Les conséquences de Brignoles vues de Toulouse

Le FN a donc remporté hier l’élection cantonale partielle de Brignoles (Var) face à l’UMP (avec 53,9% des suffrages). Une onde de choc qui vient après un sondage publié par « Le Nouvel Observateur » et qui plaçait le FN en première position en vue de la prochaine échéance européenne. Cette montée du FN commence à faire peur, y compris à Toulouse qui comptait jusqu’à présent sur une sociologie très avantageuse pour les partis dits majoritaires, et en premier lieu le PS.

Le PS et Sébastien Vincini soucieux pour l’avenir

Pour Sébastien Vincini, premier secrétaire fédéral adjoint du PS 31, le constat est franc et cruel après cette élection de Brignoles : « Cette victoire du FN est un échec réel pour tous les partis démocrates et républicains. C’est aussi, et je ne me cache pas, l’échec de la gauche ! Il faut en prendre la pleine mesure… » Le n°2 du PS 31 analyse également ce scrutin varois de manière plus sociologique : « Dans les territoires péri-urbains, la question économique et sociale est prégnante. Les habitants ont le sentiment d’y être délaissés par les pouvoirs publics. Attention le FN est en train de surfer sur ce mal-là. » Un constat qu’il tire de son expérience d’élu à Cintegabelle : « En 2012 il y a eu un bureau de vote qui a placé le FN en tête dans ma commune. J’ai été marqué. » Quant au Front Républicain, si Sébastien Vincini reconnaît à demi-mot qu’il ne fonctionne plus vraiment, il ne veut pas remettre en cause pour autant certaines valeurs : « Je continuerai toujours à voter pour des partis démocrates et républicains. Je ne me tromperai jamais ! »

L’UDI et Raphaël Quessada interpellent Marine Le Pen

Raphaël Quessada, délégué à l’action militante au sein de l’UDI 31, ne souhaite pas plier devant les menaces actuelles de Marine Le Pen : « Le FN est bien un parti d’extrême droite, c’est évident pour moi. C’est historique et c’est notamment dû au positionnement idéologique du père de Marine Le Pen. Si elle souhaite déposer plainte contre moi, qu’elle le fasse ! Tout ceci n’est que de l’intimidation, une atteinte directe vis-à-vis de la liberté d’expression… Je ne peux pas l’accepter. Voici une manipulation médiatique qui vise à faire oublier une évidence. »

Le constat est donc là, les partis principaux semblent quelque peu sonnés au lendemain de cette défaite de Brignoles. Le temps de la remise en question est sans doute venu à la veille de la campagne municipale. La classe politique est à la croisée des chemins.

Thomas Simonian



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