La droite toulousaine n’a pas retenu les leçons du passé: On prend les mêmes et on recommence !

La pré-campagne municipale bat son plein. Tous les prétendants se préparent… Les appétits s’aiguisent, les entourages se frictionnent, et les premiers ralliements font du bruit. A gauche, les choses paraissent se clarifier, avec un Pierre Cohen et l’appareil PS toulousain qui accélèrent le mouvement d’un côté, et une gauche anti-austérité (Front de Gauche et pourquoi pas écologistes) qui pourrait se lancer seule au premier tour, de l’autre. En revanche, à droite, les haines, les rancœurs du passé ne semblent pas vouloir s’effacer. Décryptage d’une droite toulousaine mal en point.

L’après Baudis, un raté

En 2008, Jean-Luc Moudenc voulait déjà se succéder à lui-même, lui qui de 2004 à 2008 avait occupé le fauteuil le plus confortable du Capitole suite au départ de Philippe Douste-Blazy. Car c’est bien l’ancien maire de Lourdes, qui a placé Jean-Luc Moudenc en position de force. Ayant choisi un destin national (ministre), international depuis (ONU), le cardiologue élu maire en 2001, avait opté pour son ancien collaborateur (Moudenc a été auparavant son directeur de cabinet) pour assurer un intérim… Au grand dam à l’époque de la garde rapprochée de Dominique Baudis, constituée de Françoise de Veyrinas, Jean Diebold et Serge Didier. Ils avaient la légitimité, mais une autre logique l’emportera, celle de la confiance en un proche qui ne fera pas de vagues. Depuis, l’Affaire Alègre, les trahisons et  les retournements de vestes sont passés par là… Et les amis d’hier ne sont plus ceux d’aujourd’hui. Un classique en politique : « Il y a eu une rupture brutale entre Douste et Moudenc, l’amitié avait un goût de cendres. Je pense que Moudenc a cru que la cassure était un passage obligé pour rassembler autour de lui. Mauvais calcul. Il reste aujourd’hui des comptes qui n’ont pas été soldés au sein de la droite toulousaine… Le spectacle offert aujourd’hui est le résultat de cette histoire » nous explique notre politologue maison Stéphane Baumont.

2008/2010, cette fois-ci la cassure Moudenc/de Veyrac

En 2008, l’euro-députée et ex-adjointe Christine de Veyrac, refuse d’intégrer la liste portée par Jean-Luc Moudenc. L’inimitié est déjà perceptible, mais elle atteint son paroxysme en 2010. L’UMP 31 doit élire son président départemental, et Jean-Luc Moudenc veut la place qu’il juge stratégique dans l’objectif de reconquête du Capitole. Moudenc gagne le match, mais des soupçons de piratage de l’ordinateur de Christine de Veyrac sont rapidement étayés… La justice est saisie, et l’affaire prend une nouvelle tournure vendredi dernier avec les auditions de la députée européenne, de son assistant Christophe Cluzel et de Christian Raynal, actuel élu au conseil municipal, entendu lui, dans le cadre d’une histoire parallèle (sa carte bleue aurait été frauduleusement utilisée.) Ce rebondissement coïncide avec une pré-campagne municipale agitée : « C’est le juge qui nous a convoqués. Nous n’avons rien demandé en termes de calendrier. Il est important de signaler que ce dossier n’a pas été rouvert, il n’a jamais été fermé ! L’instruction est longue car il y a eu des investigations techniques menées par un expert informatique » explique Eric Mouton, l’avocat de Christine de Veyrac. Il se pourrait donc bien que les conclusions soient connues durant la campagne municipale. Comme s’il n’y avait pas assez d’électricité dans l’air… « Nous avons la certitude que des informations ont été récupérées et transmises à un tiers. Pourquoi ? A quelles fins ? » précise et questionne Eric Mouton. Dans ces conditions, difficile d’imaginer un rapprochement Moudenc-de Veyrac. Mais est-il impossible ?

Une succession de rendez-vous manqués

En octobre dernier, Christine de Veyrac et ses lieutenants devaient rencontrer René Bouscatel et ses amis de « Toulouse Métropole d’Europe ». Le rendez-vous était pris. Certains invités se sont rendus sur le lieu du rendez-vous, d’autres ont décliné au dernier moment. Un faux-pas qui aura des conséquences… Une crise de confiance va alors s’installer au sein du centre toulousain. Depuis, certains ne se parlent plus…

Et demain ?

Selon nos informations, l’investiture UMP en faveur de Jean-Luc Moudenc, tomberait courant mai. Un moyen de devancer une possible prise de position de René Bouscatel ? Possible, puisque ce dernier est toujours prisonnier de son calendrier sportif au Stade Toulousain. Christine de Veyrac, faisant preuve de caractère, continue à avancer. En face, le Capitole observe la situation avec malice.

Thomas Simonian

Lui ne se rallie pas… Ou presque

Etienne Durand-Raucher

« Se réunir derrière le candidat le plus légitime »

Le délégué départemental de « Force Européenne Démocrate » et membre du bureau de l’UDI 31 monte clairement le ton. Il s’insurge face aux ralliements personnels, mais demande l’union autour de JL Moudenc. L’UDI est donc clairement divisée.

Comment vivez-vous le ralliement de Jean-Jacques Bolzan à Jean-Luc Moudenc ?

Je le vis à la fois bien et mal ! Bien parce qu’il me semble que c’est la seule façon de battre l’équipe municipale actuelle, en se réunissant derrière le candidat le plus légitime, et pour moi, c’est Jean-Luc Moudenc. Que le Secrétaire du Parti Radical, membre de l’UDI, se rallie à Jean-Luc Moudenc est donc un signe de rassemblement plutôt positif. En même temps, je le vis assez mal, car il s’agit d’un ralliement personnel, comme l’a été celui de M. Chollet quelques jours auparavant. Depuis le mois de septembre, je plaide au sein de l’UDI pour qu’un dialogue s’engage avec nos partenaires, autour de Jean-Luc Moudenc. En vain. Je crois que les ralliements individuels sont le résultat d’une attitude de repli sur soi et de refus du dialogue, sous l’autel de l’indépendance et de l’autonomie.

Quelle doit être désormais la stratégie de l’UDI pour les municipales ?

L’ambition de l’UDI, sur des terres historiquement centristes, est légitime. Cependant, Toulouse ne se gagnera ni à droite, ni au centre, mais dans une démarche de partenariat très largement ouvert aux Toulousains non encartés. Dans ce partenariat, l’UDI doit avoir toute sa place, et la future tête de liste aura besoin de l’UDI. L’ambition personnelle de Christine de Veyrac est également légitime. Mais ces ambitions personnelles ne peuvent pas sacrifier l’ambition collective de rendre cette ville aux Toulousains ! Pendant que l’UDI s’embourbe, que chacun travaille de son côté, tandis que des ralliements individuels s’opèrent sans clarté ni réelle dynamique, un homme se frotte les mains: c’est Pierre Cohen. Il est temps d’inverser la dynamique !

Pensez-vous que les jeunes de l’UDI et du MoDem doivent commencer à travailler avec les Jeunes Populaires ? Et de quelle manière ?

Le travail commun des jeunes sera naturellement mis en place dès que les forces d’opposition à la majorité auront retrouvé la raison en se mettant autour de la table. Mais je pense sincèrement que les Jeunes de l’UDI, les Jeunes Démocrates et les Jeunes Populaires peuvent être les fers de lance de ce rassemblement. Ils ne sont pas les héritiers de tensions et de guerres fratricides.

Propos recueillis par Thomas Simonian



3 COMMENTAIRES SUR La droite toulousaine n’a pas retenu les leçons du passé: On prend les mêmes et on recommence !

  1. Gold31 dit :

    Certes, mais depuis, Jean-Luc Moudenc a été élu député, et Christine de Veyrac député européen.
    Plus que jamais le dialogue et l’entente entre ces deux élus nationaux doivent prévaloir sur les rancoeurs et les haines que vous mentionnez dans votre article.
    Je crois savoir que Jean-Luc Moudenc n’est pas hostile loin de là, à une rencontre avec madame de Veyrac. Cette dernière doit je crois, accepter la discussion, ne serait-ce qu’au regard de sa responsabilité en tant qu’élue.
    On ne peut refuser éternellement tout dialogue.

  2. vahiné dit :

    Si jamais la droite ne s’entend pas, on risque d’avoir encore 4 ans une équipe de pieds nickelés qui amènera TOULOUSE encore plus bas. Il faut savoir pardonner et discuter comme des adultes responsables et apaiser les tensions qui ne servent qu’à desservir notre ville. Je leur fait confiance.

  3. Gold31 dit :

    Non Vahiné…nous n’en prendrons pas pour 4 ans…mais pour 6 ans !
    (Les élections municipales n’ayant lieu que tous les 6 ans).

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