Laurence Massat Guiraud-Chaumeil « Face à Cohen, seule une image centriste pourra l’emporter »

L’ancienne directrice de cabinet de Philippe Douste-Blazy est l’une des étoiles montantes de la politique toulousaine. Présente sur la liste de Jean-Luc Moudenc en 2008, candidate aux régionales de 2010 sur la liste de Brigitte Barèges, puis aux dernières législatives sous la bannière centriste, la voici désormais porte-parole départementale de l’UDI (Union des Démocrates Indépendants.) Un rôle qui colle parfaitement  à ce « sniper » aux gants de velours.

L’UDI n’a que six mois d’existence. Peut-on tout de même tirer un premier bilan ?

De manière générale, une marque politique met plus de six mois à se créer… Mais ce qui est certain c’est qu’il y a une vraie place à prendre pour le centre dans ce pays. L’intention est là, l’impulsion a été donnée, et notre leader Jean-Louis Borloo marque à mon avis des points à chacune de ses interventions médiatiques. Il nous reste désormais à peaufiner notre  corpus idéologique, et c’est en cours.

Et localement où en êtes-vous ?

Le centre était ici très éclaté, il faut donc réapprendre à travailler ensemble.  Nous allons de nouveau faire entendre notre voix à Toulouse, mais tout ne se fait pas en un jour et il faut parfois savoir être patient. Nous ne faisons pas tout ça pour jouer les seconds rôles derrière l’UMP, et les Toulousains ne le comprendraient d’ailleurs pas. L’UDI a toute sa place à prendre dans cette ville, en jouant notamment la carte du renouvellement avec l’apparition de nouveaux visages.

Vous gardez donc le cap pour les prochaines municipales, malgré l’investiture UMP délivrée à Jean-Luc Moudenc ?

Plus que jamais, mais que les choses soient claires… Nous ne déclarons pas la guerre à l’UMP !  On a parfois l’impression que nos partenaires pensent que nous sommes devenus des ennemis. Or, pas du tout ! Le centre et la droite ont une histoire commune, et l’UMP et l’UDI ont des partenariats à nouer pour l’avenir. Mais on peut tout de même avoir parfois des ambitions parallèles ! Sur Toulouse, nous avons véritablement notre dynamique, avec beaucoup de Toulousains qui nous rejoignent, et qui n’ont pas envie d’une campagne partisane. Notre démarche fait écho. C’est d’ailleurs pour cela que je dénonce  l’attitude des commentateurs et des médias locaux pour qui la finale Moudenc-Cohen est déjà annoncée. Attention, il reste un an de campagne, et en pleine crise, les Toulousains préfèreront peut-être des discours nouveaux. L’UDI est clairement dans ce positionnement-là.

Avec Christine de Veyrac toujours candidate ?

Nous sommes derrière elle. Elle est en permanence sur le terrain, et mène une campagne différente.

Que peut-il se passer désormais pour son investiture ?

Je constate que l’UMP n’a pas consulté l’UDI pour délivrer son investiture, donc notre parti en fera de même dans les semaines qui viennent. Notre commission d’investitures est déjà au travail.

Le Centre est-elle la seule étiquette pouvant battre Pierre Cohen ?

Face à Cohen, je pense en effet que seule une image centriste pourra l’emporter…  Avec le premier sondage paru (ObjectifNews, le 25 février 2013, ndlr), on peut d’ailleurs analyser qu’après trois ans de travaux qui ont profondément gêné les Toulousains, des équipements pas encore livrés, et un contexte national politiquement favorable, le candidat UMP n’est pourtant crédité que de 43% au second tour. Toulouse n’a jamais été à droite, et doit être gérée par des élus modérés, pas forcément partisans politiquement.

Sur le cas Bolzan : « Il a souhaité s’écarter de la dynamique UDI »

Inviter Christian Estrosi n’est donc pas pour vous un bon signal envoyé aux Toulousains ?

Je laisse l’UMP et Toulouse Avenir faire ce qu’ils veulent… Mais je pense qu’ils se trompent en mettant ici en exergue le dossier de la sécurité. Si les responsables locaux de l’UMP entendent répéter ce qu’a fait Nicolas Sarkozy durant la Présidentielle, c’est-à-dire une droitisation du discours pour récupérer les voix du Front National, ils se trompent de combat ! Toulouse se gagnera au centre, certainement pas à l’extrême-droite.

L’UDI vient de voir l’un de ses cadres locaux, Jean-Jacques Bolzan (secrétaire départemental du Parti Radical), rallier Jean-Luc Moudenc pour les municipales. Avez-vous été surprise par cette attitude ?

Clairement oui, et j’ai été très déçue tant sur le fond que sur la forme. Nous avons une commission de discipline qui analyse ce genre de cas, et elle a été saisie. Il n’est pas question de s’opposer à Jean-Jacques Bolzan, mais simplement de constater qu’il a fait un choix très personnel, en désaccord avec notre stratégie collective qui a pourtant été validée par le national. Il a souhaité s’écarter de la dynamique UDI, sans nous en avoir informés en amont. Il est aujourd’hui en opposition avec sa famille politique.

Il n’est pourtant pas le seul au sein de votre parti à réclamer l’union avec Jean-Luc Moudenc, à l’instar de Jean-Marie Belin et Etienne Durand-Raucher ?

Ce sont des personnes qui depuis le début, préfèrent envisager l’élection municipale avec une seule liste d’opposition menée par Jean-Luc Moudenc, sans pour autant penser à l’existence de leur propre famille politique. Je leur dis que l’UDI a sa vie à construire  !

Propos recueillis par Thomas Simonian



2 COMMENTAIRES SUR Laurence Massat Guiraud-Chaumeil « Face à Cohen, seule une image centriste pourra l’emporter »

  1. Surnotretrenteun dit :

    Laurence Massat “étoile montante de l’UDI 31″ . Par hasard sans doute et quelques faits du Prince! Cette supportrice de Brigitte Barèges (à la droite de la droite) se drappe sous la banière centriste de l’UDI…pour quoi faire? Déboulonner Christine de Veyrac????
    Quoi d’étonnant, à Toulouse entre la droite et le centre les aller et retours et vice-versa, n’en finissent pas:
    Christine de Veyrac, ancienne présidente de lUMP pure et dure toulousaine devient circonstantiellement UDI …donc centriste!
    Jean-Luc Moudenc, centriste historique devient par opportunité UMP avec une bande de RPR!
    Avec cela les toulousains supplient: Saint Bolzan priez pour nous!

  2. JLC dit :

    Les prochaines élections municipales vont très probablement redessiner le paysage politique Toulousain et cela quelque soit le résultat. La victoire du PS dans un contexte national plus que défavorable impliquerait de sévères prises de responsabilités des leaders d’oppositions.
    Seconde hypothèse, la défaite du PS qui ne pourra être vaincue que par une coalition UDI, UMP et autres. Aujourd’hui dans ce cas de figure, nul ne peut donner le savant dosage de ce cocktail gagnant. Par contre, ce que je peux dire c’est que dans tous les cas les Toulousains auront besoin de jeunes talents.
    Le talent et le travail, Laurence n’en manque pas et je suis très fier de son implication à l’UDI ainsi que dans les municipales toulousaines.

    Jean-Louis Cesses secrétaire adjoint du Parti Radical 31.

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