Monique Iborra « On ne peut plus monter des murs autour de Toulouse »

La députée socialiste de la sixième circonscription est connue pour son tempérament. Cette interview ne déroge pas à la règle… Celle qui est devenue une spécialiste de l’emploi et de la formation du temps où elle était la vice-présidente de la région dans les pas de Martin Malvy, vient de présenter un rapport parlementaire sur le sujet. Elle incite à la réforme pour sortir de la crise… Côté local, elle prend la défense de Pierre Cohen et milite pour une vision métropolitaine des transports en commun. Mais elle profite également de cette rencontre pour « régler son compte » à son suppléant Alain Mila. Cela sonne comme un avertissement.

Le PS vient de sortir un tract « 101 raisons de faire confiance à la Gauche ». Est-ce une manière de soutenir l’action du gouvernement, pourtant décriée aujourd’hui ?

Il s’agit bien entendu de dire que nous sommes pleinement socialistes et que nous soutenons donc le gouvernement. Mais il y a aussi en second plan, la volonté d’informer le citoyen. A l’assemblée nous constatons l’intensité actuelle de la vie législative, mais nous voyons bien dans le même temps, sur le terrain, et notamment sur les marchés, que les Français ont besoin d’explications.

Nous traversons actuellement une crise sans précédent. Vous venez de remettre à ce propos un rapport parlementaire sur le service public de l’emploi. Que pouvez-vous nous en dire ?

Ce rapport porte sur l’organisation territoriale de ce service public. Aujourd’hui si l’emploi est a priori une compétence de l’Etat, les collectivités locales y participent aussi activement et très largement. Il est évident que lutter contre le chômage n’est pas seulement le fait de la politique économique et sociale qui est menée par le gouvernement. Il y a d’autres pistes à explorer…

Dont celle qui vise à réformer ce service public de l’emploi et le Pôle Emploi en particulier?

Il y a dans tous les cas des marges d’amélioration importantes. Mais les choses sont complexes car cela touche à la fois la réorganisation du service public de l’emploi et à la décentralisation… Il faut savoir que comparativement à d’autres pays européens, le retour à l’emploi est chez nous beaucoup plus long. Il y a donc une gestion des lourdeurs administratives dont il faut tenir compte et qu’il faut tenter d’alléger. S’il y a un choc de simplification à faire, c’est bien dans le domaine de l’emploi.

« Je serai au moins aussi fière quand nous ferons la loi sur le non-cumul des mandats »

 

Etes-vous fière d’appartenir à une majorité qui a fait voter le mariage pour tous ?

Je suis fière de toutes les réalisations sur lesquelles le Président s’est engagé. Le mariage pour tous comme d’autres… Je serai au moins aussi fière quand nous ferons la loi sur le non-cumul des mandats.

C’est un message adressé à vos collègues députés et sénateurs qui freinent plus ou moins ce projet ?

C’est un message clair adressé à l’ensemble des élus. Le non-cumul des mandats est bien plus important à mon sens qu’une réforme d’ordre sociétale. C’est vraiment là que les citoyens nous attendent ! Il s’agira d’un signal fort de la part des élus que nous sommes, car on ne peut pas toujours dire que les réformes doivent s’appliquer chez les autres.

Côté transports, votre circonscription sera traversée par le BHNS (bus à haut niveau de service) projeté par Pierre Cohen pour relier St Cyprien à Plaisance-du-Touch. L’opposition  toulousaine est vent debout contre ce dossier. Quel est votre point de vue ?

Dans cette agglomération, il faut désormais apprendre à passer les ponts et les frontières. Je comprends ceux qui défendent la seule cause toulousaine, mais il faut à mon sens une vision beaucoup plus large. On ne peut plus monter des murs autour de Toulouse, au risque d’entraîner une opposition des territoires. Je rappelle que l’origine de l’intercommunalité est la solidarité entre les communes ; et cette dernière peut s’illustrer aussi par les transports.

Vous avez souhaité réagir à la participation de votre suppléant (l’avocat Alain Mila) à une conférence de presse du conseiller général écologiste de Colomiers, Patrick Jimena. Pour quelles raisons ?

Son rôle est de me suppléer en cas de besoin. Or, je ne lui ai jamais demandé de me représenter à cette réunion. Je lui demande donc d’être beaucoup plus précis qu’il ne l’a été vis-à-vis des médias quant à son rôle. Il fait ce qu’il veut, c’est un grand garçon, mais il le fait en son nom. Pas au mien. D’autant qu’il ne fait plus partie du PS (A. Mila est aujourd’hui adhérent du Mouvement unitaire progressiste de Robert Hue, ndlr). D’ailleurs s’il n’avait pas été au PS au moment de l’élection, je ne l’aurais pas pris en tant que suppléant. Il ne peut plus se présenter comme mon suppléant en réunion publique !

Il est vrai que le contexte politique columérin apparaît complexe …

Il est certes un peu compliqué. J’en ai déjà fait l’expérience durant la campagne des législatives, où le candidat écologiste Alain Refalo s’est vraiment placé en opposition vis-à-vis de moi. J’ai même eu plus de problèmes avec lui qu’avec l’UMP. Autant vous dire qu’à Colomiers, nous n’avons pas des Verts classiques. Patrick Jimena et Alain Refalo ont de fortes personnalités, très ancrées de surcroît … Dans cette ville l’opposition est écolo. La nier serait une aberration.

 

 

 



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