Laurence Massat Guiraud-Chaumeil « Nous souhaitons regagner du terrain sur l’ensemble du département »

La semaine dernière elle était attaquée dans le JT par l’ancien maire Jean-Luc Moudenc. Laurence Massat Guiraud-Chaumeil fait preuve de caractère, et répond. Défendant la bannière centriste, elle regrette donc être la cible de l’UMP 31, et se projette déjà dans l’avenir… Elle réagit également à l’union nationale entre son parti et le MoDem, ainsi qu’à ses répercussions locales. Une interview dans laquelle elle épingle aussi tous ceux qui à Toulouse ne veulent pas suivre les décisions nationales de son parti.

 

« L’Alternative » est donc le nom donné à l’union entre l’UDI et le MoDem. Vue de Toulouse, est-ce une nouvelle donne pour l’échiquier politique français ?

C’est dans tous les cas une excellente chose, et ici à Toulouse nous en avons été en quelque sorte les précurseurs. Cela fait deux ans que les responsables de l’UDI et du MoDem discutent et agissent ensemble… Nous étions ici collectivement convaincus que le centre avait un rôle à jouer, et qu’il ne pouvait plus continuer à se permettre d’être morcelé.

L’UDI + le MoDem, c’est le retour de feu l’UDF ?

En termes de marketing politique, et en faisant un raccourci, la réponse est oui. Beaucoup d’électeurs sont d’ailleurs orphelins de ce que représentait jadis l’UDF. Mais il n’en demeure pas moins qu’on ne regarde pas dans le rétroviseur, on regarde devant !

Malgré le rapprochement national Bayrou-Borloo, le dialogue paraît tout de même compliqué avec le MoDem 31 qui a décidé de ne plus soutenir votre candidate aux municipales, Christine de Veyrac…

Pas du tout. Nous n’avons jamais cessé de dialoguer avec le MoDem 31. La preuve, nous avons déjà des accords politiques dans de nombreuses villes du département. L’UDI soutient par exemple Arnaud Lafon à Castanet-Tolosan ou Eric Gautier à Portet-sur-Garonne, et le MoDem soutient Jean-Louis Cesses à La Salvetat-Saint-Gilles… Reste qu’à Toulouse, comme dans toutes les grandes villes, le schéma est un peu particulier, mais le dialogue est permanent. Le lien n’est pas coupé. Nous nous voyons d’ailleurs dans quelques jours car le cas toulousain n’est absolument pas clos. Laissez donc l’UDI et le MoDem toulousains discuter désormais tranquillement dans le cadre de cette nouvelle alliance nationale.

« Nous venons de demander des sanctions disciplinaires à l’encontre de Jean-Marie Belin »

Mais l’UDI est également divisée en interne sur la question des municipales à Toulouse. Le président régional du Parti Radical Jean-Jacques Bolzan, comme d’ailleurs l’équipe dirigeante d’Alliance Centriste semblent ne pas vouloir suivre votre ligne politique, non ?

Nous n’avons jamais empêché quiconque de penser différemment. Nous avons juste demandé, et cela a été adopté à l’unanimité par notre bureau départemental, que toute initiative personnelle soit prise sans y adosser l’étiquette UDI. Aujourd’hui il y a une candidate investie par notre parti qui est Christine de Veyrac. Donc toute position contraire à la décision prise par nos instances nationales est illégitime. C’est pour cela que nous venons de demander des sanctions disciplinaires à l’encontre de Jean-Marie Belin (Alliance Centriste, ndlr). Paris a été saisi du comportement politique de certains, et cela ne leur plaît pas plus qu’à nous. Certaines personnalités jouent contre leur propre camp, et ne sont pas à même de représenter l’UDI.

L’objectif de l’UDI 31 reste-t-il d’avoir des élus aux prochaines élections municipales ?

Bien entendu, mais Toulouse n’est pas non plus une fin en soi, même s’il y a une forte valeur symbolique dans la quête du Capitole. Nous souhaitons regagner du terrain sur l’ensemble du département, car s’il y a 69 élus municipaux à Toulouse, il en reste tout de même près de 6000 sur l’ensemble de la Haute-Garonne…

Quid de vos relations avec l’UMP ?

L’UMP est aujourd’hui dans une posture populiste, et elle n’est plus l’incarnation de la droite et du centre réunis. Elle est redevenue un vrai parti de droite, avec notamment le discours de Jean-François Copé sur le droit du sol. C’est bien pour cela que l’UMP, autant nationalement que localement, observe d’un mauvais œil le mariage entre l’UDI et le MoDem. Ils savent très bien qu’un centre fort et recomposé va de nouveau peser dans l’avenir. D’ailleurs je pense que certains modérés et humanistes de l’UMP, la tendance Raffarin par exemple, vont commencer à se poser des questions. Ceci étant dit, notre adversaire reste le PS, et notre allié naturel l’UMP ; nous souhaitons simplement faire entendre une autre voix dans l’opposition.

Pourtant, la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, Jean-Luc Moudenc ne vous a pas ménagée…

C’est bien dommage, et c’est même regrettable que l’UMP 31 puisse nous considérer comme des ennemis. D’ailleurs personne dans nos rangs n’a déjà dit du mal de l’UMP. Les Toulousains attendent franchement autre chose que ce type de querelles ; ils veulent des solutions et que l’on renouvelle leur personnel politique. Il est étrange que certains puissent penser que nous leur ferons de l’ombre…

Quel sera votre rôle pour les prochaines municipales à Toulouse ?

Mon travail est pour le moment d’identifier des candidats potentiels pour les prochains combats électoraux, et de rassembler les forces centristes. Pour le reste, il est trop prématuré pour en parler… Les listes ne sont pas encore finalisées. On verra plus tard.

Propos recueillis par Thomas Simonian
 

 

 



4 COMMENTAIRES SUR Laurence Massat Guiraud-Chaumeil « Nous souhaitons regagner du terrain sur l’ensemble du département »

  1. AllisterToulouse dit :

    Vous avez raison Madame de rappeler que le combat électoral se situe contre le PS. Les autres partis de la gauche et d’extrême-gauche ramperont bientôt devant Cohen pour dégoter un strapontin.
    Le FN, que le PS voit grandir avec bienveillance car il lui facilite le travail, aura son mot à dire.
    Mais n’oubliez pas que si vous devez faire entendre vos convictions, il ne faudrait pas que l’absence d’union à droite soit une nouvelle fois la cause d’une défaite.

  2. Gérard Couvert dit :

    La seule “solution” que veulent les Toulousains c’est celle qui permettra de se débarrasser de P. Cohen et de sa bande.
    Christine de Veyrac est l’alliée du FN et du PS, et risque d’empêcher la reconquête de Toulouse dont la portée symbolique serait très forte.
    Rafarin “humaniste”, cela ne veut rien dire, comme si être mou, consensuel jusqu’à la castration et eurobêlant avait une signification en relation avec l’humanisme !

  3. L'autre son de cloche dit :

    1- Mme Massat a “plus de caractere” qu’envie de travailler. D’ailleurs elle a tellement travaillé avec l’UDI derrière Christine de Veyrac qu’elle reste à 3% mois comme il y a plus de six mois…Cela c’est l’efficacité!
    2- D’ailleurs Mme Massat est dans une fuite en avant elle pense déjà au coup d’après qui ne mènera à pas mieux!
    3- Voilà qu’ils se mettent maintenant à réclamer des sanctions, comme l’UMP, …et le FN! Vous faites honte en agissant ainsi aux valeurs centristes!
    Et très franchement Christine de Veyrac a bien raison de se passer courageusement du soutien de partis aussi inconsistants! Il faut arrêter, vous vous êtes trompés dans vos choix stratégiques et , hélas, ce sont les choix du MODEM qui sont en train de s’imposer à l’UDI toulousaine “officielle” !

  4. mouret dit :

    Comme partout la guerre des places, je doute de plus en plus des compétences de nos choisis ou plutôt imposés, à castres ils se battent pour une autoroute très chère aux usagers qui est un cul se sac. Vu de 500 km çà fait rire et nous prennent pour des… Une voie rapide serait bien et ce gratuite. Pour ce il faut un grand axe Lyon Clermont – Rodez – Albi Castres Revel Capens via le Pays Basque çà c’est le désenclavement et l’ouverture sur l’Europe du Nord et du Sud. Je rappelle qu’on a fait une voie rapide Guéret – Montluçon et c’est pas le Plat pays qui est le mien en Combrailles, je ne ferai pas d’anagrammes…

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