Le FN veut «troubler le jeu» à droite ; Serge Larroze «Nous pouvons être devant l’UMP»

Serge Larroze

Le responsable départemental du Front National espère créer la surprise dans certaines circonscriptions. Les 3e, 5e, 7e et 10e sont ciblées par le «Rassemblement Bleu Marine». Et Serge Larroze attend avec impatience le discours de Jean-Luc Moudenc à l’encontre de son parti entre les deux tours.

Depuis l’arrivée de Marine Le Pen à la tête de votre parti, n’êtes-vous pas à un tournant de l’histoire du Front National ?

Le fond, le programme, les idées, les analyses n’ont pas changé… Marine a fait évoluer la vitrine. Elle est plus jeune, peut-être plus ouverte, et contribue à donner une nouvelle image à notre mouvement. Mais n’oublions pas le formidable travail de son père, Jean-Marie, qui a toujours su faire face à une diabolisation souvent outrancière.

N’avez-vous pas fait le jeu de François Hollande durant l’élection présidentielle ?

Absolument pas. Nous avons toujours contesté le système UMPS. Il n’y a plus de divergences entre eux sur l’essentiel : immigration, insécurité, Europe etc. Y a-t-il eu des changements profonds lorsque nous sommes passés de Mitterrand à Chirac ? Ils se battent uniquement pour avoir le pouvoir, et non pour défendre nos intérêts. Nous ne sommes plus aujourd’hui dans un clivage droite-gauche, mais dans un clivage Nation-Europe. Au FN, nous avons choisi notre camp !

Pourquoi un tel affrontement avec le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ?

C’est Mélenchon qui nous affronte, pas l’inverse ! Ils sont tout ce que nous ne sommes pas… Communistes et immigrationnistes. Par ailleurs, ils sont pour une économie d’Etat avec des nationalisations en pagaille, nous non. De notre côté, nous défendons l’idée d’un Etat garant, avec des services publics performants, mais en prenant en compte que l’entreprise reste privée et individuelle.

Les socialistes ont promis le droit de vote aux étrangers pour les élections locales. Nous devinons votre position…

Bien entendu, nous sommes opposés à une telle disposition. Le droit de vote est l’apanage du citoyen français. Et puis ne soyons pas naïfs : on nous parle aujourd’hui des élections locales mais c’est mettre le petit doigt dans l’engrenage. Cela veut aussi dire que le vote des étrangers influera sur les futures sénatoriales.

Vous êtes candidat vous-même sur la 7e circonscription. Avec quel objectif ?

Je souhaite être présent au second tour. Nous l’avons montré aux cantonales, nous pouvons être devant l’UMP !

Vous attendez quelque chose de l’UMP ?

On attend les chefs de l’UMP, Jean-Luc Moudenc ici, pour connaître leurs discours d’entre les deux tours. Surtout si sur certaines circonscriptions le FN se place devant l’UMP. Iront-ils à l’encontre de l’opinion de leur base ? Ils prendraient un gros risque.

Propos recueillis par Thomas Simonian



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