Le meeting de François Bayrou à Toulouse «Le moment est venu»

François Bayrou et Philippe Douste Blazy

Le candidat à la présidentielle François Bayrou était à la Halle aux Grains le 10 mars dernier pour un meeting qui a rassemblé notamment des figures locales telles que Philippe Douste-Blazy et René Bouscatel. A moins de deux mois de l’échéance, le leader centriste croit encore que tout est possible malgré des sondages qui stagnent entre 11% et 15%.

C’est une Halle aux Grains aux accents «festayres», avec une banda sur-motivée, qui a accueilli le candidat centriste à Toulouse. Comme si l’ambiance voulait symboliser une campagne «terroir», proche d’une France profonde. Comme si François Bayrou voulait vraiment être cet «homme de France» dont nous parlait la semaine dernière dans nos colonnes le maire MoDem de Castanet-Tolosan, Arnaud Lafon. A la tribune, c’est Philippe Folliot, député du Tarn, qui a introduit la soirée : «François Bayrou est le seul dans cette campagne à dire la vérité.» Puis, la scène a fait la place à un retour attendu, celui de l’ancien maire de Toulouse, Philippe Douste-Blazy, qui a expliqué devant les Toulousains son ralliement surprise à la candidature Bayrou : «Je reconnais mon erreur» a-t-il lancé. En effet, souvenons-nous qu’en 2002, c’était lui qui avait encouragé la quasi totalité des parlementaires centristes à quitter la feu UDF présidée alors par François Bayrou. Une opération qui visait à l’époque, à créer l’UMP organisée autour de Jacques Chirac. La presse avait même parlé de trahison au sujet de cette manoeuvre. De l’eau a coulé sous les ponts… Car depuis, Nicolas Sarkozy a pris le contrôle de l’UMP, puis de l’Elysée.

Meeting François Bayrou à Toulouse

Douste-Blazy : «Sarkozy, électoralement c’est une cause perdue !»

Et aujourd’hui, le centriste Douste-Blazy, conseiller à l’ONU, ne se retrouve plus, dit-il, dans une supposée droitisation opérée par son ancien parti. Mais n’est-ce pas le personnage Sarkozy lui-même qui est devenu sa cible numéro un ? Son discours est sans ambiguïté sur le sujet : «Nicolas Sarkozy ne parvient plus à s’imposer. Il a déjà perdu ! Votez Sarkozy n’est plus un vote utile. Electoralement c’est une cause perdue !» Pour cette campagne, Philippe Douste-Blazy est devenu l’un des porte-parole les plus actifs de François Bayrou. Il multiplie les passages télé et radio, et présente un soutien sans faille. A la tribune, et en regardant le leader du MoDem, il s’exclame enthousiaste : «Chers amis, je vous présente le prochain Président de la France.» Puis, devant un parterre d’élus parmi lesquels nous pouvions noter la présence du Président du Stade Toulousain, René Bouscatel, le troisième homme de la dernière présidentielle a entamé son allocution par un message personnel concernant le lieu qui accueillait la soirée : «Ici c’était la Halle aux Grains… et sous la Halle aux Grains de Toulouse, il y avait de petits marchands de grains venus du Béarn… C’étaient mon grand-père et mon père…» L’occasion, une nouvelle fois pour François Bayrou, de rappeler son histoire et son ancrage aux valeurs du Sud-Ouest : «C’est un tempérament, une manière d’être, une manière de vivre.» Beaucoup reconnaissent dans le leader centriste son langage de vérité, lui qui avait fait de la dette publique, l’un de ses axes de campagne… en 2007. En 2012, la tonalité n’a pas changé, la crise est désormais là, et les faits semblent conforter le propos qu’on lui connaît : «La France se trouve accablée par une dette dont nous devrions avoir honte devant les plus jeunes. C’est notre responsabilité que de proposer à ce pays un chemin pour s’en sortir.» Malgré des sondages qui stagnent pour le moment (entre 11 et 15% selon les instituts), François Bayrou croit encore que tout est possible dans cette élection, et à l’instar de Philippe Douste-Blazy, le premier adversaire est tout désigné : «Je vous propose quelque chose d’extrêmement simple : écarter au premier tour le candidat de la division et écarter au deuxième tour le candidat de l’illusion… Ecarter au premier tour Nicolas Sarkozy, et écarter au deuxième tour François Hollande.» Pour réussir son pari, François Bayrou mise sur cet électorat de centre-droit qui ne veut plus de Nicolas Sarkozy, et qu’il souhaite voir revenir en son sein. Le message est clair : il est le seul recours possible pour battre François Hollande au second tour. Les récents malaises apparus lors des congrès du Nouveau Centre d’Hervé Morin et du Parti Radical de Jean-Louis Borloo lui permettent de lancer un appel aux militants et élus de ces partis : «Je dis que le moment est venu, pour toutes ces femmes et tous ces hommes, de ne pas rester simplement dans la réticence, dans le regret ou dans la protestation. Il est temps qu’ils aillent au bout de leurs convictions !» François Bayrou s’est auto-proclamé «idéaliste» durant ce meeting. Nous saurons les 22 avril et 6 mai prochains s’il l’est vraiment.

Thomas Simonian



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