Mouvement des Jeunes pour Toulouse «La politique autrement»

Crée en février 2011, le Mouvement des Jeunes pour Toulouse rassemble près d’une centaine d’adhérents et sympathisants dont la moyenne d’âge est de 22 ans. Pour son Président, Etienne Cardeilhac Pugens, la politique et l’actuelle campagne électorale ne font pas recette auprès des jeunes. Interview.

Etienne Cardeilhac Pugens, pouvez-nous rappeler la vocation du Mouvement des Jeunes pour Toulouse ?

Rassembler les jeunes Toulousains, au-delà des partis politiques, en vue des prochaines échéances municipales. En fait, nous sommes partis d’un constat, celui que la municipalité actuelle n’a pas de véritable ambition pour la jeunesse. Nous observons ce qui est fait, ce qui ne l’est pas et réfléchissons à ce qui pourrait être fait pour les jeunes à Toulouse, sur des thématiques qui nous concernent directement tels que le logement, l’emploi, la sécurité, la solidarité… Notre association est citoyenne est se veut être avant tout force de propositions. Nous avons dernièrement lancé notre site Internet : www.m-j-t.com

Qui sont les membres du MJT ?

Si l’on compte les adhérents et les sympathisants, nous sommes aujourd’hui réellement près d’une centaine. Les membres actifs, c’est-à-dire ceux qui s’impliquent concrètement, représentent environ quinze jeunes, dont la moyenne d’âge est de 22 ans. La majorité est composée d’étudiants, mais il y a aussi des lycéens et des jeunes actifs. Cela va bientôt faire un an que nous avons créé cette association et allons prochainement, après les élections nationales, lancer une campagne de communication et d’adhésion pour toucher un maximum de jeunes Toulousains.

«Moins d’enthousiasme qu’en 2007»

Que pensez-vous de l’actuelle campagne électorale ?

Je ressens moins d’enthousiasme qu’en 2007. Je crois que les Français en ont marre des clivages politiques, des candidats qui se renvoient la balle. Ce qui intéresse les électeurs ce n’est pas, ou plus, le combat politicien, mais bien les solutions pour répondre à leurs préoccupations quotidiennes. La crise n’est pas qu’économique et sociale, elle est aussi morale. L’abstentionnisme et la poussée des extrêmes sont des messages, que nos responsables politiques, de gauche, du centre ou de droite, n’ont apparemment pas compris.

Les jeunes s’intéressent-ils à la politique ? Que disent-ils des politiques ?

Dans un contexte électoral, le sujet vient sur la table mais en règle générale, la majorité des jeunes ne parle pas de politique entre eux, surtout ceux qui ne font pas d’étude. Bien sûr, et heureusement, il y a des jeunes qui s’impliquent dans des partis, des associations ou des mouvements. En fait, je dirais que les jeunes sont plutôt dans une démarche contestataire ou de revendication. Même s’ils ne se déplacent pas en masse dans les urnes, ils sont nombreux dans les manifestions étudiantes par exemple. Les jeunes ne sont pas dépolitisés, ils conçoivent la politique autrement que leurs aînés.  Beaucoup parmi eux ne font pas confiance aux responsables politiques, on entend souvent «tous les mêmes». Ils ont l’impression de ne pas être entendus et d’être même instrumentalisés. J’entends beaucoup de jeunes dire qu’ils n’iront pas voter, et de plus en plus qui affichent leur tendance pour le vote extrême.

Le pari de la jeunesse

Ceux qui sont membres de l’association font-ils de la politique ? Pourquoi ont-ils choisi cet engagement ?

Ce qui était au départ un challenge est aujourd’hui ce qui fait la force du MJT : bien que la plupart n’ait pas d’appartenance politique, nous sommes des jeunes de droite, de gauche et centristes. En fait, notre parti, c’est un pari : LA JEUNESSE, sa fougue et son bon sens. Loin des pensées politiciennes mais déçus par les promesses non tenues, notre action, en corrélation avec  l’association Toulouse Avenir, consiste à faire entendre la voix de la jeunesse trop souvent ignorée ces dernières années… S’ils ont choisi de s’engager, c’est avant tout parce qu’ils aiment leur ville. Ensuite nous avons une devise : critiquer c’est bien, agir c’est mieux ; c’est cela notre sens de l’engagement politique.

De quelle manière s’impliquent-ils ?

Ils s’impliquent d’abord en adhérant et ensuite en participant aux réunions. Nous sommes encore une jeune association, étant partis de rien sauf de notre détermination, nous avons encore tout à construire ! Le MJT est structuré et il y a une excellente ambiance entre tous ses membres. La diversité de nos tendances politiques fait notre force. Nous débattons sur les thématiques qui concernent la jeunesse et travaillons à l’élaboration d’un projet municipal pour les jeunes que nous révèlerons en 2014.

Envisagent-ils d’aller plus loin dans leur engagement. Pourquoi ?

Je l’espère car ce serait dommage de s’arrêter quand on s’est bien engagé… Pour ma part, un parti politique m’a proposé de me présenter suppléant aux élections législatives de juin 2012. Je trouve honorable de lancer une nouvelle génération et de lui faire confiance. Je donnerai ma réponse dans les prochains jours.

Propos recueillis

par Claire Manaud



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