Le leader de «La Gauche moderne» prêt à reconstruire le centre : Jean-Marie Bockel ; «Je ne m’interdis jamais le devoir de lucidité»

Sandra Mourgues et Jean-Marie Boqckel

Lui, l’ancien «éléphant» du PS mais aussi ancien ministre de Nicolas Sarkozy est à l’origine de la création de «La Gauche moderne», parti devenu désormais essentiel sur l’échiquier si fragile du centre. Venu à Toulouse pour soutenir sa responsable départementale Sandra Mourgues (et son suppléant «radical» Philippe Devise), candidate sur la quatrième circonscription, Jean-Marie Bockel nous a accordé un entretien. L’occasion d’aborder avec lui la future recomposition de la droite et du centre qui «aura forcément lieu après les élections législatives. Il y a eu défaite, nous devons en tenir compte !»

N’est-ce pas un peu compliqué de mener cette campagne législative alors que tout le monde sait que nous assisterons à une recomposition de l’UMP et du centre après le 17 juin ?

Convenez que le calendrier s’impose à nous, et convenez que c’est également compliqué à l’UMP d’être obligé de reporter à plus tard un certain nombre d’explications, mais ils y parviennent… Vous savez, c’est toujours plus facile d’avoir des échanges politiques dans une même famille au lendemain d’une victoire plutôt qu’après une défaite telle que celle que nous venons de vivre. Nous aurons donc dès la conclusion de cette échéance législative une réflexion collective sur la manière dont nous devrons nous structurer après… Mais aujourd’hui, par la force des choses, nous devons mener cette campagne des législatives, et nous avons de quoi dire sur nos désaccords avec la nouvelle majorité présidentielle. Nous devons souligner les invraisemblances et les promesses qui ne pourront être tenues.

Mais croyez-vous sincèrement à une victoire de la droite et du centre ?

Je ne m’interdis jamais le devoir de lucidité. Ce n’est pas en effet l’hypothèse principale. Je ne désespère pas, mais nous pouvons aussi estimer qu’il y ait une logique institutionnelle qui fasse que les Français veuillent donner une majorité au nouveau Président. Je ne veux donc pas être dans la «langue de bois». Il faut se battre pour être demain une forte minorité, et ne pas être «écrasé». Sans exclure la possibilité d’avoir une bonne surprise. Il va y avoir des débats importants au Parlement, des votes et des rapports de force. Nous devrons peser et être une force de propositions. Ce sera important pour préparer les futures alternances. Pour tout cela, nous allons tout mettre en œuvre pour réussir ces prochaines élections législatives.

«Il ne faut pas s’interdire d’avoir des primaires entre nous au premier tour»

Mais de quelle manière le centre peut-il être présent sur ces législatives ?

Pour pouvoir participer à une quelconque reconstruction à venir, il faut d’abord être dans la bataille, sans se nuire les uns les autres, entre UMP et centristes. Dès que nous avons un sortant, nous devons éviter les candidatures multiples. S’il n’y a pas de sortants et que nous sommes uniquement en situation de conquête, ce qui est le cas en Haute-Garonne, il ne faut pas s’interdire d’avoir des primaires entre nous au premier tour… Nous verrons ensuite qui sera qualifié pour le second. Si le candidat centriste est alors en tête, nous n’imaginons pas que celui de l’UMP ne le soutienne pas au second tour et vice versa. Ce système de primaires permet de faire éclore de nouvelles personnalités pour les échéances futures. Il faut toujours se «faire les dents» sur les combats qui ne sont pas gagnés d’avance.

L’avenir de votre mouvement «La Gauche moderne» ?

La «Gauche moderne» sort de cette campagne présidentielle avec une vraie crédibilité. Nous avons été partie prenante de cette campagne, nous avons été dans la bataille et avons bénéficié d’une vraie visibilité. Mais nous restons un parti modeste, et notre avenir n’existe que dans une alliance avec d’autres… D’où notre engagement dans une reconstruction du centre, qui ne doit pas et ne peut pas disparaître.

Après le 17 juin que pourrait-il se passer au centre de l’échiquier politique ?

Le Nouveau Centre d’Hervé Morin ne sort pas renforcé de cette période et vit des divisions importantes, les Radicaux avec le désistement de Borloo sont en plein questionnement, l’ARES (Alliance républicaine écologique et sociale) que nous avions collectivement créée pour fédérer les forces centristes est en grande difficulté… Tout cela laisse complètement ouverte la création d’un vrai centre en France.

 Propos recueillis Par Thomas Simonian

Sandra Mourgues sur la 4e

«J’ai profité de la venue de mon président national à Toulouse pour annoncer officiellement ma candidature sur la quatrième circonscription. Je suis une candidate proche des préoccupations de mes concitoyens, engagée sur le terrain. Je ne suis pas là pour faire de grandes théories, mais pour résoudre des problèmes très concrets. Je vais porter les valeurs centristes durant cette campagne, en abordant les thématiques de la diversité sur les quartiers sensibles de cette circonscription, de l’artisanat ou des PME qu’il faut soutenir et encourager pour développer l’emploi.»



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