Laurence Massat Guiraud-Chaumeil : « La crise politique est totale »

Laurence-Massat-2011Inquiète. La n°2 de l’UDI 31 s’avère lucide face au panorama politique actuel. Pour elle, le PS comme l’UMP sont en passe d’éclater … Il s’agit donc maintenant de mettre en avant un axe réformateur trans-partis capable d’empêcher la montée du FN. Trop tard ? La conseillère régionale veut encore y croire.

 

Comment analysez-vous l’utilisation du 49.3 pour faire passer la Loi Macron ?

C’est un passage en force, après des mois de discussions qui ont échoué. Le fait que ce gouvernement n’ait pas de majorité n’est pas nouveau. On voit très bien depuis des mois que cette gauche est en train d’éclater sous nos yeux … Les alliances politiciennes entre écologistes, communistes et frondeurs se font jour de plus en plus. C’est l’opposition entre une gauche réaliste incarnée par Manuel Valls, et une gauche passéiste.

Quelle est la position de l’UDI concernant cette Loi Macron ?

Par principe nous ne sommes pas dans une opposition systématique ; nous préférons offrir une rhétorique constructive. Concernant cette loi nous avons conscience qu’elle n’est pas révolutionnaire même s’il est compliqué d’expliquer que tous les voyants économiques et sociaux sont au rouge, et qu’on refuse une loi qui ne va pas assez loin. Les centristes s’opposent donc à cette loi, mais considèrent qu’elle va tout de même dans le bon sens. Il est même probable que nombre de députés UDI l’auraient voté …

Cet événement est une nouvelle illustration de la crise politique que nous traversons …

Nous sommes à un vrai tournant de notre histoire politique, et j’espère que pour une fois la France n’aura pas à vivre une révolution. Que nous n’allons pas vivre un choc si fort qu’il obligera le citoyen à réagir. Mais j’ai bien peur qu’on y arrive … La crise politique est totale. Nous avons un gouvernement socialiste malmené par sa gauche, avec une dualité idéologique exacerbée. Le PS est coupé en deux. Et à droite le constat est également cruel. L’UMP notamment connaît une vraie crise identitaire avec une partie de sa base qui est prête à flirter avec l’extrême-droite, et la tendance Juppé qui veut une alliance claire avec les centristes de l’UDI et du MoDem. A mon sens, le clivage gauche-droite est finalement obsolète, sans doute dépassé pas les événements. Il y a actuellement une vraie ligne réformatrice qui va en réalité d’Alain Juppé à Emmanuel Macron… La France est dans un tel état, qu’elle a en fait besoin de tous ceux qui veulent bien la remettre sur les rails. La classe politique doit réellement se remettre en question sur le fond, car aujourd’hui la seule alternative est pour beaucoup Marine Le Pen.

« Régionales : un chef de file centriste pourrait créer une bonne dynamique »

Avec un programme irréalisable, non ?

Il faut en effet combattre les solutions qu’elle préconise. Si Marine Le Pen appliquait son programme, nous irions dans le mur. Elle s’amuse à surfer sur le populisme.

Va-t-on voir l’illustration de cette crise politique lors des prochaines élections départementales en Haute-Garonne ?

Je le pense, et c’est d’ailleurs bien pour cette raison qu’il y a eu une démarche d’union entre l’UMP, l’UDI, le MoDem et d’autres formations politiques plus souverainistes. C’est cette union qui va permettre de reprendre ce département à la gauche … Tous nos candidats sont conscients que sur nombre de cantons l’adversaire principal sera le FN, et non le PS. Je crains vraiment le vote défouloir. D’autant que l’abstention sera importante avec des électeurs qui ne comprennent pas forcément le redécoupage de leurs cantons et le mode de scrutin.

Si sur certains cantons le deuxième tour se joue entre le FN et le PS, quel sera votre discours ?

Il sera plus que clair. L’UDI a toujours combattu les idées du Front national, et nous ferons toujours le choix des partis considérés comme républicains. Chez nous il n’y a pas d’ambiguïté sur le sujet. Pas de ‘‘ni-ni’’.

Parlons des Régionales. Comprenez-vous les socialistes qui commencent la campagne durant celle des départementales ?

C’est une aberration ! La campagne de communication actuelle de Carole Delga est prématurée.  Le paysage politique régional risque fortement d’être redessiné après le 29 mars et l’échéance départementale. Comment ne pas en tenir compte pour la campagne régionale ? De notre côté nous faisons les choses dans l’ordre. Nous allons d’abord faire en sorte de gagner les départementales, et ensuite nous tournerons la page pour nous pencher sur l’objectif régional.

L’UDI a investi Philippe Bonnecarrère (sénateur du Tarn, ancien maire d’Albi, ndlr) comme chef de file aux régionales. Peut-on envisager pour autant qu’il devienne le leader d’une liste d’union  avec l’UMP ?

Nous sommes au début des discussions entre l’UDI et l’UMP sur le sujet, et le cas Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon fait débat. Je pense que Philippe Bonnecarrère est la personnalité idéale pour porter notre ambition régionale. Il a l’image d’un homme ouvert, rassembleur, qui a le sens de l’engagement et qui connait très bien le territoire. Avec un FN, porté par Louis Aliot, qui sera très haut, un chef de file centriste pourrait créer une bonne dynamique.

 

CV Express

Née le 28 septembre 1976. Consultante de profession, ancienne directrice de cabinet de Philippe Douste-Blazy.

Fonctions : Déléguée départementale de l’UDI, conseillère régionale



UN COMMENTAIRE SUR Laurence Massat Guiraud-Chaumeil : « La crise politique est totale »

  1. Pronzato dit :

    Dans la loi dite “Macron” il y a des sujets qui auraient pu être votés et d’autres non.
    Le 49.3 prive le parlement de légiférer ce qui n’est pas républicain.
    L’UDI, devant le manque de républicanisme du gouvernement, aurait dû avoir, dans sa totalité, le courage de voter la censure.
    Cela n’a pas été le cas, comme d’habitude vous n’êtes pas crédible.

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