L’UDI officiellement derrière Moudenc. En réalité, c’est plus complexe.

H.Boco, JM.Belin et L.Massat : 3 visions pour l’UDI

Dans un récent papier qui explicitait le rapprochement récent entre l’UDI et Jean-Luc Moudenc en vue des municipales, avec notamment un entretien avec Jean-Pierre Albouy (président du « Nouveau Centre »), nous avions fait une allusion au manque d’investissement évident de la direction départementale du parti centriste dans la campagne de JLM. Pourtant du côté de Laurence Massat Guiraud-Chaumeil, déléguée départementale de l’UDI, on a souhaité remettre les point sur les i : « Nous jouons pleinement le jeu contrairement à ce qui est dit. Notre fédération a envoyé un mail à l’ensemble de ses adhérents pour apporter un soutien officiel et pas seulement sur Toulouse, également pour l’ensemble des villes du département pour lesquelles il y a des accords. Nous faisons le job ; le soutien est clair, sans ambiguïté. » Sur le fait que personnellement la responsable centriste ne s’investisse pas plus dans cette campagne, la réponse est sans détours : « Je vous rassure : on ne m’a pas invitée à faire les marchés… » Comme un rappel à l’inimitié persistante entre Jean-Luc Moudenc et Laurence Massat, le chef de file UMP ayant catégoriquement refusé d’en faire une colistière : « Je trouve que Laurence Massat a eu des comportements d’une très grande déloyauté à mon égard. J’ai tiré de nombreuses leçons de ma défaite de 2008, et je ne prendrai pas sur notre liste des personnalités qui ne me reconnaissent pas en leader… Or tout me laisse penser que Laurence Massat ne me reconnaît pas comme patron » (Journal Toulousain du 31 octobre dernier). D’ailleurs la déléguée départementale regrette encore « qu’il n’y ait pu y avoir de discussions sereines avec l’UMP », Jean-Luc Moudenc ayant lui-même décidé de l’identité des représentants de l’UDI sur sa liste (Jean-Jacques Bolzan, Jean-Michel Lattes, Florie Lacroix, Jean-Claude Pellegrino). Selon nos informations, l’UDI 31 avait demandé il y a quelques mois à Paris, l’exclusion de ses cadres qui avaient apporté leur soutien à l’ancien maire, bien avant que l’investiture centriste ne lui soit donnée. C’est le cas notamment pour Jean-Jacques Bolzan et Philippe Lasterle. Ce dernier, candidat à la présidence de l’UDI31 il y a quelques mois, attaque d’ailleurs sa direction : « Je n’ai jamais eu de notification, ni orale ni écrite. Je leur demande de nous dire où en sont ces mesures. Si elles sont toujours en cours, je réclame à notre fédération de les stopper car elles n’ont plus lieu d’être ; notre parti ayant donné désormais son investiture à Jean-Luc Moudenc. J’appelle donc à une clarification. »  Une rumeur a également couru sur le cas de Jean-Marie Belin, président départemental de l’Alliance Centriste, qui s’est mis en congés de l’UDI : « Face aux menaces d’exclusion proférées dans la presse, j’ai décidé de prendre les devants », nous indique celui qui est également membre du Conseil Economique, Social et Environnemental. Il a donc demandé audience auprès de la CNAT (commission nationale d’arbitrage et de transparence de l’UDI) pour en savoir plus : « C’était du bluff ! La commission n’avait aucun document me concernant. » Suite à cet épisode, le constat est plutôt décevant pour Jean-Marie Belin : « L’UDI, quel beau parti ! Mr Iglesis, Mme Massat, qu’en avez-vous fait ? » Durant des mois, l’investiture de l’UDI avait accompagné Christine de Veyrac. Des centristes sont d’ailleurs toujours aux côtés de la députée européenne. Mais seront-ils eux-aussi visés par d’éventuelles procédures d’exclusions ? « Les choses sont calées avec Paris. On ne peut pas reprocher à des militants de continuer à soutenir une candidate qui a eu notre investiture durant six mois. En revanche, nous demandons aux colistiers issus de l’UDI de ne pas faire campagne avec notre étiquette », nous explique Laurence Massat Guiraud-Chaumeil.

« Une amicale de boulistes, sans les boules »

En coulisses, l’après municipales est déjà en préparation ; Jean-Jacques Bolzan et Philippe Lasterle ayant envoyé un courrier à leurs instances nationales pour signifier qu’un état des lieux devra être fait au plus vite, et Jean-Marie Belin de pointer du doigt, « nous n’en resterons pas là. » Certains au sein de la formation centriste militent même pour que le sénateur Alain Chatillon reprenne les choses en main avant l’échéance des élections européennes. D’autres encourageraient Jean-Pierre Albouy, le leader du « Nouveau Centre. » Hervé Boco, l’un des vice-présidents de l’UDI tente lui, de prendre un peu de hauteur, tout en contestant férocement les agissements actuels : « Afin de maintenir une vie à notre mouvement, nous avons lancé un comité de liaison militants ; il s’agit d’être sur le terrain avec nos candidats aux municipales. Pour le reste je suis attentiste mais je dirai certaines choses le moment venu… J’en ai marre d’être dans une amicale de boulistes, sans les boules. » Face à cette chronique d’une fronde annoncée, Laurence Massat reste sereine et ironise plutôt : « Rira bien qui rira le dernier… » Une manière de tourner la page avant l’heure, et de se projeter sur les Européennes : « C’est l’élection majeure pour notre parti. Nous allons avoir l’occasion de faire une campagne sympa, et de ressouder tout le monde. » Pas certain que de tels propos fassent l’unanimité.

Thomas Simonian



4 COMMENTAIRES SUR L’UDI officiellement derrière Moudenc. En réalité, c’est plus complexe.

  1. claudius dit :

    Laurence Massat a raison il n’y a aucune raison de sanctionner des militants qui de bonne foi ont suivi Christine de Veyrac. Par contre, l’UDI va-t-elle exclure Christine de Veyrac qui enfreint une nouvelle fois les décisions prises collectivement pour son seul intérêt personnel?

  2. Toulouse Libre dit :

    Y a t il un lien entre le fait que Mme Massat dise que les européennes soient sa priorité et sa candidature à la 2e place sur la liste des européennes à la place de Christine de Veyrac?

    Mme Massat a une conception assez tordue de la politique, la lit est encore chaud qu’elle veut s’y mettre!

    Ousttttt à la maison avec de telles pratiques

  3. Gold31 dit :

    Je vous invite à lire la très intéressante chronique parue ce jeudi 27 février sur Toulouse infos.
    (copier-coller le titre ci-dessous dans votre moteur de recherche pour avoir accès à l’article de Toulouse infos sur JL Moudenc) :

    Sondages Municipales Toulouse : Moudenc finira-t-il comme Balladur ?

  4. Gold31 dit :

    Je vous trouve Claudius bien sévère envers Christine de Veyrac qui a été investie si je ne m’abuse par Paris, y compris par Jean-Louis Borloo lui-même.

    Que des hommes de peu de foi, ou de peu d’honneur dans cette affaire, retournent leur veste au dernier moment, n’est pas de nature à détourner Christine de Veyrac d’un chemin qu’elle s’est tracé, avec initialement, l’accord de tous.

    Du reste, on voit bien que le départ d’un pincée de membres de l’UDI vers JL Moudenc auraient fait gagner 1 point à CDV, plutôt que de lui en faire perdre.
    Mon cher Claudius, la lâcheté des hommes n’a jamais rien pesé dans une balance. Celle-ci finit toujours par vous rattraper.
    Cela vaut aussi, en politique.

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