L’effet Mélenchon fonctionne chez les jeunes

Comment les 18-25 ans analysent-ils la crise ?

Le «Front de Gauche» version Jean-Luc Mélenchon aime à se distinguer en menant ses campagnes. Rémi Vincent (candidat sur la sixième circonscription) a retenu la leçon. Ses «assemblées citoyennes» (réunions publiques où chacun peut s’exprimer librement) sont un succès, et samedi dernier à Colomiers, il avait décidé d’en consacrer une spécialement aux jeunes, lui qui à 23 ans montre la voie de l’engagement à la population estudiantine. Comment ressentent-ils les effets de la crise ? Comment la vivent-ils ? Autant de questions pour lesquelles l’échange a été riche, bouillonnant et passionné. Rémi Vincent était donc dans l’agora, au milieu des jeunes ayant répondu à l’invitation. A ses côtés, sa suppléante, Elsa Galataud, 40 ans, dit s’«éclater» durant cette campagne : «Il se passe quelque chose depuis la Présidentielle. Je vois tous ces jeunes qui arrivent… Je me régale à être avec vous» a-t-elle lancé.

La crise, la précarité, la société actuelle dans laquelle ils ne se reconnaissent pas ou plus, c’est un peu de tout ça qui s’est exprimé durant ce rendez-vous : «Ce monde ne fait que nous dire que nous sommes des parasites. Il impose aussi une logique de compétition entre nous» expose avec un ressenti certain une étudiante-chercheuse de l’Université du Mirail. Cette analyse est vite enrichie par un étudiant de la même université toulousaine : «Dans cette fac on nous explique même que plus tard nous ne servirons à rien. Et le plus grave c’est que l’on nous apprend à nous vendre… C’est bien la preuve que même notre système éducatif est prisonnier du capitalisme.» Si tous ces jeunes paraissent clairement révoltés, ils n’en sont pas moins lucides et semblent croire que la France n’est pas encore prête à vivre des mouvements de rue à l’instar du Maghreb, de la Grèce, de l’Espagne… et du Québec pour «coller» à l’actualité récente. Mais l’objectif est clairement pour Rémi Vincent et les siens de s’y préparer : «On tient le bon bout en faisant, comme dans les meetings de Jean-Luc Mélenchon, de l’Education populaire. Expliquons pourquoi nos drapeaux sont rouges, pourquoi nous levons le poing ou pourquoi nous chantons l’Internationale.» Le débat a ensuite logiquement abordé la question de la précarisation de la jeunesse trop souvent obligée de travailler pour financer les études, pour se soigner ou se loger.

Un étudiant en droit alerte : «Cette réalité va s’accentuer avec la mise en place de l’autonomie des universités. Les tarifs d’inscriptions vont forcément augmenter, et il y aura de moins en moins d’enfants d’ouvriers ou de classes défavorisées en fac.» Cette «assemblée citoyenne» pas encore «nationale» pour Rémi Vincent aura servi d’exutoire à une jeunesse toulousaine déjà engagée et qui se prépare pour les combats à venir. Pour le jeune candidat issu du mouvement initié par Jean-Luc Mélenchon, PS ou UMP, c’est le même combat, lui qui se dit autant déçu par exemple en Espagne par Zapatero que par la droite actuelle : «Pour le futur, notre objectif est d’amener les Français à choisir entre le Front de Gauche et l’UMP. Nous devons devenir le premier parti de gauche.» Cela passe avant tout par un bon score le 10 juin prochain sur la sixième circonscription… Mais aussi à Hénin-Beaumont face à une certaine Marine Le Pen.

Thomas Simonian



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