Jean-Luc Moudenc « Il faut savoir être modeste avec la vie des gens »

L’ancien maire, actuel député et président de l’UMP 31, a répondu aux questions de Gérald Benarrous, Marc Sztulman (Radio Kol Aviv) et Thomas Simonian (Le Journal Toulousain) pour notre rendez-vous web tv « Le Grand Plateau ». L’occasion de répondre à Pierre Cohen, invité de l’émission précédente, et de clarifier ses positions vis-à-vis de Christine de Veyrac et du FN. Un entretien qui marque une entrée en campagne.

Les Transports

Pierre Cohen vous a souvent accusé d’avoir laissé une ardoise de plus d’1 milliard d’euros après votre passage à la présidence de Tisséo (le réseau de transports en commun de l’agglomération toulousaine). Que lui répondez-vous ?

Des compte-rendu officiels de Tisséo montrent que lorsque nous avons décidé de lancer la deuxième ligne de métro, il y a en effet eu un emprunt pour la financer. Mais Pierre Cohen l’oublie, ou fait semblant de l’oublier : nous avons validé cet emprunt à l’unanimité. Il n’assume pas cette décision qu’il a, à l’époque, validée et cautionnée en tant qu’élu du SICOVAL (Pierre Cohen était alors maire de Ramonville, ndlr). Cette malhonnêteté intellectuelle qui est donc la sienne sur ce dossier, je la dénonce !

Pourquoi avoir fait un métro aussi petit, digne d’une ville comme Perpignan ou de l’OrlyVal, et pas plus ambitieux ? 

Il est vrai que le métro à Toulouse a connu un succès plus fort que prévu, et nous avions d’ailleurs envisagé sous Dominique Baudis, en 1998, de doubler la ligne A… Ce sont les élus socialistes qui ont interrompu ce projet. Je l’ai ensuite relancé en 2006, mais Pierre Cohen l’a de nouveau stoppé en septembre 2008. Si les Toulousains nous font confiance en mars 2014, nous relancerons donc tous nos projets métro. Tous ceux qui ont été mis au rancart.

Quelle est votre vision en termes de transports en commun ? A-t-elle également été modifiée depuis ces cinq dernières années ?

Ma ligne directrice est de développer l’offre en matière de transports en commun. Mais les choix effectués depuis 2008, à base de bus, sont ceux de l’inefficacité… Nous allons les remettre en cause. Pour nous, favoriser les transports en commun ne veut d’ailleurs pas signifier avoir une idéologie anti-voitures systématique. Il faut savoir être modeste avec la vie des gens. Je ne me reconnais pas le droit de dire aux Toulousains que je vais faire leur bonheur selon mon idée à moi.

La Sécurité

La vidéosurveillance est-elle une vraie solution ?

Oui elle l’est. Je suis d’ailleurs catastrophé de constater que par choix idéologique de la majorité actuelle, Toulouse est la seule grande ville à avoir refusé de développer la vidéo-protection. Prenons pour exemple les villes qui nous ressemblent telles Lyon, Strasbourg ou Montpellier. C’est folie que de se priver de cet outil !

La majorité actuelle vous accuse souvent d’extrême-droitiser cette question…

A vrai dire, quand Pierre Cohen m’accuse de tenir un discours d’extrême-droite sur ces questions-là, je suis très inquiet. Tout cela explique sans doute le laxisme que nous connaissons, et le fait qu’il soit aux abonnés absents sur la sécurité. J’ai beau aller chercher mes exemples chez ses propres camarades, il continue à penser que c’est un discours d’extrême droite…

Les Municipales

Certaines plumes vous ont accusé de faire pression auprès des appareils parisiens, via certains de vos amis politiques, afin que Christine de Veyrac n’obtienne pas son investiture UDI pour les municipales. Vous confirmez ?

Vous pensez bien qu’on n’utilise pas les gens comme ça. En revanche, il se trouve que le sénateur UDI Alain Chatillon, membre du Parti Radical depuis quarante ans, s’est positionné pour l’union dès le premier tour à Toulouse. En cela, il est sur la même ligne que Jean-Jacques Bolzan et que d’un nombre croissant de décideurs des différentes tendances de l’UDI. La bonne solution pour Toulouse est d’opérer un grand rassemblement municipal de toutes les composantes de l’opposition. Mais il faudra également ouvrir très largement notre liste à des personnalités de la société civile.

Sur C. de Veyrac : « Si elle n’entend pas ce message, elle sera à côté de la plaque ! »

En maintenant sa candidature, Christine de Veyrac n’est-elle pas la meilleure alliée de Pierre Cohen ?

Christine de Veyrac sera la meilleure alliée de Pierre Cohen si elle persiste dans cette candidature qui devient de plus en plus esseulée. Il va être important de voir quelle décision elle va prendre dans les semaines à venir… Soit elle reste seule, ce qui bénéficie à Pierre Cohen, soit elle apporte sa pierre au large rassemblement dans lequel j’ai toujours dit qu’elle avait sa place. Ce que je sais, c’est que nos électeurs ne nous demandent qu’une chose : faire l’union. En est-elle capable ? On verra… Si elle n’entend pas ce message, elle sera à côté de la plaque !

Ce large rassemblement peut-il inclure le Front National ?

Absolument pas. Je suis très clair là-dessus, nous ne sommes pas dans un schéma d’alliance avec le FN. Et nous ne le serons jamais ! Nous sommes contre, et le FN également. Pour moi, la question ne se pose donc pas.

Serez-vous toujours le président départemental de l’UMP durant la campagne municipale ?

J’assumerai ce mandat jusqu’au bout, y compris s’il est prolongé jusqu’en mars 2014.

Et s’il devait y avoir une autre élection interne avant les municipales ?

Je pense que quoiqu’il arrive, il vaut mieux que j’assure les choses jusqu’en mars prochain. En revanche si je suis élu maire, je ne resterai pas président de l’UMP car je considère que c’est incompatible. Le maire doit être celui de tous les Toulousains.

 

 



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