Migrants, impôts locaux, rentrée scolaire : Pierre Cohen contre attaque

Pierre Cohen ©Franck Alix
Pierre Cohen ©Franck Alix

Jeudi, le groupe PS de la mairie de Toulouse, a fait sa rentrée. L’ancien maire Pierre Cohen, aujourd’hui président du groupe d’opposition, est revenu sur les dossiers chauds du moment : les réfugiés, les impôts, la rentrée scolaire.

 

Remonté, depuis la parution du bulletin municipal ‘‘spécial impôts locaux’’ où Jean-Luc Moudenc s’explique sur la hausse de la fiscalité (en rejetant en partie la faute sur l’ancienne gestion municipale), le groupe socialiste ne compte pas en rester là. « Il consacre tout un journal pour désinformer les Toulousains ! Nous allons donc sortir un tract pour dénoncer tous les mensonges et les interprétations abusives qui sont mentionnés », annonce Pierre Cohen, qui regrette que les comptes administratifs publiés fin juin n’aient pas clos le débat. Le groupe dénonce depuis des mois ‘‘la triple peine’’ : « la hausse des impôts, l’augmentation de 10 à 15% des tarifs municipaux, la baisse des budgets de manière non différenciée, notamment pour les associations. » En cette période de rentrée scolaire, la fin de la gratuité des cantines ou encore « la hausse de 600% du périscolaire » fait particulièrement grincer des dents l’opposition. Alors que Jean-Luc Moudenc affirme que l’éducation est une priorité, les élus socialistes rappellent que « le budget alloué à l’école a baissé de 13% ». Bref, la guerre des chiffres continue…

Le sujet crucial est ailleurs : la question de l’accueil des réfugiés dans la ville de Toulouse. Jean-Luc Moudenc a tant que président de l’Association des maires des grandes villes de France a tenu une réunion mercredi dernier pour réfléchir à une « réponse coordonnée ». Ce qui lui a valu un passage dans l’émission ‘‘C’est dans l’air’’, le soir même. Sa position aujourd’hui est favorable à l’accueil, à condition que cela soit organisé par l’Etat, dans le cadre d’un plan national. « Il était très ferme au départ sur le sujet, il est revenu beaucoup plus nuancé après la réunion de mercredi », note Pierre Cohen, « mais quand on gratte, on voit bien que sa position en tant que maire de Toulouse reste la même. » Sur le fond du débat, l’ancien maire reconnait que le sujet doit rester une compétence de l’Etat, et attend les propositions du ministre Bernard Cazeneuve samedi « en présence des maires qui souhaitent le débat ».

Il appelle le maire de Toulouse à « faire preuve de volonté politique » sur ce dossier qui est un « rendez-vous de l’histoire ».  « Il faut certes une réponse républicaine de l’Etat, mais avec une dynamique des collectivités, en collaboration avec les associations qui travaillent sur ce problème depuis des années », souligne Pierre Cohen, « le maire affirme qu’il faut penser d’abord à ceux qui sont sur place, mais il a refusé une aire d’accueil pour les gens du voyage,  il a refusé la construction d’un village d’insertion… » Concrètement, quelles solutions pourraient être envisageables ? « L’Etat a annoncé une aide de 6000€ par réfugié, cela doit servir à construire des logements d’urgence, il faut également penser à l’accompagnement social, notamment la création de classes dans les écoles », répond-t-il. Sur le plus court terme, il possible de « mettre à disposition des locaux détenus par la mairie », selon lui. Autre point, « le maire doit également faire de la pédagogie auprès des citoyens pour expliquer pourquoi nous devons accueillir les migrants, encore faut-il qu’il soit convaincu lui-même… » termine l’élu François Briançon. Le prochain conseil municipal promet d’être tendu.

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.