Le lobby occitan en action

drapeau-occitanCette semaine, dans le Journal Toulousain, la rédaction s’est intéressée aux lobbies qui pèsent à Toulouse. En bonus de l’enquête paru dans l’édition papier (le 5 février dernier), voici des précisions sur un réseau d’influence non-négligeable, partie intégrante de l’identité toulousaine : les acteurs de la culture occitane.

 

A Toulouse, le réseau occitan est puissant. 85 associations sont regroupées au sein de Convergéncia Occitana pour défendre la culture et la langue occitane. Et les effets sont visibles. A commencer par la maison de l’Occitanie, rue Malcousinat. « C’était notre première revendication, avoir un lieu », raconte Jean-François Laffont, président de Convergéncia Occitana  Promis par Philippe-Douste Blazy, c’est finalement Jean-Luc Moudenc qui leur accorde en 2006, avec le soutien financier des Conseils général et régional. « Un consensus politique », se réjouit Jean-François Laffont, qui assure avoir d’excellentes relations « avec les hommes politiques locaux, de gauche comme de droite, car ils ont compris qu’il n’y avait pas de danger à développer la culture occitane. Contrairement aux anciennes générations qui avaient honte de leur accent… » Parmi les victoires notables, on note les noms des rues en occitan, la voix qui annonce les stations dans le métro, et qui va bientôt être étendue dans le tramway, «  une promesse de la nouvelle municipalité ». Lors de la campagne municipale, Convergéncia Occitana  a réussi à faire signer aux deux candidats Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc leurs 35 propositions. Actuellement, alors que la campagne des départementales est en cours, le réseau associatif s’affaire à rencontrer les différents candidats pour connaître leur implication dans la défense de la culture occitane. « Nos actions sont à la fois politiques et culturelles », reconnait le président de Convergéncia Occitana, qui organise tous les mois des sortes de diner-débat où sont invités à chaque fois des personnalités politiques ou issues du milieu économique. Prochain évènement de taille organisé par ce collectif est « un grand colloque débat sur la fusion des régions où il y aura le maire de Montpellier, Philippe Saurel, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, des députés, les candidats aux élections régionales », annonce-t-il, déterminé à s’impliquer sur ce sujet car « il est évident que la culture occitane est le socle de notre identité commune ».

«C’est un sujet non conflictuel» 

Au niveau politique, le Partit occitan œuvre également pour la cause. En relation étroite avec le milieu associatif, Jean-François Laffont souhaite tout de même faire la part des choses : « Le parti occitan est une formation de gauche, souvent affiliée avec les écologistes alors que nous, nous ne sommes pas un collectif politisé. » Il n’empêche, Guilhem Latrubesse, secrétaire fédéral du parti et conseiller régional Midi-Pyrénées est un ancien membre de Convergéncia Occitana… Mais l’élu a conscience que la question occitane dépasse le clivage droite-gauche : « Nous travaillons avec les autres partis politiques, c’est un sujet non conflictuel », reconnait-il. Pour preuve, l’association des élus occitans, qui regroupent les élus régionaux de toute tendance mobilisés sur le sujet. « Jean-Michel Lattes (adjoint à la mairie de Toulouse, ndlr), par exemple, est un élu de droite très engagé pour l’occitan », avoue Guilhem Latrubesse.

L’objectif principal de tous ces militants pro-occitan : « Sauver la langue, car selon l’Unesco une langue parlée par moins de 30% de la population est en danger d’extinction, et nous sommes à 14%… », révèle Jean-François Laffont. Pour y remédier,  les institutions favorisent la création d’écoles bilingues « qui concernent près de 70 000 élèves en Midi-Pyrénées », souligne l’élu régional. A Toulouse, « la municipalité s’est engagée à ouvrir une école bilingue chaque année du mandat », rappelle le président de Convergéncia Occitana.



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