Jean-Marc Dumoulin, un irréductible Villemurien résiste encore et toujours…

Jean Marc Dumoulin

Indiscipliné. Conseiller général depuis 20 ans dans le canton de Villemur, Jean-Marc Dumoulin a gagné la mairie de la ville en mars dernier. Une victoire attendue depuis longtemps par ce personnage haut en couleur, qui se dit hors des appareils politiques.

 

Jean-Marc Dumoulin est un enfant du pays. Il est né à Villemur sur Tarn, a créé une entreprise dans un village voisin, s’est engagé en politique pour « sauver son territoire » du déclin. Assis derrière son bureau au premier étage de la mairie, il surplombe le Tarn et les vestiges d’une gloire ancienne du petit village haut-garonnais, « quatrième bassin industriel du département jusqu’en 1970 ! » s’exclame-t-il. « Vous voyez, là c’était l’usine de Brusson, entreprise patriarcale qui a inventé le cheveu d’ange (sorte de vermicelles), c’est elle qui a construit le barrage hydro électrique à côté. Aujourd’hui c’est la plus belle friche industrielle de France ! » montre-t-il depuis sa fenêtre. En face de son bureau, une gravure rappelle la belle époque de l’entreprise au siècle dernier. Villemur, c’est aussi le territoire de Molex. Jean-Marc Dumoulin s’est battu contre la fermeture du site en 2009, « mais on ne m’a jamais entendu dans les médias locaux qui n’interrogeaient que les socialistes », grogne-t-il. Pourtant, il avait une bonne raison pour se battre, en tant que chef d’une entreprise sous-traitante HDS (Holding Dumoulin Services), créée en 1991 à Villematier. « J’ai tout perdu dans cette affaire ! Mais j’ai tout fait pour continuer à faire vivre cette société », clame l’élu, aujourd’hui dirigeant bénévole de son entreprise. HDS n’est pas morte et compte une dizaine de salariés (contre 40 du temps de Molex). « Il a fallu diversifier nos activités, maintenant on construit des douches pour les personnes âgées principalement en habitat social », poursuit-il en adoptant d’un coup un réflexe commercial : « On est 3000€ moins cher que nos concurrents et c’est fait dans la journée ! » L’argument est lâché, on a même droit aux photos ‘‘avant / après’’ l’intervention, prises sur son téléphone portable. Bref, ce qui guide Jean-Marc Dumoulin c’est l’envie de s’en sortir, quoiqu’il arrive. « J’ai toujours l’image en tête du film Waterworld, avec Kevin Costner où la terre est envahie d’eau : il y a ceux qui coulent, ceux qui essayent de nager et ceux qui, en nageant, trouvent un bout de bois pour s’aider et trouver une île », raconte-t-il. Une philosophie qu’il applique aussi en politique : « Il y a des gens qui doivent sortir du lot puis penser au collectif, je suis un humaniste convaincu, un centriste et en plus je suis du signe Poisson ! », plaisante-t-il. Ceci explique cela. Telle une anguille, Jean-Marc Dumoulin s’est faufilé entre les mailles des partis politiques. D’abord proche de François Bayrou du temps du CDS (Centre des démocrates sociaux), puis de l’UDF (Union pour la démocratie française), il a été « quelques temps » encarté à l’UMP, mais n’est plus engagé auprès d’un parti aujourd’hui : « J’ai du mal avec les appareils politiques car je n’aime pas suivre les consignes », avoue-t-il. Cela ne l’a pas beaucoup aidé : « Je n’ai jamais été positionné pour les régionales, je n’ai jamais été ne serait-ce que suppléant aux législatives, aux dernières sénatoriales, j’étais remplaçant de remplaçant… »  Qu’à cela ne tienne. En 1994, il est élu pour la première fois au Conseil général. Il a alors 34 ans. Siège qu’il n’a pas perdu depuis. Sauf… lorsqu’il démissionne pour faire pression sur Pierre Izard « pour la construction d’un nouveau collège à Villemur, je me suis représenté avec ce seul argument de campagne et j’ai été réélu à 62% des voix ». La mairie de son village natal, il la brigue depuis 1995, date de sa première « tentative ». À peine 19 ans plus tard, il l’obtient avec une liste divers droite, sur les terres de l’ancien président du Conseil général (prédécesseur de Pierre Izard), Léon Eeckhoutte. « J’ai toujours eu contre moi des alliances socialo-RPR car ils se disaient : ‘‘Si on laisse faire Dumoulin, il va y rester pour 20 ans…’’ » La victoire est d’autant plus savoureuse pour Jean-Marc Dumoulin, qui se prépare avec une certaine confiance pour les prochaines cantonales. Et pense déjà aux législatives, comme la prochaine île à atteindre. « Dans le secteur, il n’y aura que moi ou Grégoire Carneiro… Quel âge il aura déjà ? »… Une recherche Google plus tard : « Ah oui, quasiment 70 ans en 2017 »… Le poisson va continuer à nager, avec le vent dans le dos.

 

En trois dates :

1991 : Il crée son entreprise HDS, sous-traitante de Molex

1994 : Il est élu conseiller général d’opposition

2014 : Il remporte la mairie de Villemur



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