Marie-Jeanne Fouqué et Franck Biasotto : « Nous avons déjà un bilan à défendre »

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COMPLICES. Ces deux-là n’appartiennent à aucun parti politique, mais ferraillent pourtant déjà pour un nouveau combat électoral. Ensemble, ils partent défier les socialistes sur le Canton Toulouse 6, et espèrent ainsi rejoindre les bancs de l’assemblée départementale. Ces deux adjoints de Jean-Luc Moudenc veulent créer la surprise, et misent sur la proximité.

Quels sont les premiers retours « terrain » de cette campagne départementale ?

Franck Biasotto : Contrairement à nos craintes de départ, les Toulousains ne sont pas étonnés de nous voir car nous sommes sur le terrain en permanence depuis notre arrivée au Capitole. Pour eux, voir leurs maires de quartiers en campagne pour le département ce n’est qu’un prolongement finalement logique.

Il y a donc une logique entre le mandat municipal et départemental ?

F.B : Clairement oui. Si nous sommes élus cela va nous permettre d’avoir une action globale sur beaucoup de sujets, et notamment sur le social. Nous pourrons avoir tous les leviers. Les habitants de cette ville auront peut-être ainsi un département qui ne sera plus dans les postures politiques actuelles … L’institution sera plus pragmatique.

Marie-Jeanne Fouqué : Nous aurons ainsi un éventail plus large pour répondre aux questions des Toulousains. Avec notre équipe au département, les élus seront davantage sur le terrain. Nous privilégions la proximité, à l’instar de ce que nous faisons aux côtés de Jean-Luc Moudenc au Capitole.

N’est-ce pas là l’anticipation d’une possible fusion entre métropole et département ?

MJ.F : Pas du tout ! Il s’agit en fait d’une addition de compétences qui rendent des services à tout un chacun. N’agitons pas des peurs qui n’ont pas lieu d’être.

On a tout de même le sentiment que cette campagne ne mobilise pas énormément …

MJ.F : Et pourtant je vous assure qu’il y a une mobilisation militante qui nous étonne. Nous avons un noyau d’une cinquantaine de personnes qui nous suit partout. Mais il est vrai que les gens que nous croisons ne comprennent pas grand-chose à cette réforme territoriale qui continue à entretenir le flou sur les compétences des départements.

Que proposez-vous de différent face aux candidats socialistes ?

F.B : Vous savez en dix mois au Capitole nous avons déjà un bilan à défendre chacun dans nos délégations. En face, j’ai cherché sur internet le bilan des élus départementaux, et en particulier celui de notre adversaire direct Jean-Louis Llorca … Je n’ai rien trouvé ! Cela est même frustrant car je ne sais même pas sur quoi l’attaquer (rires.) De notre côté, nous promettons donc  aux habitants de notre canton un bilan annuel de notre action. C’est un devoir, et nous tiendrons également des permanences régulières pour garder un lien direct avec les habitants.

“Nous tiendrons des permanences régulières”

Allons-nous connaître un « effet Moudenc » à l’occasion de ces départementales ?

F.B : Les Toulousains reconnaissent l’action que nous menons avec Jean-Luc. Ils ont conscience que le projet qui nous a amené à la victoire municipale est le fruit d’une écoute durant plusieurs années … Ils savent donc qu’à la mairie comme au département nous serons toujours là pour répondre à leurs attentes. Il y a une véritable méthode Moudenc.

MJ.F : À un moment où beaucoup de personnes se sentent perdues, nous offrons un véritable point de repère.

La montée du FN est aujourd’hui une réalité nationale, mais n’a jamais réussi à pénétrer réellement l’électorat toulousain. Une crainte pour mars prochain ?

MJ.F : J’avoue que sur Toulouse intra-muros je ne constate pas vraiment une progression des idées du FN. On ne connaît par leurs candidats, comment pourraient-ils être crédibles ?

F.B : Je ne pense pas que les Toulousains aillent vers le vote FN, mais je ne minimalise pas le risque. C’est un vote contestataire difficile à appréhender, et qui peut prendre diverses formes. Le meilleur remède est de rester présent dans les quartiers, et de ne pas casser le lien entre les élus et les citoyens. Si ce travail de fond n’est pas fait alors, en effet, nous laisserons la place au FN. La balle est dans notre camp. Ils savent très bien dépeindre un horizon sombre mais n’ont pas de solutions …

N’est-ce pas difficile de faire campagne alors que l’avenir des départements reste incertain ? Et avec des compétences pas encore clairement définies …

MJ.F : La misère n’attend pas que le gouvernement soit au clair sur les compétences qui seront données ou non aux départements. Les gens dans la détresse ont besoin de nous, et dès le lendemain des élections, nous serons avec eux. Je n’attendrai pas le cadre qui sera fixé par le gouvernement pour agir.

F.B : Mais à qui la faute concernant ce flou ? Ils sont incroyables ces socialistes tout de même. Ici ils n’ont pas de bilan, et en haut ils ne savent pas où ils vont. C’est ce qui pourrait d’ailleurs provoquer une forte abstention … Les gens n’y comprennent plus rien.

CV EXPRESS

Marie-Jeanne Fouqué est adjointe au maire de Toulouse en charge de l’emploi et de la réinsertion professionnelle. Elle est maire de quartier (Mirail, Bellefontaine, Reynerie), et élue métropolitaine.

Franck Biasotto est adjoint au maire de Toulouse en charge du logement. Il est maire de quartier (Saint-Cyprien, Croix-de-Pierre) et président de la commission habitat de la métropole.



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