Jean-Luc Lagleize « Moudenc ne gagnera pas sans le MoDem ! »

La bombe de la semaine est signée Jean-Luc Lagleize, le président départemental du MoDem. C’est mercredi dernier, sur le site web du JT, qu’il a annoncé la mise en retrait de son parti dans la campagne de Christine de Veyrac. Une décision qui aurait été prise au plus haut niveau par François Bayrou… et qui a été annoncée aux cadres il y a quelques jours en bureau départemental. Le dialogue est entamé depuis plusieurs semaines avec Jean-Luc Moudenc, et un soutien pourrait être officialisé sous peu. Un vrai tournant dans la campagne municipale.

Pourquoi se mettre en retrait de la campagne de Christine de Veyrac ?

Parce qu’elle nous pose clairement soucis. Nous avons pris la décision de reprendre notre liberté ! Historiquement le MoDem a toujours été moteur dans la vie du centre à Toulouse, notamment en participant bien avant les présidentielles à ce que l’on appelait la Maison commune du Centre… Pour les municipales, nous avions recherché une tête de liste potentielle, et le seul qui était, selon nous, capable de tirer une liste le plus haut possible, c’était Jean-Luc Forget. Or, Jean-Luc a aujourd’hui des fonctions (président de la conférence des Bâtonniers, ndlr) qui ne lui permettent pas de faire campagne. Il est astreint à ne pas prendre part au débat public jusqu’au 31 décembre… C’est à ce moment-là que Christine de Veyrac a proposé sa candidature. Nous avons alors pensé que l’idée était pertinente. Un député européen, une femme… La candidature était originale et intéressante. Mais aujourd’hui nous ne sommes plus dans la même configuration : l’UDI est en proie à des luttes intestines, une partie des centristes ne soutient pas la candidature de la députée européenne, et la démarche de Christine de Veyrac est un peu trop personnelle. Elle a notamment oublié de dialoguer avec les élus de l’opposition municipale. Une vraie maladresse !

Votre siège national soutient-il cette décision ?

Non seulement il la soutient, mais c’est lui qui a rédigé le communiqué de presse officiel.

 

Qu’avez-vous pensé lorsque Jean-Jacques Bolzan (président régional du Parti Radical,ndlr) a rallié Jean-Luc Moudenc ?

Cet épisode a été une alerte, un signal politique, mais les problèmes internes de l’UDI doivent être réglés à l’UDI… Ce ralliement était dans tous les cas la preuve que la candidature de Veyrac ne fédérait pas les centristes. Aujourd’hui on ne peut donc embarquer le MoDem dans une voie qui va devenir une impasse… Pour nous la candidature de Veyrac ne doit pas aller jusqu’au bout, puisqu’elle n’est même pas soutenue par l’intégralité des forces de son parti. Notre mouvement ne peut donc pas rester otage de cette guerre interne à l’UDI. Une chose est claire : Christine de Veyrac ne sera pas au second tour…

« La démarche de Christine de Veyrac est un peu trop personnelle »

Sur le fond, qu’est-ce qui vous oppose à Christine de Veyrac ?

Quand on veut entraîner avec soi un parti politique comme le MoDem, on prend au minimum la précaution de ne pas faire des propositions contraires aux idées que nous développons ici à Toulouse depuis de longs mois… On ne peut pas lancer une campagne municipale en faisant table rase du passé ! Il y a un existant à Toulouse. Ce n’est pas une ville à raser et à reconstruire. Christine aurait donc dû davantage écouter ses partenaires.

Avez-vous mise Christine de Veyrac au courant de votre démarche ?

Un coup de téléphone lui a été donné avant l’envoi du communiqué officiel, mais elle a eu de nombreux signaux ces dernières semaines…

Quelle est la suite pour le MoDem ?

C’est réfléchir rapidement à comment être utile aux Toulousains. Il s’agit donc de continuer à travailler sur un programme et à faire en sorte que nos idées soient portées durant la campagne municipale. Nous sommes aujourd’hui en contact avec Jean-Luc Moudenc pour mettre en avant certains sujets…

Quels sujets ?

La vidéosurveillance par exemple. Ce n’est pas le seul outil pour résoudre les problèmes de sécurité. La solution n’est pas de mettre des caméras à tous les carrefours de la ville. Il s’agit aussi de réfléchir au rôle de la Police Municipale ou de revoir l’éclairage public de nuit… Nous souhaitons également aborder la question de la deuxième rocade. Il doit pouvoir y avoir un discours plus nuancé sur la question que ce que l’on peut entendre à l’UMP, au PS et chez les Verts. Les dernières études sur le sujet datent de 2003. Nous demandons à ce qu’elles soient réactualisées, en étudiant les flux de transports autour de Toulouse.

Battre Cohen, c’est possible ?

Cela me paraît extrêmement compliqué, mais en politique tout est possible.

Pourquoi est-ce compliqué ?

Toulouse est une ville qui vote à tous les scrutins 60-65 % à gauche ! Pourquoi serait-ce différent en mars 2014 ? Ne nous trompons pas, les Toulousains avaient un temps voté pour des personnalités telles que Dominique Baudis et Philippe Douste-Blazy, mais pas pour leurs étiquettes politiques. Cela ne voulait surtout pas dire que les Toulousains votaient à droite ou au centre. L’équation est donc difficile à trouver… Une certitude : Jean-Luc Moudenc ne gagnera pas sans le MoDem !

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

 

 



6 COMMENTAIRES SUR Jean-Luc Lagleize « Moudenc ne gagnera pas sans le MoDem ! »

  1. Claude DOUSSIET dit :

    Vous comprendrez pourquoi j’ai jugé dès le mois de mars que Christine de Veyrac ne pouvait pas faire confiance à la fiabilité des responsables des partis politiques qui l’entouraient…et que j’en aie déduit que travailler à un projet qui ne serait jamais porté politiquement, serait en pure perte!

    J’avoue que le président du Modem était, à mes yeux, la caricature des soutiens sur lesquels nous ne pouvions pas compter (faut-il que l’indécision, l’opportunisme pour ne pas être plus dur, soit à ce point dans les gênes du MODEM?).

    Pendant que M. Lagleyze plaçait sa Vice-Présidente comme directrice de campagne de Christine de Veyrac (pas moins), , il avait ses petits rendez-vous réguliers avec M. Moudenc, pour évoquer sans doute leur impuissance commune à s’opposer à Pierre Cohen au Conseil Municipal (ils avaient sans doute tellement de choses à se reprocher dans leur gestion précédente ! )

    M. Lagleyze a toujours refusé de nous apporter un quelconque concours personnel dans ses soi-disant domaines de compétence. Et si les idées et propositions retoquées par Christine de Veyrac sont de celles que certains de ses adhérents nous proposaient en matière de transport et de déplacement, foi d’ancien DDE, elles étaient à mourir de rire !

    D’ailleurs pourquoi , fidèle au “100% MODEM ” que la direction parisienne de ce parti nous a assénée durant les législatives, pourquoi pas une liste “100 % MODEM” ? Que diable un peu de courage!!!

  2. L'autre son de cloche toulousain dit :

    Oh! le prétentieux! Il a pesé combien dans les dernières élections? Et combien pèse désormais le MODEM complètement déplumé? Même mouillé, rien…D’ailleurs M. Lagleyze parle au nom de qui ? Combien de divisions a-t-il encore sous ces ordres?
    De telles gesticulations ont vraiment de quoi donner des regrets à Mme de Veyrac et de quoi faire trembler M. Moudenc!

  3. Projeteur dit :

    De quels projet parle M. Doussiet, d’une ligne TGV qui depuis Saint Jory arriverait en souterrain sous Blagnac …et en repartirait sans doute en tunnel sous Toulouse pour filer vers Narbonne?
    Où bien de ce grand métro enterré qui ceinturerait Toulouse?
    Le MODEM sortirait-il d’hibernation?

  4. Sophie Dur dit :

    La traitrise en politique … suite …

  5. Oliver DEPRESLE dit :

    J’ai entendu dire, et je crois assez fiable ces informations, que la Vice Présidente du MODEM 31 dont parle Claude DOUSSIET plus haut et qui avait été “placée” comme Directrice de Campagne de Christine de VEYRAC ne faisait… strictement RIEN.
    Dès lors, à quelques mois d’une échéance capitale, serait-ce un bien pour un mal???
    Comment le MODEM va-t-il pouvoir s’entendre avec un Jean Luc MOUDENC, enfermé dans ses mensonges (il est contre le mariage pour tous alors que… enfin tout le monde le sait!), qu’il prône une politique sécuritaire des plus répressives, qu’il est allié avec des gens qui fleurtent gravement avec la droite de la droite (euh, au passage, vous avez vu le profil twitter du fils BOLZAN: “fier d’être français” il est écrit. Ca ne vous rappelle rien ce slogan??? Brrrrr, ca fait froid dans le dos). Bref, tout cela est à l’opposé des convictions du MODEM et de son Président en Haute Garonne.
    En somme, encore un parti qui, en plus d’être tombé complètement dans l’anonymat, effectue une manoeuvre purement politicienne, peut être afin de d’obtenir des “places”… mais une fois de plus au détriment de l’intérêt collectif, c’est à dire des toulousains!
    On entend de plus en plus de gens parler de LA candidate, de sa démarche originale et qui retient l’attention. Quelqu’un d’honnête à la tête d’une grande ville comme Toulouse ne ferait de mal à personne… Et tant pis pour ces “politicards” à l’ancienne, plus intéressés par leur petit pouvoir que par l’intérêt commun qu’ils sont censés représenter. Oui… “censés”…

  6. L'autre son de cloche toulousain dit :

    Brrr!!! Tout cela est bien minable.
    Qu’on n’ait pas eu la patience de travailler d’abord sur des projets qui s’enrichiront ensuite au-delà des égos pour construire de quoi battre Cohen, c’est minable!
    Qu’au lieu de travailler sur les projets qui intéressent les Toulousains on ait occupé son temps à jouer à celui qui se placerait le mieux, comme des morts de faim, c’est minable!
    Qu’à quelques mois de l’élection les habitants d’une grande agglomération ne sachent rien de sur quoi la coalition sera capable de s’entendre, pas plus sur la vision alternative qu’on leur propose pour l’avenir, que sur des projets concrets, c’est minable.
    Christine de Veyrac était en train de construire un solide projet, “avec les toulousains” et ça paraissait bien parti…mais toujours rien !
    Jean-Luc Moudenc, sur la base de ses seules certitudes en avait déjà un en tête “pour les toulousains” , construit par sa techno structure.
    Jean-Jacques Bolzan, il en aurait déjà vendu un à Moudenc, mais le problème est que les toulousains n’en connaissent rien… pas plus de ce en quoi sa contribution a enrichi le “projet Moudenc”!
    Quand à M. Lagleize, il devait s’y mettre, au travail, dès le mois de novembre (voir son communiqué dans La Dépêche du Midi)…9 mois sont passés le temps d’ accoucher de quoi?…c’est garanti d’une souris et de considérations intellectuelles seules à même de taquiner les coléoptères toulousains! En fait comme le dit Claude Doussiet c’était d’abord pour faire “chier les autres”!

    Alors, Madame, Messieurs, ensemble le moment venu vous avez de quoi faire capoter le buissonnant, foisonnant, désordonné, perso, Pierre Cohen enfermé dans les redoutables contradictions de son triste bilan (dans les faits et les actes!). Mais encore faudrait-il que vous acceptiez de vous retrouver autour de vos projets (pour ceux bien sûr qui en ont de cohérents!!!)… avant de négocier vos places!
    D’autant que JL Moudenc et Christine de Veyrac ont un atout commun, c’est d’appartenir au courant centriste qui est le seul à même de reconquérir Toulouse et ils son complémentaires. Les toulousains ont besoin de la présence humainement rassurante de Christine de Veyrac et de l’expérience et des qualités managériales de Jean-Luc Moudenc pour gouverner l’agglo!!!

    Rappelons au passage qu’en 2014 les toulousains devront voter pour deux listes
    -celle du maire et le conseil municipal (ceux qui doivent prendre soin des toulousains et les rassurer dans la tourmente!)
    -celle des délégués au Conseil de l’agglomération , c’est à dire en fait pour le Président de l’agglomération , là où en fait qu’on le veuille ou nom se joue l’avenir des toulousains.
    C’est pourtant simple… pour des candidats déterminés mais intelligents !!!!

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