Line Malric : « Il ne fallait pas se tromper d’élection »

Line Malric @tran dac phatRenouvellement. Il y a un an elle était sur la liste municipale de Bernard Keller ; elle est désormais conseillère départementale (élue aux côtés du socialiste Pascal Boureau) et même vice-présidente de la commission permanente de la nouvelle assemblée. Cette PRG pur sucre avance donc à pas de géant. D’ailleurs le week-end dernier fut radieux pour Line Malric, car au même moment où elle fêtait sa victoire sur le canton de Blagnac, sa fille remportait deux médailles d’or aux championnats de France de ski corpo. Faisons connaissance.

 

Au second tour de cette élection départementale, vous avez affronté le FN et non la droite classique. Durant cette campagne avez-vous ressenti cette montée du parti de Marine Le Pen ?

On savait que le Front National était en dynamique, avec la volonté d’être très présent. Pourtant, les gens que nous avons croisés ne nous disaient pas forcément qu’ils allaient voter pour … Mais nous le ressentions. Nous devons également constater qu’en 2011, lors de la précédente campagne cantonale de Bernard Keller, les candidats de ce parti étaient invisibles. Or là ils étaient sur le terrain. Il y a donc une vraie évolution. J’ai d’ailleurs cette envie de comprendre les motivations de l’électorat du Front National. Ce parti score notamment dans des communes où les questions de sécurité ou d’immigration ne se posent pas … Il y a urgence à comprendre ce qui se passe.

 

La défiance de l’électeur vis-à-vis de la classe politique se vérifie-t-elle sur le terrain ?

Je sais qu’il est de bon ton de dire que les politiques sont décriés, mais durant cette campagne nous avons été toujours bien accueillis. Nous avons écouté, échangé, expliqué, répondu aux questions … J’ai eu plutôt le sentiment de rencontrer des gens inquiets pour l’avenir, mais qui continuent à croire en nous. Ceci étant dit, nous n’avons promis aucun miracle, et les citoyens que nous avons croisés ont bien conscience des difficultés du moment. Ils attendent de leurs élus de la sincérité et non du baratin.

 

N’avez-vous pas été perturbée par les critiques parfois violentes qui pointent du doigt le Président de la république et son gouvernement ?

On a en effet essuyé des critiques sur les questions de politique nationale, mais nous avons toujours recentré le débat sur les enjeux locaux et départementaux. On assume nos étiquettes PS et PRG, mais là c’est notre canton qui était l’enjeu. Il ne fallait pas se tromper d’élection.

 

Quels ont été les maître-mots de votre campagne ?

La proximité, la solidarité et le renouvellement. Avec mon binôme (Pascal Boureau, ndlr) nous nous présentions pour la première fois au scrutin départemental.

 

Le soutien de Bernard Keller a-t-il été essentiel à votre réussite ?

Forcément. Son image est forte sur ce canton, chacun sait tout ce qu’il a apporté. Il était donc important de montrer que nous étions dans son sillon, dans la continuité de son action. Prendre la suite ne veut pas forcément dire « tout poursuivre » … Mais c’est améliorer, compléter et faire en fonction de nos personnalités.

 

« L’omniprésence de Jean-Luc Moudenc n’a pas forcément plu »

 

Comment expliquez-vous l’échec de la droite et du centre sur votre canton ?

Ce territoire  est ancré historiquement à gauche, et il a voulu pérenniser les actions qui étaient déjà en cours. Pierre Izard et Bernard Keller ont déjà investi plus de 150 millions d’euros sur ce canton. Nous avons donc eu la chance de porter un bilan qui était bon et reconnu par beaucoup. La droite a fait l’erreur de diffuser un message qui laissait sous-entendre un rapprochement fort et dangereux avec Toulouse. L’omniprésence de Jean-Luc Moudenc durant cette campagne n’a pas forcément plu aux citoyens … Il est même venu sur le marché de Blagnac, ce qu’il n’avait pas fait depuis des années.  En réalité, la droite n’avait pas de programme.

 

N’est-ce pas étrange que sur votre canton la question de la privatisation de l’aéroport n’ait pas été au cœur de cette campagne ?

En effet on nous a objectivement très peu parlé de ce sujet. Il n’était franchement pas au cœur des préoccupations, au contraire de la question du contournement de Seilh ou du besoin de maisons de retraite par exemple. Je pense qu’il ne faut pas forcément dramatiser la problématique de l’aéroport pour le moment ; notre rôle d’élu est en revanche de rester vigilant.

 

Avez-vous été surprise de l’ampleur de la victoire de la gauche sur l’ensemble du département ?

Quand un bilan est bon, les électeurs le savent. Et en l’occurrence c’était le cas avec celui de Pierre Izard et de son équipe sortante. Les Haut-garonnais ont également été séduits par le programme que nous avons présenté. Des idées fortes, locales et pragmatiques.

 

Craignez-vous la disparition à terme du département ?

Depuis longtemps mon parti (le PRG, ndlr) soutient avec force l’échelon départemental. Il constitue un lien social très important dans une époque où beaucoup de nos concitoyens se sentent isolés … On sait ce que l’on perd, mais on ne sait jamais ce que l’on va gagner.

 

CV EXPRESS

Née le 10 octobre 1964 à Rodez (12). Elle est enseignante chercheuse à l’Université Paul Sabatier

Fonctions : Vice-présidente du Conseil départemental, élue sur le canton de Blagnac, vice-présidente du CESEL (Conseil économique social et environnemental local) de Blagnac.

 

 



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