Jean-Louis Chavoillon vs Cécile Ramos : débat musclé à la veille des départementales

Cécile Ramos et Jean-Louis Chavoillon @franck alix

Opposition. Le point de rendez-vous est fixé à la rédaction du JT. Lui est candidat sur le canton Toulouse 5 (en binôme avec Florie Lacroix), elle sur celui de Toulouse 10 (avec Alain Fillola.) Il est sorti des rangs de l’UMP, tandis qu’elle est vice-présidente départementale du PRG. Deux personnalités qui confrontent leur vision du département mais qui se retrouvent dans leur lutte contre le FN.

N’est-ce pas difficile d’être en campagne départementale alors que les compétences de cette institution ne seront définitivement tranchées qu’à l’issue du second tour ?

Cécile Ramos : Il est vrai qu’on part de loin. Le Conseil départemental devait disparaître, et puis finalement il ne disparaît plus … Le mode de scrutin a changé, les territoires également … Bref, il faut reconnaître que rien n’a été fait pour nous aider. En fait, il y a eu beaucoup de bruit pour rien.

Jean-Louis Chavoillon : Elle a presque tout dit (rires.) Nous sommes d’accord sur ce point au moins. Tout ça pour rien, ou pour quoi ? Le sujet principal reste celui de la clarification des compétences, et il faut bien avouer que le gouvernement a créé une véritable usine à gaz. Les gens n’y comprennent rien et sont écœurés.

La gauche veut continuer à appuyer sur la compétence sociale  du département, et la droite veut remettre de l’ordre dans la gestion de l’institution. N’y a-t-il pas là une divergence de fond ?

JLC : Les dotations de l’Etat baissent pour l’ensemble des collectivités territoriales, et le département n’a pas à ma connaissance « la planche à billets. » Au bout d’un moment il va bien falloir trouver le pognon pour faire, non ? Nous sommes donc pour une solidarité responsable, et si nous sommes élus, un audit précis de la situation budgétaire du département sera demandé.

CR : Ne faisons pas de démagogie, il n’y a pas de gabegie. Ce département est bien géré. L’équipe de Pierre Izard a même fortement investi  sur l’équilibre entre les territoires. L’argent du contribuable a été bien utilisé, et il n’y a pas eu de zone oubliée. Il y a partout des routes dignes de ce nom, des équipements de qualité et des services publics de proximité. Le bilan est bon et il faut le faire savoir.

« Le bilan est bon et il faut le faire savoir » (C. Ramos)

Faut-il faire la chasse aux fraudeurs, notamment concernant les bénéficiaires du RSA ?

JLC : Pourquoi ne le ferions-nous pas ? Dans le département des Alpes-Martimes, on a ainsi pu récupérer près de 20 millions d’euros. Si on peut rationaliser la gestion de notre département, pourquoi s’en priver ?

CR : C’est une erreur de tomber dans cette chasse aux sorcières …

JLC : Il ne s’agit pas de tomber dans une chasse aux sorcières, mais de bien gérer pour pouvoir mieux redistribuer.

CR : Attention ! il y a tout de même plus de gens qui souffrent que de gens qui fraudent. Après, je ne suis pas opposée à une gestion plus rigoureuse, ou à la mutualisation de certains moyens.

Y a-t-il un danger de métropolisation du département ?

JLC : Il faut savoir se dire la vérité sur ce sujet. L’importance prise par la métropole va de toute façon dans le sens de l’Histoire. Ce qui ne veut pas dire qu’elle va tout vampiriser, et que le rural sera oublié. Il s’agit juste de trouver de nouveaux équilibres, et de travailler en bonne intelligence entre département et la métropole. Et puis arrêtons de faire peur sur ce thème car qui a instauré le statut de métropole ? C’est plutôt la gauche, non ? On y est pour rien.

CR : Regardons ce qui se passe à Lyon avec la fusion entre métropole et département, le danger est donc d’actualité. L’équilibre entre l’urbain et le rural est très important, il est même à préserver avec force car c’est aussi dans l’isolement de certains territoires que le FN tire sa force. La France qui se fâche, c’est aussi celle qui se sent abandonnée.

« Les gens s’exaspèrent » (JL. Chavoillon)

Le PS et le PRG n’agitent-ils pas le chiffon rouge en parlant d’une mainmise du Capitole sur le département ?

CR : Mais il suffit de regarder les programmes de la droite pour en être persuadé. Jean-Luc Moudenc y apparaît en photo dans tous les cantons … Que je sache, il n’est pas candidat aux élections départementales ! Ça veut dire quoi ?

JLC : Il n’y a absolument rien de scandaleux à voir le maire et le président de la métropole soutenir les candidats de son camp. C’est même un symbole fort : nous marchons main dans la main. Jean-Luc Moudenc est désormais clairement l’homme clé du département.

Craignez-vous même  en Haute-Garonne une montée du FN ? Et quelle attitude adopter vis-à-vis de ce parti entre les deux tours ?

JLC : Le FN, ce ne sont pas mes idées ! Et je le combats. Mais il faut aussi arrêter de dire tout et son contraire sur le FN. Si on le pense dangereux, alors interdisons-le ! Concernant les consignes de vote entre les deux tours, il ne faut jamais oublier que ce ne sont pas les partis qui font les électeurs mais bien l’inverse. Quand les partis donnent des consignes de vote, les gens s’exaspèrent.

CR : Il est vrai que les électeurs font ce qu’ils veulent, mais il est tout de même important que nos partis sachent dire qu’ils feront toujours le choix du camp républicain. Le FN est un danger pour ce pays, et il n’est pas une solution. Il se passera des choses dans ce pays si ce parti continue à monter.

 

 

 

 

 

 



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