Joël Bouche « Il est impensable de perdre Toulouse »

Joël Bouche

En novembre 2012 le maire de Saint-Pierre devenait le « boss » du PS en Haute-Garonne. Un cadeau parfois empoisonné tant les pressions sont multiples. Dans un département où le PS détient tous les pouvoirs, son rôle est de maintenir la paix et les équilibres entre les divers courants, sans chagriner les trois piliers que sont Pierre Cohen, Pierre Izard et Martin Malvy. Autant vous dire que Joël Bouche est déjà au travail pour assurer les préparatifs de la campagne municipale … Il dresse son bilan de La Rochelle, annonce le calendrier, continue à laisser la porte ouverte aux écologistes toulousains et attaque l’UMP et Moudenc sans complexe.

Quel bilan tirez-vous de ces universités d’été à La Rochelle ?

J’en reviens plein d’énergie pour attaquer la rentrée, avec un état d’esprit offensif. La politique qui est menée par le gouvernement Ayrault commence à donner des premiers signes positifs … C’est donc celle qu’il fallait mener. Je sais bien qu’une hirondelle ne fait pas le printemps mais toutes les actions qui ont été entreprises vont porter leurs fruits. Nous pouvons donc regarder l’avenir avec optimisme.

L’unité a été le maître mot du discours de clôture de Jean-Marc Ayrault. Etait-ce un rappel à l’ordre à l’attention de certains ministres voire de certains cadres du PS?

Non je ne le pense pas. C’est juste que dans les périodes difficiles, celles où l’attente du citoyen est forte, nous nous devons d’être unis. C’est une nécessité.

La star de ces universités d’été aura été le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Acclamé ou vilipendé, il ne laisse pas votre appareil insensible …

Il n’y a pas de réelle division en interne, mais il est vrai qu’on a souvent fait le reproche à la gauche d’être laxiste. Or, la sécurité de tous n’est ni de droite ni de gauche, et Manuel Valls est l’incarnation parfaite de sa fonction. Dans les circonstances actuelles il est logique d’avoir de la fermeté, tout en ayant de la justice. Fermeté et répression quand c’est nécessaire, justice et prévention quand c’est possible. Je trouve donc l’action gouvernementale plutôt cohérente en la matière.

L’UMP, et plus particulièrement Jean-François Copé (dans son discours de rentrée à Châteaurenard, ndlr), fustige notamment la politique fiscale du gouvernement …

Si durant les dix années que l’UMP a passé au pouvoir les recettes de l’Etat n’avaient pas diminué, nous ne serions pas dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Avant de critiquer ce que nous faisons, ils devraient peut-être se consacrer davantage à leur devoir d’inventaire. Juste un petit peu de mémoire et de décence tout de même ! Ils étaient aux responsabilités il y a encore un an et demi …

« L’unité à gauche partout où cela sera possible »

Les élections municipales sont-elles en préparation au sein de votre fédération ?

Plus que jamais. Le calendrier est clair, transparent et connu de tous. Les dépôts de candidatures se feront auprès de la fédération du 9 au 23 septembre, et la désignation par les militants les 10 et 17 octobre prochains. En parallèle, nous continuons les négociations avec nos partenaires de gauche afin de favoriser l’unité partout où cela sera possible.

Etes-vous confiant à l’entrée de cette campagne municipale ?

Nous avons la quasi-totalité des communes de ce département et espérons bien les conserver. Mais l’objectif est d’en conquérir d’autres. Je pense notamment à L’Union puisque le maire sortant ne se représente pas, et à Castanet-Tolosan qui est un enjeu important pour l’avenir du SICOVAL, et où je l’espère nous aurons une liste d’union avec nos camarades de gauche.

Et Toulouse ?

Tout l’appareil est mobilisé pour conserver le Capitole. Nous sommes tous conscients que pour l’avenir du département il est impensable de perdre Toulouse. Pierre Cohen va déposer sa candidature et je ne doute pas qu’il sera investi avec un score digne d’une république bananière (rires).

Qu’en est-il des relations avec les Verts qui ont choisi l’autonomie pour les municipales ?

Plus que jamais je réaffirme la volonté d’unité et de rassemblement avant cette échéance. Même si cela semble difficile de discuter pour le moment avec nos amis écologistes, il faudra bien entendu maintenir le dialogue jusqu’au bout … Tout reste possible.

Comment jugez-vous le début de campagne de l’opposant au maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc ?

Il est dans la critique systématique et souvent démagogique. Rien ne va bien, mais il a sans doute oublié le bilan de sa propre mandature. Pour l’instant, je suis donc dubitatif au vu de ses premières propositions que j’ai du mal à comprendre. Il est vraiment temps qu’il nous fasse partager son projet pour Toulouse car pour le moment critiquer n’est pas un programme.

Vous êtes aujourd’hui le maire de Saint-Pierre, le serez-vous toujours en mars 2014 ?

Je serai candidat à ma succession avec mon équipe municipale. Pour le reste, ce seront les électeurs qui trancheront …

Propos recueillis par Thomas Simonian



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