«La Ligue des droits de l’Homme» organise la démocratie participative

Les candidats s’affrontent en public

La salle du Temps libre de Léguevin était pleine le 14 mai dernier pour assister à un débat public entre les principaux candidats sur la sixième circonscription. Deux ombres à cette soirée, l’absence des deux candidates représentantes des partis principaux : La députée sortante PS Monique Iborra et la nouveau visage de l’UMP, Jocelyne Vidal. La première fut représentée par son suppléant l’avocat Alain Mila.

La deuxième fut ni présente, ni représentée. Malgré ce contexte, la soirée fut riche et pleine de promesses pour l’avenir… Car les trois candidats présents, tous dans des styles et des postures divers, ont su transmettre avec un engouement certain, leurs argumentaires. Il est sans conteste qu’Alain Refalo (Europe Ecologie Les Verts), Rémi Vincent (Front de Gauche) et Grigori Michel (Nouveau Centre) sont trois personnalités dont nous reparlerons dans les mois et les années à venir… Sur l’initiative de la «Ligue des droits de l’Homme» les candidats ont débattu dans une formule interactive avec le public sur deux thématiques : Le droit d’asile et l’école publique. La représentante de l’UMP n’étant pas à la tribune («Nous pouvons regretter l’absence de Jocelyne Vidal car depuis cinq ans beaucoup de choses ont été mises à mal par la politique de la droite» a attaqué Rémi Vincent), les débatteurs ont eu finalement peu de désaccords sur les questions touchant à l’immigration et au droit d’asile : «Les politiques menées depuis des années vont dans le sens du racisme et de la xénophobie. L’immigration est une chance pour notre société et notre vivre ensemble» selon l’écologiste Alain Refalo. Le suppléant de Monique Iborra, Alain Mila, a lui rappelé que le droit de vote des étrangers aux élections locales faisait partie du programme de François Hollande, et que cela devrait être acté pour les prochaines municipales de 2014.

Le centriste Grigori Michel, qui a présenté ses origines camerounaise et italienne, s’est fortement démarqué de la politique de Nicolas Sarkozy concernant l’immigration, tout en prônant tout de même une régulation qui a heurté le représentant du Front de Gauche Rémi Vincent : «Tous les sans-papiers doivent être régularisés !» Le second débat, concernant l’école publique, a été beaucoup plus clivant y compris avec l’assemblée : «Ouvrir une école c’est fermer une prison», une citation de Victor Hugo reprise par une spectatrice. Alain Refalo, connu également pour être un instituteur rebelle face au système, a expertisé trois types de discriminations à l’école : «Les enfants en difficulté, les enfants handicapés et les enfants victimes d’harcèlements et de violences».

Un échange vigoureux, sur la dualité public-privé, s’en est suivi entre les deux jeunes pousses de la classe politique haut-garonnaise. Grigori Michel a vigoureusement défendu les couleurs du privé en prenant un exemple bien de chez nous : «Ici en terres occitanes, que dirions-nous si les Calendretas étaient dans l’obligation d’être publiques ?» Rémi Vincent a répondu, avec une tonalité toujours un brin provocatrice : «Mr Michel, sachez qu’ici il y a plus de jeunes qui parlent le berbère que l’Occitan.» Un Alain Refalo clair et posé, un Grigori Michel calme et courageux face à une salle clairement hostile et un Rémi Vincent passionné, militant, au sens aiguisé de la bonne formule… Aucun de ces trois-là ne devrait être député le 17 juin prochain. Mais vu leur talent, la fin de l’histoire leur appartient.

Thomas Simonian



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