Jean-Jacques Bolzan « J’appelle à ce que l’UDI retrouve de la sérénité »

Il y a un double sentiment chez Jean-Jacques Bolzan en cette veille de fêtes. Celui d’une campagne dynamique et épanouissante autour de Jean-Luc Moudenc, mais aussi celui plus empreint d’amertume quand il s’agit d’évoquer le fonctionnement local de son parti, l’UDI. Le numéro 5 de la liste Moudenc défend donc bec et ongles les projets portés par l’ancien maire, mais n’hésite plus à s’affronter avec les têtes de l’UDI 31, Jean Iglesis et Laurence Massat. Explication de texte.

 

Comment analysez-vous le début de campagne de votre équipe autour de Jean-Luc Moudenc ?

C’est avant tout une campagne de proximité et de terrain, avec notamment un porte-à-porte sectorisé qui reçoit un bon accueil de la part des Toulousains. Les principales problématiques qui remontent sont toujours celles des déplacements et de la sécurité.

Avec les propositions de seconde rocade et d’une nouvelle ligne de métro, votre tête de liste semble avoir fait des transports son cheval de bataille ?

Mais, regardez la réalité : hier les bouchons n’étaient que sur la rocade, aujourd’hui nous les subissons également intramuros, et pas uniquement aux heures de pointe. Les projets transports seront donc de fait déterminants pendant cette campagne. Métro, tramway, BHNS, bus… Nous ne serons d’ailleurs pas dogmatiques en la matière. En revanche nous souhaitons sélectionner les meilleurs moyens de transports et les tracés les plus pertinents pour notre ville. Si par exemple à Bordeaux le tramway est adapté à leurs grands boulevards, il en est tout autrement de notre ville et de ses petites rues. C’est pour cela que nous privilégions la piste métro.

Etes-vous opposé à la sortie des voitures du centre-ville ?

Complètement. Obliger les Toulousains à ne pas prendre la voiture, c’est juste les priver d’une liberté individuelle. On a tous besoin d’une voiture ! On ne peut pas se déplacer uniquement en vélo ou en transports en commun. La voiture doit donc continuer à pouvoir entrer dans la ville, d’autant qu’elle est tout de même moins polluante qu’il y a quelques années. Mais dans le même temps je reconnais qu’il est du ressort des collectivités locales de favoriser l’essor des véhicules électriques et hybrides.

La liste Moudenc a été présentée la semaine dernière : 69 noms, et seulement huit centristes (4 UDI, 4 MoDem, ndlr). Le président régional du Parti Radical que vous êtes, n’est-il pas un peu déçu de cette représentation ?

J’estime que Jean-Luc Moudenc a réalisé une bonne ouverture car certes le centre est historiquement important à Toulouse, mais les récents résultats électoraux et les derniers sondages ne plaidaient pas en notre faveur. Nous pouvons donc notamment nous réjouir d’avoir quatre centristes dans les onze premières places.

Suite à la publication de cette liste, la direction départementale de l’UDI a vivement réagi vis-à-vis des colistiers centristes de Jean-Luc Moudenc qui utilisent le sigle UDI. Ce qui est votre cas…

Jean-Luc Moudenc a réussi à faire l’union, et je ne crois pas que dans le cadre d’une campagne municipale, l’électeur soit forcément focalisé sur des questions d’étiquette politique. La direction départementale de mon parti semble plus s’intéresser à des questions de politique politicienne qu’aux vrais sujets qui touchent les Toulousains : Les transports, la sécurité, le logement, etc.

Mais êtes-vous dans l’équipe Moudenc au titre de l’UDI ou tant que simple citoyen ?

A ce jour, je suis UDI, membre fondateur de ce parti, et président régional du Parti Radical.

Pourtant la candidate investie par l’UDI reste Christine de Veyrac ?

Christine fait sa campagne, c’est son problème. Mais je constate qu’à plusieurs reprises, elle a déclaré faire sans le logo UDI. Mieux, dans un point presse, elle a même dit qu’elle le donnait « à qui le voulait »… La réalité est donc qu’elle s’en désintéresse. De mon côté, avec mes amis colistiers centristes, nous assumons pleinement être UDI ou MoDem, et d’être sur la liste de Jean-Luc Moudenc. Mais y aura-t-il vraiment une liste UDI au final ? La question est posée, non ? J’appelle à ce que l’UDI retrouve de la sérénité à Toulouse, et que tout le monde se mette derrière notre chef de file pour battre Pierre Cohen. De plus l’union ne se travaille pas que pour ces municipales, mais également pour les échéances futures… Ne condamnons pas l’avenir.

« Il faudra bien tirer les conséquences de certains comportements »

Mais alors que dites-vous à votre direction départementale ?

Il faut qu’ils stoppent cette machine infernale car la plupart des membres de l’UDI sont dans la même démarche que la mienne. La réalité est que l’UDI 31 est en très mauvais état, et qu’à la sortie de ce psychodrame des municipales, il faudra tirer toutes les leçons de cette triste séquence…

Quelles leçons ?

On en parlera le moment venu… Mais certaines attitudes sont inadmissibles.

Ce sont des menaces ?

Non je ne menace pas, mais il faudra bien tirer les conséquences de certains comportements. Il faut acter que travailler autrement est une nécessité.

 

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

 

Quand Bolzan et Lasterle écrivent à Paris…

Selon nos informations Jean-Jacques Bolzan et Philippe Lasterle (ancien candidat à la présidence départementale du parti centriste) ont envoyé un courrier au siège parisien de l’UDI. Un écrit visant à attirer l’attention des états-majors sur la situation actuelle de la fédération toulousaine. « La question de la gouvernance sera posée », selon Philippe Lasterle. Le tandem ne souhaitant pas alimenter un feu déjà brûlant durant la campagne municipale, repousserait au printemps la remise en cause de l’organisation actuelle de l’UDI 31. En décodé, Jean-Jacques Bolzan et Philippe Lasterle s’unissent pour remettre en cause la direction actuelle de l’UDI 31, Jean Iglesis et Laurence Massat Guiraud-Chaumeil en premier chef.



UN COMMENTAIRE SUR Jean-Jacques Bolzan « J’appelle à ce que l’UDI retrouve de la sérénité »

  1. Gold31 dit :

    Je voudrais dire à Jean-Jacques Bolzan, de s’entourer en attendant, de toutes les précautions nécessaires, afin que l’actuelle direction de l’UDI, la seule légitime à ce jour, ne finisse pas par officialiser ce qu’elle pourrait considérer comme étant une dissidence, et exclure celui-ci du parti.

    Si tel était le cas demain, sous quelle étiquette monsieur Bolzan figurerait-il alors sur la liste de Jean-Luc Moudenc?

    C’est un conseil que je vous donne, Jean-Jacques, en tant qu’ex militant et adhérent de L’ UMP31, qui fut exclu de l’UMP par Xavier Bertrand pour avoir émis un avis différent du sien, en son temps. (Comme quoi tout peut arriver.)

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