Jean-Paul Makengo « On ne change pas une équipe qui gagne ! »

Voici un élu qui est sur plusieurs fronts. En charge de la diversité, de la police administrative, de l’état civil et du secteur Est à la mairie, il est également conseiller régional. Fier de son bilan, défenseur d’une politique progressiste sur le plan sociétal et prêt à repartir au combat pour les municipales de 2014, Jean-Paul Makengo est une pièce essentielle du « système Cohen ». Il ne mâche pas non plus ses mots quand il s’agit d’attaquer les opposants… Mais toujours avec le sourire.

Etes-vous déjà à l’heure des bilans au sein de la majorité municipale ?

Nous pouvons légitimement dire que nous commençons à avoir un bilan, et que nous avons déjà fait beaucoup. Plutôt que de parler de bilan, je parlerai plutôt d’analyse d’étape.

Concernant le traitement de la question de la diversité, quelle sont vos différences avec la municipalité précédente ?

Disons-le clairement, cela fait partie des domaines où nous sommes partis de zéro. Pour faire simple, il y avait précédemment un seul chargé de mission qui s’occupait de traiter les questions de discrimination dans la ville. Cinq ans après, ils sont quatorze. Notre majorité a élargi le champ de travail en traitant toutes les formes de discrimination, et en intégrant des réseaux de villes. Toulouse est d’ailleurs aujourd’hui une ville pilote et une référence en France sur ces thématiques.

Le traitement de ces questions peut-il permettre de résoudre un certain nombre de problèmes dans les quartiers dits difficiles ?

C’est en effet une piste à explorer, car nous avons des habitants qui se sentent stigmatisés, qui ont l’impression d’être les « mal-aimés » de la société. Notre travail est donc de leur dire qu’il y a des dispositifs qui permettent désormais de se faire entendre.

La question de la sécurité dans la vie nocturne toulousaine est-elle un dossier complexe à gérer ?

Clairement, surtout quand nous sommes dans une ville dont la moitié de la population a moins de 30 ans. Il faut arriver à trouver un juste équilibre car tout le monde est content de dire que Toulouse est dynamique, jeune et festive, mais personne ne veut vraiment en assumer les conséquences. Notre rôle est de prendre en compte l’aspect festif de la deuxième ville universitaire de France avec la tranquillité -légitime, demandée par les riverains.

Etes-vous toujours opposés à une police municipale armée la nuit ?

Le maire a pour volonté de signifier que la Police Municipale doit être dans ses vraies missions : Faire respecter les arrêtés du maire, et venir en complément de la Police Nationale pour certaines actions liées à la sécurité. Mais il ne s’agit pas de confondre sécurité et maintien de l’ordre. Sous l’ancienne majorité il y avait confusion des genres, nous avons donc souhaité clarifier les missions de chacun. C’est donc pour cela que nous ne souhaitons pas armer nos policiers.

Comment réagissez-vous au positionnement de l’UMP locale sur les récents sujets sociétaux type mariage pour tous ?

C’est du vagabondage politique. On embrasse toutes les causes, pour rester en phase avec sa base militante. Aujourd’hui je constate tout de même qu’il y a des élus de l’opposition municipale qui défendent le mariage pour tous. La posture de Jean-Luc Moudenc sur ce sujet est donc uniquement politique. Je lui donne d’ailleurs rendez-vous pendant la campagne à venir pour qu’il s’explique devant certaines associations … J’ai le souvenir que pendant la campagne municipale de 2008 Jean-Luc Moudenc voulait faire de Toulouse une ville « gay-friendly. » Il va falloir qu’il assume ses dernières prises de position.

« Je me demande si la droite toulousaine n’aurait pas besoin d’une COCOE locale ! »

Lors du dernier conseil municipal, Pierre Cohen a présenté un vœu en faveur du droit de vote des étrangers aux élections locales. Au niveau national, François Hollande semble pourtant reculer sur le sujet …

Aujourd’hui les ressortissants européens ont ce droit de vote, mais en quoi un allemand qui est installé à Toulouse depuis deux ans est-il plus légitime à choisir le maire de la ville plutôt qu’un vietnamien qui est ici depuis trente ans ? Cessons d’avoir une vision passéiste et de dire que l’intégration passe obligatoirement par la nationalité. Pierre Cohen a donc eu raison de présenter ce vœu, et notre majorité prouve ainsi qu’elle n’a pas peur d’être avant-gardiste sur certains sujets.

Comment regardez-vous ce qui passe aujourd’hui au sein de la droite toulousaine ?

Je n’y comprends plus rien dans leurs ralliements (rires). Je me demande qui sera le prochain… Entre ceux qui étaient chez de Veyrac et qui vont chez Moudenc, et ceux qui font le chemin inverse, on n’y comprend pas grand-chose. Je me demande si la droite toulousaine n’aurait pas besoin d’une COCOE* locale ! Une chose est certaine, quel(s) que soi(en)t le ou les candidats à droite, nous sommes prêts !

Confiant donc pour les prochaines municipales ?

On ne change pas une équipe qui gagne !

 

Propos recueillis par Thomas Simonian

*Cocoe : La commission d’organisation et de contrôle des opérations électorales de l’UMP qui a tant fait parler pendant le duel Copé/Fillon



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