le soutien de l’UMP « s’ils ne veulent pas perdre une des rares communes qui n’est pas socialiste… » Des Verts à l’UMP, le grand écart est osé… D’autant que la gauche espère également avoir le soutien d’EELV…

Cécile Payan (PS), chef de file de l’opposition municipale, avec le groupe « Castanet en mouvement », et candidate malheureuse de 2008, prépare la reconquête activement. Mais ce n’est pas elle qui conduira la liste en 2014 : « J’ai beaucoup donné ! Aujourd’hui il faut faire table rase du passé et repartir à zéro », s’explique-t-elle. C’est la raison pour laquelle elle soutiendra Marc Tondriaux, secrétaire de la section PS de Castanet, qui confirme être « candidat à la candidature » en septembre prochain. Pourrait-il y avoir d’autres prétendants en face ? « C’est possible… », répond, laconique, Marc Tondriaux. « En tout cas, nous avons une réelle volonté de nous rassembler derrière le vainqueur. Il n’y aura qu’une liste », affirme-t-il.

 

Muret

Les oppositions se disputent l’investiture UMP

André Mandement, maire actuel de Muret, a repris la ville à la droite en 2008. Si celui-ci se refuse d’aborder le sujet des prochaines élections municipales, ses opposants, eux, s’y préparent… Plusieurs personnalités de droite ont déclaré leurs intentions, mais leur division ne joue pas en leur faveur.

« Nous, on travaille », affirme sèchement André Mandement, « si tous les maires en place s’organisaient par rapport aux calendriers des élections, les mandats seraient très courts. » Une position qui sera tenue jusqu’à la rentrée : « J’ai donné consigne à toute mon équipe de ne rien dire à ce sujet avant septembre. » Ce qui ne l’empêche d’être « attentif au contexte politique muretain, qui parfois me fait sourire… »

A droite, le maire d’Eaunes, Alain Sottil, a déclaré sa candidature en décembre dernier. « Ma liste est aujourd’hui quasiment bouclée », signale-t-il. Pour l’instant étiqueté « divers droite », et soutenu par l’UDI, il espère obtenir l’investiture UMP. Mais la candidature de Laurent Jammes, vient perturber un peu ses plans. Ce dernier a reçu le soutien de l’ancien maire de Muret Alain Barrès, et celui de Laurence Arribagé, secrétaire de l’UMP 31 : « On prend acte du soutien de l’UDI à la candidature d’Alain Sottil. Nous avons, à l’UMP 31, une candidature de qualité en la personne de Laurent Jammes », a-t-elle écrit en mars, dans un communiqué. Mais depuis, le vent semble avoir tourné au sein de la fédération, qui selon nos informations seraient plutôt encline à investir Alain Sottil. Bref, un imbroglio qui ne se réglera pas par l’union des deux candidats : « Nous avons tenté le rapprochement, mais il a échoué car la constitution de la liste pose problème », indique Alain Sottil. Contacté par la rédaction, Laurent Jammes n’a pas répondu à nos questions.

 

Saint-Orens

Du rassemblement au grand écart

A Saint-Orens, les prochaines élections municipales devraient voire s’affronter une droite rassemblée contre l’union de gauche, menée par le maire actuel, Christian Sempé (PCF). Une discipline de rassemblement unique en Haute-Garonne, qui pousse le vice jusqu’au camp adverse.

Christian Sempé a déjà clarifié sa position en vue de 2014 : il briguera un troisième mandat. « Ma liste reconduira la majorité municipale actuelle, qui regroupe socialistes, verts, communistes, chevènementistes et radicaux de gauche, mais sera élargie jusqu’au centre », annonce le maire. Sans rentrer dans les détails, ce dernier affirme que « des personnalités centristes seront sur sa liste, car ils se reconnaissent dans les valeurs humanistes portées par notre majorité. » Un point qui pourrait déstabiliser la candidature de Dominique Faure (Parti radical), qui se présente au nom de l’UDI et rassemble l’ensemble de la droite, pourtant divisée en deux groupes au Conseil municipal. « Il ne faut pas oublier qu’elle était candidate UMP (aux dernières législatives, ndlr), donc elle va rassembler sur des valeurs de droite » insiste Christian Sempé.

Malgré les quelques « brebis galeuses », Dominique Faure ne s’inquiète pas : « Nous aussi on aura des socialistes sur notre liste, ce qui prouve que la campagne ne sera pas politisée et c’est une bonne chose. » L’opposition travaille en ce moment à son projet, « thèmes par thèmes et avec des propositions chiffrées», précise la candidate. Celles-ci seront distillées au compte-gouttes « pour ne pas nous nuire » à partir d’octobre prochain. De son côté, Christian Sempé ne semble pas trop pressé : « Je ne sais pas quand la campagne commencera, il faut du temps pour se préparer… »

Chaque équipe se jauge, avance ses pions petit à petit dans le jeu « Qui rassemblera le plus ? » Le premier tour devrait donc être déterminant, puisque les éventuelles réserves de voix pour le second seront logiquement épuisées.

 

 

 



2 COMMENTAIRES SUR Municipales 2014: Les points chauds de l’agglo

  1. Gold31 dit :

    Je pense qu’après 3 mandats accordés à un maire socialiste, Balma mérite mieux, c’est-à-dire le changement, enfin!”.
    C’est le moment de donner à Balma l’avenir qu’elle mérite.
    Nombre de balmanaises et de balmanais seront cette fois derrière Vincent Novès.

    La politique de François Hollande étant un fiasco. Ses élus devront en tirer les conséquences. Normal me direz-vous, pour un Président trop normal.

    Mais par dessus tout…nous pourrions dire en choeur à monsieur Fillola : “place aux jeunes!” (si toutefois ce dernier peut encore…entendre).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.