Jean-Jacques Mirassou «Sanofi n’a pas le droit de faire ça !»

Le sénateur et conseiller général PS toulousain est comme ça… Libre ! A l’image des portraits qui trônent dans son bureau (Jean Moulin, le «Che» ou Robespierre), Jean-Jacques Mirassou n’hésite pas à s’interroger sur les siens quand il aborde les questions de sécurité ou les dernières législatives, tout en soutenant farouchement l’action de François Hollande pour sortir de la crise. Le verbe haut et l’humour toujours en coin, il passe en revue avec nous l’actualité du moment.

Depuis les débuts de l’affaire Sanofi, vous êtes l’un des politiques toulousains les plus présents aux côtés des salariés. Etes-vous inquiet pour la suite des événements ?

J’ai toujours dit que ce dossier ressemblait à celui de Molex… Avec les bénéfices en plus ! Il y a beaucoup de cynisme quand le patronat dit «Nous revendiquons des bénéfices conséquents, mais nous répondons à la demande des actionnaires qui sont insatiables en faisant le sacrifice d’une partie du personnel.» Cette attitude est intolérable en temps de crise ! A la suite de l’annonce de la restructuration toulousaine, j’ai tenu à rencontrer Christian Lajoux, Président de Sanofi en France, pour lui signifier qu’au-delà d’une faute économique et sociale, Sanofi commettait aussi une faute morale. Ce discours l’a touché…

Pourquoi parlez-vous de faute morale ?

En reconnaissant la paternité de l’idée à Philippe Douste-Blazy, qui a au moins eu une bonne idée quand il a été maire, nous avons décidé là où il y a eu le drame d’AZF, sur ce site stigmatisé, de faire le pari de l’intelligence, de l’avenir et de la vie avec l’Oncopôle… Si Sanofi se retire de ce projet, cela «entachera» la démarche en cours. Ils n’ont pas le droit de faire ça !

L’été a été «chaud» dans les quartiers toulousains. Pierre Izard a demandé le classement de Toulouse en Zone de sécurité prioritaire, tandis que l’adjoint au maire Jean-Pierre Havrin explique que si nous ne le sommes pas, c’est que notre ville n’est pas dans les quinze avec le plus fort taux de délinquance. Vous êtes avec qui dans cette affaire ?

J’ai écrit à Manuel Valls dix jours avant Pierre Izard, pour attirer son attention sur le fait que Toulouse devait être une Zone de sécurité prioritaire, et en lui faisant un zoom sur les quartiers qui me sont chers : Les quartiers Est… Ceux de mon canton. Il y a des cités telles Amouroux, Soupetard ou Jolimont dans lesquelles se développent depuis six, sept ans des phénomènes inquiétants et alarmants. Mon rôle d’élu est de tout faire pour que la situation ne s’aggrave pas sur mon territoire.

 

«Moudenc, c’est Monsieur Jourdain»

Parlons politique toulousaine. Le PS a «raté» de peu le «grand chelem» lors des dernières élections législatives… En remettant «en selle» Jean-Luc Moudenc sur la troisième circonscription. Un danger pour l’avenir ?

Cette élection s’est jouée à pas grand-chose, ce qui me laisse d’ailleurs quelques regrets concernant Alain Fillola. Nous avions un accord national avec Les Verts, et il fallait bien céder une circonscription. Maintenant je ne suis pas responsable du choix de la circonscription en question. Mais je note que cette circonscription est également rurale, et j’invite les électeurs de ces secteurs à surveiller de très près les velléités capitoliennes de Jean-Luc Moudenc. Je ne suis pas certain que celui qui habite au fin fond de la circonscription ait intérêt à ce que son député se focalise sur la conquête de Toulouse. Moudenc, c’est Monsieur Jourdain. Pendant la campagne il y pensait très fort, il y pensait d’ailleurs tellement fort qu’on l’entendait, tout en disant le contraire. Maintenant élu, il le revendique ! Il vise Toulouse.

Nous sommes aux 100 premiers jours d’Hollande à l’Elysée. Toujours optimiste malgré la crise ?

Plus que jamais, sans nier les efforts que les Français auront à consentir et qui seront équitablement répartis. J’ai la conviction que la gauche ne se contentera pas de faire une démonstration sur le champ sociétal. Elle le fera également d’un point de vue économique car il y a une obligation de moyens et de résultats. Le gouvernement ne fera pas l’impasse n’en déplaise à l’opposition. De toute façon, ceux qui ont passé dix ans à soutenir le Cac 40 sont aujourd’hui disqualifiés pour expliquer ce qu’est le livret A.

Le prochain congrès du PS aura lieu à Toulouse. Vous en attendez quoi ?

J’attends que le PS y fasse une démonstration d’unité autour du Président de la république et du Premier ministre, mais une unité affectée d’un regard critique. Le PS doit, par le biais de ses militants et élus, amener sa contribution aux décisions gouvernementales. Rien ne pourra se substituer à l’expertise militante.

 

Thomas Simonian



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