Jean-Michel Fabre« Toulouse n’a jamais eu autant d’élus de proximité »

Jean-Michel Fabre

C’est au cœur du quartier des Minimes, à proximité de la future maison de la citoyenneté aujourd’hui en construction, que nous avons rencontré Jean-Michel Fabre, adjoint au maire en charge de la démocratie locale et de la citoyenneté, également conseiller général. Maîtrisant parfaitement son dossier, il ne renie rien, et n’esquive pas ce qu’il reste à accomplir… Il ne craint pas non plus l’échéance 2014 : « Les Toulousains sont centrés sur les enjeux locaux. » Ce vétérinaire de profession n’a qu’un terrain de jeux : le pavé de la ville rose.

Depuis 2008, la démocratie locale a connu de nombreux bouleversements à Toulouse. Pour quelles raisons ?

Signalons que tout ce qui touche à cette thématique est plutôt récent. C’est en 2002, avec Lionel Jospin, que la première loi sur la démocratie de proximité a été promulguée… Alors certes, des villes comme Nantes étaient en avance, mais pour beaucoup, ce sujet était une découverte. A Toulouse, en 2003-2004, il y a eu la création des commissions de quartiers, mais qui restaient fermées à quelques associations. Le découpage de la ville avait été fait sur la base de celui des cantons, mais ne correspondait pas forcément à la réalité terrain… En 2008, nous avons souhaité remettre tout à plat.

Avec une nouvelle organisation du territoire ?

Toulouse est la quatrième ville de France, et nous devions trouver un schéma pertinent de dialogue avec les Toulousains, correspondant dans le même temps au rang de notre ville. C’est pour cela que nous nous sommes inspirés de la loi PLM (Paris, Lyon, Marseille) de 82. Même si administrativement Toulouse n’a pas d’arrondissements, il nous a fallu mettre en place un découpage qui pouvait s’en rapprocher… C’est ainsi que nous avons créé six grands secteurs qui correspondent à de vrais bassins de vie. Cette échelle nous permet de débattre publiquement avec les habitants sur des sujets majeurs comme les transports ou l’urbanisme. Chaque secteur a son élu référent, et le maire est présent systématiquement aux réunions de secteurs. Il fallait mettre en place un schéma à l’échelle du territoire, adapté à la quatrième ville de France. Par ailleurs, et pour avoir un vrai dispositif de proximité dans la ville, les commissions de quartiers restent également un élément essentiel à la démocratie locale… Il y a deux élus par quartier, jamais Toulouse n’a eu autant d’élus de proximité. [

L’opposition de Jean-Luc Moudenc réclame en revanche le retour des maires de quartiers que vous avez supprimés à votre arrivée…

Je ne veux pas entrer dans la polémique, mais il y a un peu de démagogie dans ces attaques. Un maire, de quartier ou d’ailleurs, tire toujours sa légitimité d’un scrutin… Ce n’était pas le cas des maires de quartiers que nous avions connus auparavant. A Paris, Lyon ou Marseille, il y a en effet des maires d’arrondissements, mais qui sont élus par les habitants. N’ayant pas dans notre ville, de par la législation en vigueur, d’arrondissements, nous ne pouvions pas avoir de maires… Nous avons donc des adjoints en charge d’un secteur. C’est une organisation cohérente au vu du schéma mis en place.

« Pourquoi les résidents étrangers ne pourraient-ils pas choisir leur maire ? »

Quels sont les autres outils qui font la démocratie locale toulousaine ?

Nous avons créé des structures afin de favoriser les rencontres avec tout type d’habitants. Il s’agit de mieux maîtriser les attentes de chacun. Nous avons donc désormais un conseil des jeunes, celui de la vie étudiante, celui des séniors, celui des crèches et enfin celui des résidents étrangers.

Le maire a présenté un vœu lors du dernier conseil municipal concernant le vote des étrangers aux élections locales. Ce débat fait-il partie intégrante de la démocratie locale ?

Clairement oui, et il est surtout un prolongement de l’identité même de notre ville, qui a toujours été une terre d’accueil. On le voit d’ailleurs bien avec le conseil des résidents étrangers, ces habitants ont beaucoup de choses à dire. Ils participent largement, et pour certains d’entre eux depuis des années, à la vie de la cité. Pourquoi ne pourraient-ils pas choisir leur maire ? Par ce vœu, le maire n’a d’ailleurs fait que rappeler un engagement présidentiel. Un engagement de la gauche.

L’actualité nationale est « brûlante » pour le gouvernement Ayrault. Le contexte économique reste peu favorable. Cela vous inquiète-t-il à l’approche des élections municipales ?

Je suis en permanence sur le terrain, et je vous assure que les Toulousains ne m’abordent jamais sur l’actualité nationale, ou sur les affaires. Ils sont centrés sur les enjeux locaux, sur la vie de leurs quartiers et sur leurs problèmes quotidiens… L’élection municipale reste une échéance à part pour eux.

Donc vous êtes serein ?

Nous avions promis d’agir, nous l’avons fait. Nous avions promis de nous attaquer au sujet des transports, nous l’avons fait… Nous avons un bilan et des perspectives. Je ne suis donc pas inquiet.

Vous sentez-vous en campagne ?

Absolument pas. Je suis résolument dans l’action… Le temps de la campagne n’est pas encore venu pour moi.

Propos recueillis par Thomas Simonian



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