La désindustrialisation

Francis Manaud

PSA vient d’annoncer un plan de restructuration qui prévoit la suppression de huit mille emplois qui vient s’ajouter aux nombreuses autres dans des domaines aussi différents que la recherche pharmaceutique et médicale, ou encore l’élevage industriel de poulets. Peu à peu depuis la fin de la dernière guerre,la Francese désindustrialise. Elle a perdu son charbon faute de ressource dont il ne reste que d’immenses terrils, ces cathédrales industrielles, ses aciéries par les ventes successives d’actions possédées par les grandes familles au profit d’actionnaires étrangers qui nous achètent pour mieux contrôler notre production et y mettre fin. L’industrie textile n’a pu résister à une main d’œuvre asiatique dévorante, tandis que l’agriculture ne résiste, et combien de temps encore, qu’à coups de subventions tandis que l’on arrache les vignes qui résistent de moins en moins à la crainte de l’alcootest. Les écologistes sont en train de vouloir tuer l’industrie nucléaire pour laquelle nous avons été les leaders mondiaux et dont nous sommes encore la référence. Précurseurs de l’aventure automobile au début de siècle dernier, sa maîtrise nous échappe faute de vision à long terme d’un marché en constante mutation. Si nous ne réagissons pas avec la plus grande vigueur,la Francesera bientôt réduite à la simple industrie du tourisme, à faire visiter ses villages fleuris, ses monuments et ses cathédrales, si entre temps de fanatiques religieux ne les ont pas réduits en cendres ou simplement détruits comme les bouddha géants de Bamyan ou les lieux saints de Tombouctou. Nous ne savons pas vendre nos avancées technologiques comme le Rafale ou encore le char Leclerc qui ne trouvent preneur que par nos propres forces.

 

La vocation de l’Union Européenne

 

Et pourtant nous avons les chercheurs et les ingénieurs qui sont parmi les meilleurs au monde. Mais encore faut-il reconnaître leur valeur et les garder chez nous sans qu’ils aillent ailleurs faire la fortune de ceux qui savent les exploiter et justement les mettre en valeur. Le monde change très vite et les industries que nous perdons, sont ou seront obsolètes à court terme. La voiture, le nucléaire, sont destinés à disparaître au profit des technologies nouvelles comme Citroën, Renault ou Peugeot avaient compris avant les autres que l’automobile allait remplacer les chevaux et les animaux de trait. Les énergies fossiles vont disparaître un jour et peut-être plus tôt qu’on ne le pense. La voiture électrique du futur est à inventer. La fusion nucléaire doit laisser place à la fission. La nouvelle industrie doit naître de la recherche sur ce qui sera l’énergie et son application demain. Nous avons su faire Airbus, Ariane et la puce électronique. Il n’y a aucune raison que nous ne soyons pas les découvreurs de demain. Les futurs emplois ne seront plus ceux du travail à la chaîne que nous devons impérativement laisser à ceux qui seront plus à même que nous de le pratiquer. Ils seront ceux issus de notre génie créateur pour autant que les politiques leur fassent la place qu’ils méritent. Il n’y a plus de temps à perdre même si désormais la coopération avec d’autres pays est inéluctable. La vocation de l’Union Européenne n’est pas celle des monnaies, elle est celle de l’intelligence et de l’innovation.

Francis Manaud



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