Jean-Luc Lagleize: « Une tête de liste UMP génèrerait un affrontement gauche-droite »

Le 4 février dernier, il était aux côtés de Christine de Veyrac, lorsque cette dernière a annoncé sa candidature aux municipales. Un choix assumé malgré quelques réticences apparues au sein même de son parti. Le président départemental du MoDem de Bayrou est clairement engagé dans un combat anti-système… Celui qu’il dit avoir été mis en place par un trio bien connu, Malvy-Izard-Cohen. Jean-Luc Lagleize est donc bien en campagne, et le fait savoir.

Pourquoi le MoDem a-t-il fait le choix d’accompagner Christine de Veyrac dans l’officialisation de sa candidature aux municipales ?

Il y avait le choix d’en être ou pas. A Toulouse, l’alternative au PS ne pourra passer que par le centre, mieux par une liste centrale, qui ira des humanistes de l’UMP jusqu’aux, si possible, sociaux-démocrates du PS. Nous avions donc le choix d’attendre que les choses se décantent, en se positionnant dans la dernière ligne droite, ou de décider de construire cette alternative possible plusieurs mois avant l’échéance. Le choix que j’ai fait est donc de dire « On est là ! », dans un projet et une équipe portés par Christine de Veyrac, et qui ne seront pas exclusivement UDI.

La direction parisienne du MoDem a-t-elle été informée de cette démarche ?

Bien entendu. Le MoDem local est parfaitement en accord avec la stratégie nationale de François Bayrou. Le mot d’ordre est de favoriser les listes les plus centrales possibles. Marc Fesneau, notre secrétaire général, et Marielle de Sarnez, la vice-présidente, sont tout à fait au courant de notre démarche.

Le choix de Christine de Veyrac comme chef de file centriste est-il pour vous une évidence ?

J’aurais bien entendu préféré une tête de liste issue des rangs du MoDem, et je pense là à Jean-Luc Forget, mais ce dernier a aujourd’hui des contraintes nationales (il est le président de la conférence des Bâtonniers de France), et n’est donc pas disponible pour cette fois-ci. Petit à petit, Christine de Veyrac a démontré sa capacité à devenir une tête de liste potentielle… A force de la rencontrer et de la connaître, elle est clairement devenue la personnalité centriste capable de conduire à une victoire.

Avez-vous eu des assurances de sa part sur sa volonté d’aller au bout de cette aventure ?

C’est la première question que je lui ai posée lors de nos rencontres successives, car je ne souhaitais pas que le MoDem soit un faire-valoir pour des ambitions autres. Elle m’a assuré, après y avoir longuement réfléchi, que son objectif était clairement Toulouse. C’est ce qui m’a poussé à travailler en étroite collaboration avec elle.

Jean-Luc Moudenc est quasiment lui aussi candidat, René Bouscatel et François Chollet n’ont pas encore pris position. Comment allez-vous faire pour réunir tout le monde ? Et est-ce encore possible ?

Je pense que tout le monde peut encore, en effet, se réunir. C’est même « la » condition pour mettre fin au système Cohen, et au système globalement socialiste qui sclérose cette ville et ce département. Malvy, Izard, Cohen sont des systèmes quasi dictatoriaux. Il faut en finir ! Pour gagner, nous allons donc devoir faire de la place à tout le monde.Tout est à reconquérir, dans l’intérêt du bien collectif.

C’est donc le moment pour que tout le monde se mette autour de la table ?

Oui et dès aujourd’hui. Il y a urgence, et pas seulement pour parler de Toulouse, mais pour échanger également sur tout le département. Ne commençons pas par mettre sur la table le sujet qui divise, soyons pour le moment plus larges.

« J’ai un très mauvais souvenir de l’entre-deux tours de 2008 »

Etes-vous favorable à une ou deux listes ?

Les choses ne sont pas arrêtées sur cette question, mais personnellement je pense qu’on augmentera nos chances de victoire avec une seule liste. Il y aura une vraie dynamique, avec un seul projet qui sera porté jusqu’au bout. J’ai d’ailleurs un très mauvais souvenir de l’entre-deux tours de 2008. Il est difficile de faire une union crédible en une semaine. L’idée d’une seule liste me paraît donc plus saine.

Pourquoi pensez-vous que la tête de liste ne peut pas être UMP ?

Une tête de liste UMP va générer dans l’esprit des Toulousains un affrontement gauche-droite. Or, cela ne correspond pas à la sociologie de cette ville. A chaque fois qu’on propose un débat gauche-droite aux Toulousains, ils votent à 60% à gauche. Ne repartons donc pas dans les querelles classiques, sinon Pierre Cohen repassera.

Vous faites également un appel du pied au PRG…

Parce que ce parti est particulièrement maltraité en Haute-Garonne par le Parti Socialiste, alors qu’il est nationalement un allié naturel. Le PS a ici une attitude hégémonique vis-à-vis de tout le monde. Je pense donc qu’avec le PRG, qui est un parti humaniste, nous avons localement des ponts et des synergies à inventer.

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

 



UN COMMENTAIRE SUR Jean-Luc Lagleize: « Une tête de liste UMP génèrerait un affrontement gauche-droite »

  1. vahiné dit :

    Allez la droite : unissez-vous, ne laissez pas la possibilité au père Cohen (Cohen veut dire prêtre en hébreu) de garder la place et de “démolir” TOULOUSE 4 ans de plus.

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