Jean-Pierre Plancade : Il n’hésite pas à critiquer Pierre Cohen

Jean Pierre Plancade

«Je suis dans un vote de raison et d’adhésion»

Le sénateur PRG Jean-Pierre Plancade n’esquive jamais les questions. Actualité du Sénat, présidentielle, la polémique autour du tramway ou le «clash» entre son parti et des élus toulousains. Tout y passe, et notamment une critique envers le dernier PDU (Plan de Déplacement Urbain) proposé par Pierre Cohen. Entretien en toute liberté, disponible en intégralité sur notre web tv.

Le Sénat a changé de peau il y a peu. Jean-Pierre Bel en est devenu le président. Cela a-t-il changé votre quotidien de sénateur ?

J’ai d’abord la satisfaction de voir la gauche devenir historiquement majoritaire dans cette assemblée, même si cela n’a tout de même pas changé grand-chose. Pourquoi ? C’est le gouvernement qui fixe l’ordre du jour, et je vous rappelle que nous n’avons la majorité que de cinq voix, avec un contrat de gouvernance. Au fond, cela ressemble assez au Sénat. On y avance «au pas lent du laboureur, mais au pas lent déterminé.» En revanche, ce qui change, et notamment pour la nouvelle majorité, c’est qu’il faut être présent tout le temps car dans certaines commissions, il y autant d’élus de droite que de gauche… Cela nous oblige à rester attentifs.

Ne voulez-vous pas nous dire par là que cela oblige ceux qui ne travaillaient pas à venir travailler ?

Je ne vais pas rentrer dans ce jeu-là… Dans ce pays, de droite comme de gauche, 99% des femmes et des hommes politiques travaillent et assurent correctement leur mandat. Mais qu’il y ait un problème de cumul des mandats, et de statut de l’élu, je ne le conteste pas.

Parlons de la Présidentielle. Vous êtes clairement engagé aux côtés de François Hollande. Est-ce un vote de raison finalement ?

Je suis dans un vote de raison et d’adhésion. Je suis un homme de gauche, membre d’un parti dont le Président Jean-Michel Baylet a participé à la primaire de la gauche, et qui est aujourd’hui engagé dans la campagne du leader socialiste de façon militante. Nous sommes totalement derrière François Hollande. D’ailleurs cet homme m’étonne assez. Il s’est fait au fur et à mesure de la campagne. Il s’est vraiment donné une stature d’homme d’Etat.

Pourquoi faut-il voter François Hollande ?

Je pense qu’il ne va pas faire des miracles mais il va remettre un peu de justice sociale dans ce pays.

Parlons de Toulouse et d’un sujet qui vous est cher, vous l’ancien Président fondateur de Tisséo, les transports. Les Toulousains sont confrontés en ce moment à d’importants travaux dus à la nouvelle ligne de tramway, la grogne est là et l’opposition municipale s’en fait l’écho. Pensez-vous que la Mairie a bien géré ce dossier ? La vision est-elle là ?

En préambule, je tiens à préciser que lorsque j’ai créé la marque Tisséo, c’était un acte de transparence politique vis-à-vis des Toulousains. Je voulais qu’ils sachent que lorsqu’un bus ne passe plus à tel endroit, c’est de la responsabilité du politique. Ce n’est pas celle de l’exploitant, qu’il soit public ou privé. Aujourd’hui les Toulousains savent donc que si la ligne G du tramway s’arrête allées Jules Guesde, c’est de la responsabilité du Président de Tisséo. Avant de quitter la présidence de Tisséo, j’avais proposé un Plan de Déplacement Urbain pour l’horizon 2015 avec pour objectif 25% des déplacements urbains effectués en transports en commun. Ce plan a été proposé à la ville de Toulouse, à la communauté d’agglomération et au Conseil Général. La ville de Toulouse et le Conseil Général n’ont pas souhaité alors traiter ce dossier. Je les renvoie dos-à-dos. Ils n’ont pas saisi l’enjeu.

N’êtes-vous pas en train de nous dire que l’on a pris du retard ?

Bien sûr. Lorsqu’à l’époque, nous avons prolongé la ligne A (Jolimont-Balma) du métro, l’inauguration a eu lieu six mois avant la date prévue. Encore faut-il avoir un président qui s’en occupe, qui «booste» les équipes, qui soit présent et qui sache ce qu’il veut.

A Alexandre Marciel et Cécile Ramos : «Revenez au bercail !»

Vous êtes donc critique envers le PDU de Pierre Cohen ?

Je le lui ai dit. Je dis ça en toute liberté car j’ai voté pour Pierre Cohen, qui avait fait des transports le thème majeur de sa campagne municipale. Le PDU proposé aujourd’hui est inférieur à ce que nous avait proposé précédemment Jean-Luc Moudenc, qui était lui-même inférieur à ce que j’avais proposé en 2004. Voilà où on en est !

A Toulouse, nous assistons à une polémique entre la direction départementale de votre parti et des élus toulousains, Alexandre Marciel et Cécile Ramos pour ne pas les citer. Votre fédération les accuse de parler au nom du PRG sans en être membre, et eux accusent la fédération de refuser leurs adhésions. Vous êtes de quel côté Monsieur Plancade ?

Alexandre Marciel et Cécile Ramos sont des gens très sympathiques, mais ils ne sont pas membres du PRG. Vous savez, il y a des partis où l’on exclut… au PC, au PS… peut-être à l’UMP, encore que dans ce parti, ça s’en va et ça revient… Mais s’il y a bien un parti qui n’a pas ce type de pratiques, c’est bien le PRG. Je ne connais pas un parti aussi libre que le nôtre. Ce dont je suis certain, c’est que les gens qui veulent adhérer au Parti Radical sont les bienvenus. Si Cécile et Alexandre veulent revenir, je suis le premier à applaudir des deux mains et à leur dire «Revenez au bercail !»

 

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

 

 



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