Le PRG ne se soumet pas au PS

Christophe Delahaye : «Nous ne sommes pas les vassaux ou les petits frères»

Jean-Michel Baylet a été candidat aux primaires du PS pour la présidentielle. Une manière de positionner habilement le Parti Radical de Gauche sur l’échiquier politique. Résultat : Des ministres au gouvernement et un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. En Haute-Garonne, Christophe Delahaye est le président départemental du parti (également conseiller régional, 1er adjoint au maire de Muret et conseiller communautaire de la Communauté d’Agglomération du Murétain). Il ne veut pas se soumettre à un quelconque «diktat» du PS et prépare déjà 2014 à Blagnac, Cugnaux, Grenade et Toulouse entre autres. Quant à ses ambitions personnelles, et notamment sur Muret, silence radio pour l’instant. Qui ne dit mot consent ?

Comment jugez-vous la présence de votre parti au sein du gouvernement Ayrault ? A sa juste place ou insuffisante ?

Nous étions déjà représentés dans la première mouture de ce gouvernement, et cela a encore évolué dans la deuxième… Avec la nomination d’Anne-Marie Escoffier à la décentralisation et celle de Sylvia Pinel, nous pouvons compter sur deux «régionaux» dans ce gouvernement, ce qui est très important pour nous. C’est une bonne représentation.

Les mauvaises langues disent que vous êtes surreprésentés dans certaines instances au vu  de l’importance réelle du PRG ?

C’est faux, et d’ailleurs le PRG a présenté de nombreux candidats lors des dernières élections législatives. Mais nous sommes peut-être moins médiatiques que d’autres, et nous ne présentons des candidats que là où nous sommes représentatifs et là où nous sentons que c’est utile. Nous avons un groupe solide à l’Assemblée nationale et un groupe au Sénat qui compte notre président national.

En Haute-Garonne, sur dix circonscriptions, n’y avait-il pas de place pour un candidat PRG ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’accords avec le PS ?

Nous avions un accord global et national avec le PS. Notre objectif premier était que la gauche remporte la Présidentielle et les législatives. Pas question pour nous de «semer» le trouble avec nos amis socialistes ici… Mais nous avons fait le choix de soutenir Alain Fillola sur la troisième circonscription, le choix d’un candidat «local». C’était le meilleur pour gagner ! Il avait le bon profil pour permettre à la gauche de «prendre» une circonscription découpée par la droite. Ceci étant dit, nous avons «joué le jeu» entre les deux tours, en soutenant François Simon.

Ce découpage semble vous «déranger» ?

C’est scandaleux ! Quand vous «découpez» la moitié d’une rue pour qu’elle aille dans une autre circonscription, c’est aller loin pour se préserver un petit pouvoir. Il faut revenir à davantage de démocratie. Le vrai problème, c’est la mise en place d’une dose de proportionnelle. Nous éviterions ainsi ce «trifouillage» territorial et les accords électoraux entre partis. Il faut absolument une représentativité de tous les courants politiques français.

Au risque de favoriser le Front National ?

Vous savez, à force de vouloir le marginaliser, nous le rendons encore plus fort. On se trompe de discours. La preuve : les résultats des dernières élections.

Est-ce facile de diriger le PRG en Haute-Garonne, en étant à côté de l’ogre PS ?

Oui car nous sommes une vraie force locale, et nos partenaires le savent. Nous avons un certain nombre de militants et un vrai maillage d’élus. Nous sommes représentatifs avec des sénateurs, des élus généraux et régionaux, une dizaine de maires et une centaine d’adjoints ou conseillers municipaux. Cela nous assure une certaine stabilité, qui nous permet de ne pas avoir peur… Nous ne sommes pas les vassaux ou les petits-frères et nous avons des idées bien arrêtées.

En 2014, quel sera le rôle du PRG pour les élections municipales ?

Nous allons tout faire pour maintenir nos positions, notamment sur Toulouse et Muret où nous avons des adjoints. Il va s’agir également de parler librement et ouvertement avec nos partenaires pour préparer cette échéance, et surtout de l’avenir de villes comme Blagnac, Cugnaux ou Grenade. Ce sont des radicaux qui gèrent ces grandes villes et certaines questions y sont posées par certains, pour nous il n’y a pas de remise en question qui tienne !

Ambition sur Muret : «Je ne fais pas l’innocent»

Et à Muret il n’y a pas de questions qui se posent ?

Non pas pour l’instant…

Pas pour l’instant ?

Je ne fais pas l’innocent, mais nous aurons en temps voulu des discussions en interne.

Vous l’élu de la CAM (Communauté d’agglomération du Murétain), pouvez-vous nous donner votre point de vue sur l’évolution du dossier de la Métropole ?

C’est en effet une question centrale car l’avenir des collectivités territoriales se «joue» en ce moment. Quelle est la taille de la Métropole ? Quelles sont ses domaines de compétences ? Par exemple sur le territoire murétain, la question va en effet être prégnante. Nous sommes limitrophes à l’agglomération toulousaine, comme l’est le SICOVAL. Il y a des communes comme Portet-sur-Garonne, Roques-sur-Garonne, Labège, Ramonville… qui ont aujourd’hui à répondre à cette question. Et ce de manière claire. En revanche, mon opinion est que Muret a sa place dans une intercommunalité, pas forcément dans la Métropole. Mais cela dépendra des futures compétences des uns et des autres, et de la fiscalité proposée…

Thomas Simonian

 



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