Le candidat et son directeur de campagne… Unis et amis

La Politique, c’est aussi ça !

Et si nous avions trop parlé des candidats durant cette campagne ? Possible, mais ce sont eux qui sont sous les feux des projecteurs… Ce sont eux qui seront peut-être au Palais Bourbon le 17 juin au soir. Mais pour atteindre le Graal de la représentation nationale, pour mener une campagne de terrain efficace ou pour définir une stratégie politique, il faut une équipe structurée autour du candidat. C’est ainsi que le rôle peu médiatisé du directeur de campagne reste clé pour mener une élection. Votre hebdo vous fait découvrir l’envers du décor.

Nous sommes sur le parking de la piscine municipale de Colomiers. Une caravane aux couleurs du candidat écologiste Alain Refalo (6e circonscription) en impose…  Patrick Jimena nous y attend à l’intérieur. Un décor atypique pour un entretien, à l’image de ce directeur de campagne peu conventionnel puisqu’étant lui-même conseiller général. Mieux, il est l’élu surprise de l’année dernière. Il est celui qui a su «faire tomber» un bastion socialiste : «Un petit séisme politique d’après ce que j’entends encore un an après…» plaisante l’intéressé. Pourtant si son exploit continue à intéresser les médias, il s’efface le temps de cette échéance législative pour mettre en scène son ami Alain Refalo : «J’ai envie de participer à l’élection d’Alain qui était mon directeur de campagne pour la cantonale. Comme je milite pour un système où la réciprocité doit régner, mon rôle durant cette campagne est donc cohérent avec ma démarche. Et puis, j’ai la plus haute estime pour Alain et ses combats.» Une allusion non déguisée au résistant pédagogique qu’est l’instit’ Refalo au sein du «Mammouth» Education nationale. L’amitié… C’est aussi le trait d’union qui lie le candidat centriste de la dixième circonscription, Jean-Pierre Albouy, à sa directrice de campagne Anne-Marie Naboulet qui s’enthousiasme d’avoir été entraînée dans l’aventure de cette élection législative : «On se connaît depuis 35 ans avec Jean-Pierre. Nous avons fait nos études musicales ensemble au conservatoire de Toulouse. C’est donc forcément drôle d’analyser ce parcours qui nous amène aujourd’hui à travailler sur cette campagne…» Là aussi, voici un tandem pour le moins atypique en politique. Lui c’est l’ancien patron du «Havana Café» (lieu mythique de la culture toulousaine), professeur de musique reconnu, qui a décidé désormais de faire partager ses valeurs via la politique. Elle, a l’âme d’une artiste… Aujourd’hui sculptrice de renom, elle n’en a pas oublié pour autant un passé qu’elle met au service du candidat centriste : «En parallèle de ma vie artistique, j’ai fait des études de droit et de sciences politiques qui m’ont amenée à avoir des postes de direction dans des mairies et des communautés d’agglomération. La pratique politique a été mon quotidien durant des années.» Nous aurons donc compris que pour que la relation entre le candidat et le directeur de campagne fonctionne, le tout avec l’élection en ligne de mire, la confiance entre les deux doit être totale. Mais au fond, quel est le rôle de ce fameux directeur dans le dispositif ? Patrick Jimena, à sa manière, nous donne une définition toute personnelle : «Un musicien qui dirige une partition se dessinant dans un groupe… Mais à mes côtés j’ai un super soliste qu’est Alain Refalo, capable d’écrire lui-même de superbes partitions.» De manière plus concrète et moins métaphorique, le directeur de campagne est celui qui définit la stratégie avec le candidat, qui sait fédérer et animer les énergies militantes, qui structure et planifie les actions à mener… : «Je veille à la qualité des relations entre les uns et les autres, je porte une vue globale sur la campagne et je fais partager mon expérience.» complète Patrick Jimena. La motivation et la personnalité du candidat comptent pour beaucoup dans l’investissement de son directeur de campagne : «Jean-Pierre s’est toujours beaucoup investi dans la vie associative, dans l’humanitaire ou le culturel… De ce point de vue-là, la chose publique lui est familière.» commente Anne-Marie Naboulet, qui supervise cette campagne depuis le Limousin profond : «Je fais des allers retours, mais nous faisons deux à trois points par jour. Cette distance nous permet de réaliser une campagne qui sort des sentiers battus.» Vous l’aurez compris, de la sixième à la dixième circonscription, de Patrick Jimena à Anne-Marie Naboulet, nous avons affaire clairement à des visions généreuses et passionnées de la politique. Sont-ils là pour gagner ? Certainement… Mais leur objectif est ailleurs pour celui qui dirige la campagne d’Alain Refalo : «Il s’agit de ne pas faire l’impasse sur ce qui fait le quotidien des gens. Si l’homme a besoin de fers de lance, de leaders, il faut que ces derniers sachent organiser la décision politique autrement que via la mise en place d’oligarchies locales.» Candidats et directeurs de campagne, ces deux exemples sont le symbole de relations inscrites pour la vie. De temps en temps la politique signe de belles histoires.

Thomas Simonian



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