Jean Iglesis « Il n’est pas inenvisageable que la candidature de Veyrac décolle »

Bien que récemment élu à la présidence de l’UDI 31, l’avocat toulousain vient de vivre une période pour le moins tumultueuse à la tête de son parti. Entre « putsch » plus ou moins avorté à Alliance Centriste, une investiture attendue pour Christine de Veyrac et une guerre en coulisses pour devenir délégué départemental de la nouvelle marque centriste… Jean Iglesis tente de garder son flegme presque légendaire pour amener un peu de sérénité dans les rangs. Un entretien dont les réponses s’adressent autant aux lecteurs qu’à ses cadres. La fameuse « bouillabaisse » de l’UDI 31 a peut-être trouvé son cuisinier.

 

A côté de l’UMP, votre UDI a-t-elle toute sa place ?

Aujourd’hui dans l’esprit de l’électeur de base, l’UMP se droitise de plus en plus. C’est la tendance Copé, d’une droite nationale et très peu européenne, ayant pris une position sans équivoque sur la question du mariage pour tous, qui constitue le discours dominant de ce parti. Mais comment confronter cette vision avec celle du centre ?

Ces différences nationales entre UMP et UDI ont-elles pour autant lieu d’être à Toulouse ?

Nous sommes tout de même tous liés à des logiques de partis et qu’on le veuille ou pas, Jean-Luc Moudenc est bien le président départemental de l’UMP. Il est donc marqué par le discours national de son parti, et est identifié médiatiquement comme tel.

Allez-vous profiter des futures échéances électorales pour faire émerger de nouvelles têtes ? 

C’est à mon sens la grande richesse du centre à Toulouse. Il y a un certain nombre de talents qui sont en train d’émerger comme Chantal Gauthier, Laurence Massat, Eric Mouton, Philippe Lasterle, Hervé Bocco… C’est aussi mon rôle de les mettre en avant et de les faire identifier.

Vous venez de vivre un terrible bras de fer entre Jean-Marie Belin et Hervé Bocco pour prendre la tête d’Alliance Centriste. Ce parti est désormais sous tutelle parisienne en attendant une sortie de crise. Comment expliquer une telle situation ?

Il y a eu un certain nombre de nouvelles adhésions dans ce parti, et Hervé Bocco souhaitant acquérir une nouvelle dimension, s’est présenté à la présidence d’Alliance Centriste. Depuis il y a un couac en interne avec deux clans qui s’opposent… Mais cela reste à Alliance Centriste de régler ce litige, et je ne veux pas entrer dans le jeu consistant à savoir qui a tort et qui a raison. Je ne prendrai pas position entre Hervé Bocco et Jean-Marie Belin ; ce n’est pas mon rôle. Et ni l’un ni l’autre des deux protagonistes n’est propriétaire des voix des adhérents.

Vous venez d’être élu à la présidence de l’UDI 31 face à Philippe Lasterle, mais avec un score plus serré que prévu (54,5%, ndlr). Comment expliquer ce résultat ? Par des trahisons ?

Je pense avant tout que Philippe Lasterle a été un opposant de qualité, et que le fait qu’il y ait eu deux candidats, a poussé nos adhérents à débattre et à voter. Le seul élément qui nous a vraiment différenciés sur le fond, est l’approche que notre parti doit avoir avec l’UMP. Pour le reste, je garde l’analyse pour moi, mais il s’est fatalement passé quelque chose dans les urnes malgré les promesses de certains.

Il y a eu beaucoup de rumeurs autour de la question de l’investiture de Christine de Veyrac aux élections municipales… Comment expliquer une telle tension ?

Il faut reconnaître qu’à l’UDI, il y a eu un retard à l’allumage, mais remarquez que la liste des investitures n’est toujours pas tombée… Ce n’est donc pas, contrairement à ce que de mauvaises langues distillent, un problème propre à Christine de Veyrac. Jean-Louis Borloo a d’ailleurs depuis largement remis les points sur les i, en réaffirmant un soutien sans équivoque à la démarche de Christine. Dans toute cette affaire, il y a aussi le fait que le débat que j’ai ici en local avec Philippe Lasterle, concernant nos relations avec l’UMP, existe aussi sur le plan national. A Paris, nous avons des tenants d’une stratégie d’alliance avec l’UMP (Jean-Christophe Lagarde, Jean Arthuis, ndlr) dans un rapport pourtant déséquilibré, qui s’opposent à ceux qui prônent une forte indépendance (Rama Yade, Hervé Morin, ndlr).

Sur Moudenc : « Il est marqué par le discours national de son parti »

Irez-vous au bout de votre démarche ? Allez-vous maintenir ce désir de liste autonome aux municipales ?

Je ne sais pas de quoi l’avenir est fait… Il n’est pas inenvisageable que la candidature de Veyrac « décolle », et qu’une véritable dynamique se crée autour d’elle. L’inverse est aussi une possibilité, et nous en tirerons alors le moment venu les conséquences.

Une nouvelle guerre interne s’est faite jour au sein de votre fédération pour la désignation de votre délégué départemental. Où en est-on ?

Je tiens d’abord à préciser que cette désignation se fera à Paris, sur la base de critères objectifs. Il s’agit de trouver la meilleure personne possible pour faire le lien entre le siège et la fédération. Aujourd’hui chacun peut faire acte de candidature et plusieurs ont déjà émergé (Laurence Massat, Jean-Pierre Albouy, Philippe Lasterle, Jean-Claude Pellegrino, ndlr). Mais ne faisons pas de cette désignation un nouveau psychodrame, et ce d’autant plus qu’un délégué départemental est révocable à tout moment…

 

Thomas Simonian



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