L’Europe respire !

Alors que «les Strauss Kahn» (titre emblématique d’un livre de deux brillantes journalistes du «Monde» vendu à plus de 100 000 exemplaires !) attaquent la presse people et semblent incarner les héros d’une forme de tragédie entre forces du droit, de l’argent et destin politique jamais écrit, le Tour de France, en partant de Liège espère renouer avec les débuts de la légende Thomas Voeckler, au moment où les idoles tombent (crépuscule des dieux «footeux», Allemagne battue par l’Italie, Nadal battu à Wimbledon par le… centième mondial) et où chacun rêve de renouer avec le dernier vainqueur français (Bernard Hinault en… 1985 !) Mais c’est surtout, au-delà du paysage politique intérieur (mutation-sanction de l’ancienne Ministre de l’écologie au Commerce extérieur après un couac sur les autorisations de forage non accordés, à l’époque, par Shell) l’accession très républicaine d’un «fils de prolétaire», Claude Bartolone, à la bonne vieille tradition républicaine du cumul des mandats ; mise en musique difficile du «système Hollande – Ayrault» où il est frappant de constater, pour la première fois sous la V° République (hors cohabitation) l’application de l’article 20 de la Constitution («Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation») ; la situation européenne et son évolution qui changent la donne : mise au point d’une «union bancaire» (d’ici fin 2012) qui permettra de nettoyer le système financier, lancement de la construction d’une «union politique» et d’une union budgétaire aboutissant à la création d’un «Trésor européen» permettant avec ce minimum de fédéralisme – et non son «degré zéro» – de sortir de «cette nuit de la zone euro» (F. Hollande). Voilà une réorientation de l’Europe bien engagée grâce à un encerclement de l’Allemagne par la France, l’Italie, l’Espagne et la Commission européenne. Le journal «Libération» titrant «EURO, Hollande 1 – Merkel 0». Ainsi, faute de mieux, la crise de l’euro continuera à être traitée au coup par coup, chacun étant le dernier tiré, le sommet passé et à venir étant toujours celui de la «dernière chance». Mais dans une Europe qui respire dans ou face à la crise, l’Histoire retiendra trois événements majeurs :

1) le Parlement allemand a adopté le nouveau mécanisme européen de stabilité et le pacte budgétaire malgré les concessions accordées par Angela Merkel aux pays du Sud ;

2) «Merci, Mme La Chancelière» disent les marchés financiers qui ont clôturé en forte hausse le 29 Juin ;

3) il reste au Président Hollande, qui a obtenu de ses partenaires un pacte pour la croissance, à faire ratifier le traiter budgétaire par le Parlement et à mettre en œuvre la rigueur. A souligner que F. Hollande a obtenu une mobilisation des diverses sources financières européennes représentant 1% du PIB de la zone, ce qui, faute d’être un pas de géant, n’en est pas moins une empreinte et un signe fort sur le plan politique et symbolique, domaines que le Président de la République soigne à l’aune d’une normalité presque déjà déposée. Pour Hollande comme pour Merkel, commence à se dessiner l’esquisse de cette Union bancaire et budgétaire européenne au moment même où J.M. Ayrault va prôner son discours de politique générale – vers le «réalisme de gauche dans la normalité revendiquée» – où François Fillon annonce par twitter – décidément, les nouvelles technologies – sa candidature à la présidence de… l’UMP ; où Nicolas Sarkozy a décidément du mal à cacher aux médias que la politique le passionne autant qu’avant… sinon plus !



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